Dans moins d’un mois, la France va disputer sa cinquième phase finale de Coupe du Monde. Si les Tricolores font partie des favorites pour cette édition, cela n’a pas toujours été le cas. Retour sur la première participation de l’Equipe de France en 2003.

Alors que la Coupe du Monde féminine est reconnue officiellement à partir de 1991, les Françaises manquent successivement les trois premières éditions, échouant lors des phases de qualification. Pour y remédier, le foot féminin français se développe grâce notamment aux infrastructures de Clairefontaine à partir de 1998. Et cela va donc se voir en 2003 avec la Coupe du Monde aux Etats-Unis.

Des phases de qualification stressantes

En 2003, les qualifications à la Coupe du Monde étaient plus dures qu’aujourd’hui. Il y avait en effet moins de places attribuées aux Européens avec seulement cinq places contre huit aujourd’hui. Pour se qualifier, les Françaises devaient alors terminer premières de leur poule ou terminer deuxièmes et gagner les barrages.

Les Tricolores se retrouvent dans une poule abordable avec la Norvège, l’Ukraine et la République Tchèque. À l’aube de la dernière journée, l’Equipe de France possède neuf points et en a deux de plus que l’Ukraine, leur dernier adversaire. Autrement dit, une défaite éliminerait l’équipe emmenée par Elisabeth Loisel pour les barrages.

Le match est compliqué et elle concède l’ouverture du score à la 51ème minute. Heureusement, les Françaises se reprennent bien et inversent la vapeur grâce à des buts de Marinette Pichon et Sandrine Soubeyrand. Victoire 2-1 et qualification pour les barrages.

Les résultats de l’Equipe de France durant les phases de qualification (crédit image : Wikipedia)

Elles doivent ensuite passer deux tours. Le premier les oppose au Danemark. Une confrontation qui s’annonce difficile puisque les Scandinaves ont atteint les demi-finales du précédent Euro. Elles s’imposent finalement 3-1 au total des deux rencontres.

En finale, ce sont les Anglaises. La France gère parfaitement les deux rendez-vous avec deux victoires 1-0, avec notamment un but de… Corinne Diacre au match retour. Le pays s’intéresse déjà au foot féminin. En effet, au match retour, 23 000 spectateurs se sont massés au Stade Geoffroy-Guichard pour regarder la rencontre.

Un Mondial avec les honneurs

Aux Etats-Unis, la France se retrouve dans une poule compliquée. En effet, elles doivent faire face à deux demi-finalistes de la dernière Coupe du Monde, le Brésil et la Norvège. Le dernier adversaire fait office de petit poucet par l’intermédiaire de la Corée du Sud.

Elisabeth Loisel (au centre) entourée de Marinette Pichon (à gauche) et Corinne Diacre (à droite) au Stade de France (crédit Photo : L’Equipe)

Lors du premier match, elles jouent face à la Norvège. Et comme durant les phases de qualification, les Scandinaves sont trop fortes et les Françaises s’inclinent 2-0. Dans la capitale américaine, elles affrontent les Sud-coréennes pour le compte de la deuxième rencontre. Le match est serré et elles parviennent à s’imposer dans les derniers instants du match. Marinette Pichon est la seule buteuse à la 84ème minute. Cette victoire symbolise le premier but de la France en Coupe du Monde.

Le dernier match de poule les oppose donc au Brésil. Une victoire serait un exploit et cela peut leur permettre d’atteindre les quarts de finale. Mais la performance n’a pas lieu et elles n’obtiennent que le match nul (1-1), ce qui en soit est un très bon résultat. Pichon est de nouveau celle qui permet aux Bleues de marquer. Au final, la France terminera troisième de son groupe avec quatre unités. C’est donc une première très encourageante et respectable.

Des joueuses emblématiques dans cette sélection

De nombreuses joueuses ont marqué cette génération et se sont inscrites dans le temps. On peut penser tout d’abord à la capitaine et défenseure centrale, Corinne Diacre. L’actuelle sélectionneur de l’Équipe de France a en effet connu 121 sélections.

La meilleure buteuse de l’histoire de l’EDF était également de la partie, à savoir Marinette Pichon. Avec 112 matchs, elle a marqué 81 fois, soit un ratio de 0.72 buts/match. Aujourd’hui consultante pour la Chaine L’Equipe et France Télévisions, elle avait été prépondérante dans ce Mondial avec deux buts marqués.

Marinette Pichon, meilleure buteuse de l’histoire (crédit Photo : Le Télégramme)

Outre la meilleure buteuse, il y avait également les deux joueuses les plus capées de l’histoire, Sandrine Soubeyrand et Laura Georges. Avec respectivement 198 et 188 sélections, les deux joueuses ont marqué l’histoire de l’Équipe de France. Ce sont en partie grâce à ces deux joueuses que le football féminin français s’est développé durant cette dernière décennie. Sonia Bompastor et Hoda Lattaf faisaient aussi partie de ce Mondial. Cette dernière peut paraître méconnue mais elle est dans le top 10 des meilleures buteuses.

Cette génération aura ainsi marqué l’histoire de l’Équipe de France. Aux filles de 2019 d’apporter le premier titre international pour que l’on se rappelle d’elles dans plusieurs décennies.