Les vacances touchent à leurs fins en Allemagne et chaque pensionnaire de Bundesliga va retrouver le chemin de la compétition. Avant le début du marathon, découvrons ou redécouvrons les équipes à suivre cette saison.

Les clubs allemands étaient les premiers à renfiler les crampons la semaine dernière. Coupe d’Allemagne oblige. Et déjà deux clubs de première division ont été éliminés lors de ce premier tour : Mayence, battu 2-0 par Kaiserslautern et le FC Augbourg défait 2-1 par le SC Verl, pensionnaire de quatrième division. Mais c’est sur la Bundesliga que tous les yeux seront rivés dès vendredi, avec la réception du Hertha Berlin dans l’antre du Bayern Munich. Si rien n’est joué, chaque entraîneur s’est déjà prononcé pour le titre de champion. Quinze des dix-huit coaches de la série ont misé sur l’indéboulonnable champion bavarois quand Marco Rose (M’Gladbach) et Peter Bosz (Bayer Leverkusen) préfèrent ne pas s’avancer. L’entraîneur du Werder Brême Florian Kohfeldt a, quant à lui, donné l’avantage à Dortmund. Et c’est maintenant à notre tour de jouer les Cassandre.

Deux têtes pour une couronne

Le Bayern Munich, septuple champion en titre, sera le premier à taper dans le Derbystar ce vendredi soir. Et la confiance habituelle des Bavarois pourrait laisser place une incertitude peu commune. Une ombre jaune et noire se rapproche du rétroviseur des Roten. À seulement deux points la saison dernière, le Borussia Dortmund est plus que jamais décidé à mettre fin à l’hégémonie munichoise. Simple inquiétude ou vrai déclin ? Le BVB a déjà corrigé son concurrent (2-0) en Supercoupe, étoffant la seconde hypothèse et semant le trouble dans l’esprit de Niko Kovać. Si la Ligue 1 a le PSG et que la Juventus règne en Serie A, la Bundesliga pourrait changer de roi cette année.

Latéraux titulaires en Équipe de France et champions du monde 2018, Benjamin Pavard et Lucas Hernandez porteront les couleurs du Bayern cette saison (Crédit photo : France Football)

La première ombre au tableau pour le Bayern Munich est bien sûr celle du mercato. Arjen Robben a pris sa retraite, James Rodriguez est retourné à Madrid et Franck Ribéry a terminé son contrat, laissant un vide immense dans le secteur offensif. Si la récente signature d’Ivan Perisić semble être de bon augure, l’arrivée de Jann-Fiete Arp interroge.

Très irrégulier à Hambourg, le jeune attaquant de 19 ans n’a pas les épaules pour concurrencer le solide Robert Lewandowski. De plus, le recrutement de Benjamin Pavard (35 millions d’euros) mais surtout celui de Lucas Hernandez (80 millions d’euros) ont mis un bon coup à l’enveloppe transfert du club. Difficile d’imaginer que la rumeur Leroy Sané puisse se concrétiser. La relation de plus en plus froide entre Karl-Heinz Rummenigge et Niko Kovać n’arrange rien. Ce Bayern semble en fin de cycle, et pourrait être déchu dès cette saison.

« Même si Sané vient, nous avons besoin d’un autre ailier, Nous avons perdu trois joueurs offensifs avec Franck Ribéry, Arjen Robben et James et nous n’avons pour l’instant pas de nouvelle recrue ! Jouer toute une saison avec treize ou quatorze professionnels expérimentés, ça va être durNous avons cinquante ou soixante matches, il ne faut pas seulement penser à la semaine prochaine mais avoir une vision sur trois, quatre, cinq ou six mois. Et pour cela nous n’avons pas assez de joueurs »

Robert Lewandowski tire la sonnette d’alarme quant au mercato de son club (Sport)

Lucien Favre toujours en poste, beaucoup de recrues et des cadres conservés. Voilà comment résumer l’été du Borussia Dortmund. Pas loin de rafler le titre la saison passée, les Marsupiaux savent qu’ils auront leurs chances lors de l’exercice à venir. Et pour se préparer au mieux, le BVB a appliqué la méthode Bayern : affaiblir ses concurrents directs pour se renforcer. Julian Brandt, Nico Schulz, Thorgan Hazard et un certain Mats Hummels viennent donner du crédit au projet du club de la Ruhr. Cerise sur le gâteau, Dortmund est parvenu à garder sa pépite Jadon Sancho. Même si rien ne sera facile, le Borussen semble le mieux armer pour reprendre le sceptre aux mains des Bavarois.

Des outsiders dans l’ombre

Derrière les deux cadors, peu de surprise. Le RB Leipzig tente de jouer les troubles fêtes depuis plusieurs saisons et l’arrivée de Julian Nagelsmann devrait confirmer cette tendance. Acteur d’un mercato calme mais maîtrisé, le club de la Saxe enregistre les arrivées de Hannes Wolf, serial buteur du RB Salzbourg, et du « titi » parisien Christopher Nkunku, pour environ 15M€. Pour le reste, Leipzig s’appuiera sur un effectif solide et stable, avec Timo Werner comme pierre angulaire. L’attaquant allemand a terminé la saison passée avec 16 buts en 30 rencontres, également bien épaulé par le Danois Yusuf Poulsen, auteur de 15 buts en 31 matches. La saison pourrait être un long fleuve tranquille pour le club lipsien, avec une troisième place à la fin.

En Bundesliga, les jeunes entraîneurs prometteurs d’aujourd’hui seront les grands tacticiens de demain. Marco Rose est l’une des principales attractions de cette nouvelle saison en Allemagne (Crédit photo : RB Live)

Continuer sur sa lancée, c’est la clé du succès. Le Borussia Mönchengladbach, fort d’une prometteuse cinquième place la saison dernière, semble l’avoir compris. Marco Rose, fraîchement arrivé du RB Salzbourg, amène dans ses valises son adjoint de toujours, René Maric. Le tandem a déjà pris ses marques en battant le SV Sandhausen en Coupe d’Allemagne (1-0). Unique buteur de la rencontre, le transfuge guingampais Marcus Thuram fait déjà des merveilles à un poste où Jean-Kévin Augustin a montré des limites l’an passé. Les Fohlens semblent aimer le made in France puisque Bensebaini arrivent aussi de Ligue 1 pour renforcer l’arrière-garde rhénane. Doté d’un effectif jeune et fourni, M’Gladbach a les moyens de performer en Bundesliga mais aussi sur la scène européenne. La dernière place qualificative pour la Ligue des Champions fait les yeux doux à Marco Rose.

Je pense que j’ai fait des erreurs à Dortmund, oui. Personne ne peut dire qu’il n’a jamais fait des erreurs. Il faut ensuite apprendre de ses erreurs. C’est ça l’expérience. J’ai pris de l’expérience et c’est ce que je peux apporter cette saison au Bayer. On ne veut pas travailler juste sur six mois, mais sur toute l’année. Tous les joueurs doivent progresser, et moi le premier.” 

Peter Bosz, coach de Leverkusen, garde la tête froide et ne s’emballe pas quant à ses chances de bien figurer cette saison (L’Équipe)

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Seules les quatre premières places garantissent un aller simple pour la Coupe aux grandes oreilles. Et si le Bayer Leverkusen semble taillé pour la lutte, il faut faire des choix. Ayant échoué au pied du podium en 2019, l’équipe dirigée par le Néerlandais Peter Bosz s’avance avec de solides arguments. Troisième meilleur buteur du championnat, Kai Havertz sera le joueur clé des Rouge et Noir. La jeune pépite du football allemand, courtisé par le Bayern Munich, a terminé la saison précédente avec 17 buts et 4 passes décisives. Le tout à 20 ans et au poste de milieu offensif. Un autre titi parisien a choisi de s’exiler en Bundesliga : Moussa Diaby débarque contre 15 millions d’euros. Deux profils à suivre cette année. Si le surnom de Neverkusen pourrait poursuivre le Bayer encore quelques saisons, la fougue du club de Westphalie donnera sûrement des maux de tête aux défenses allemandes. Show must go on !

Fin de cycle et faim de loup

Du côté de l’Eintracht Francfort, il faut se réinventer. Les départs de Luka Jović au Real et de Sébastien Haller à West Ham laissent un boulevard sur le front de l’attaque. Boulevard qui pourrait profiter à Dejan Joveljić, jeune attaquant serbe de 20 ans, recruté à l’Étoile rouge de Belgrade. Auteur de 8 buts en 17 matchs avec son club formateur, ce natif de Bijeljina est appelé à exploser en Bundesliga. Sebastian Rode, Martin Hinteregger et Kevin Trapp, tous trois prêtés l’an dernier, viennent de s’engager définitivement avec le club francfortois. La saison des Aigles dépendra aussi des résultats en C3, alors que les hommes d’Adi Hütter luttent actuellement en barrages pour jouer l’Europa League. Cette saison sera celle du renouveau et l’Eintracht doit retrouver ses marques avant de viser plus haut. Une sixième place, comme lors de l’exercice précédent, serait une bonne chose.

Robert Skov, 30 buts en 34 matchs l’an passé, est le nouveau fer de lance d’Hoffenheim (Crédit photo : FCK)

Une page se tourne également du côté d’Hoffenheim. Julian Nagelsmann a rejoint Leipzig, laissant les commandes de son ancien club à Peter Hofmann. Mais l’héritage du jeune coach de 32 ans est solide et le club de Sinsheim a les moyens d’accrocher l’Europe. Notamment avec Robert Skov, qui arrive tout droit de Copenhague. L’attaquant de 23 ans a été tout simplement monstrueux la saison passée au Danemark, étant impliqué sur 40 buts (30 réalisations, 10 passes décisives) en 34 apparitions sur les pelouses de Superligaen. Plus que Wolfsburg, les Hoffe ont une carte à jouer cette année. Car du côté du VSK, c’est le calme plat. Seul le prêt du prometteur Lukas Nmecha semble réellement peser sur l’effectif d’Oliver Glasner. L’international espoir allemand pourrait faire oublier Paul-Georges Ntep, écarté de l’équipe professionnelle. Il faudra sûrement plus d’une saison pour que le club de Saxe puisse de nouveau titiller les cadors de Bundesliga.

La bataille des petits, l’autre Bundesliga

L’Union Berlin, euphorique, après son accession en D1 allemande (Crédit photo : Bundesliga)

Promu aussi bruyant que spectaculaire, l’Union Berlin a effectué une arrivée fracassante dans l’élite allemande. Pur produit de l’ex RDA, les Eisernen ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin et joueront le maintien jusqu’au bout. Si le mercato n’a pas apporté de noms connus, Dirk Zingler ne baisse pas les bras. En véritable humaniste, il obtient le meilleur de ses joueurs à l’affect.

L’Eisern Union est une grande famille qui jouera avec le coeur, comme s’il n’avait rien à perdre. Et cela peut réellement faire la différence. Dans le même registre, le SC Paderborn a lui aussi connu une incroyable résurrection. Passant du football amateur au sommet de la Bundesliga en dix ans. Christian Strohdiek, au club depuis 2007, mettra son expérience de taulier au service de la défense. Et comme l’Union, ils joueront libérés. Prendre du plaisir, tout en restant professionnel, voire compétitif. La chance souri aux audacieux.

“Je sais que Schalke ne sera pas relégué.”

Véritable litanie du gardien des Mineurs la saison passée, le portier Alexander Nübel a finalement vu juste (Bulinews)

L’an dernier, Schalke 04 est passé de dauphin glorieux à potentiel barragiste luttant pour sa survie en play-off. Le pire a été évité et les Knappen se sont maintenus. Mais ce qui semble être un accident de parcours plus qu’une réelle déchéance aura permis d’avertir le staff : ne jamais se reposer sur ses lauriers. Breel Embolo est allé grossir les rangs de M’Gladbach, aussitôt remplacé par Benito Raman, pointe centrale du trident de Düsseldorf la saison dernière. La zone rouge ne devrait être qu’un mauvais et lointain souvenir pour les Mineurs.

La haie d’honneur de Cologne après une énième remontée en Bundesliga, la sixième en vingt ans (Crédit photo : DW)

Et s’il fallait désigner un mauvais élève en Bundesliga, le nom du FC Cologne serait en haut de la liste. Depuis une vingtaine d’années, le club oscille entre le médiocre et le très bon, entre la relégation et l’Europa League. Si la Bundesliga peut apparaître comme une évidence pour cette formation particulière, la stabilité leur échappe complètement. Anthony Modeste a accepté de revenir à Cologne l’an passé pour aider le club à se relever. À 31 ans, le Français est encore très affuté et pourrait bien réserver quelques surprises. Mais le passé du club colonais est lourd et la relégation dès cette année ne surprendrait que peu de gens. Trop bon pour la D2, pas assez pour la D1 ? L’avenir nous le dira. Les promus ont chacun une histoire particulière et personne n’a envie de les voir quitter l’élite au bout d’une petite année. Mais la première division allemande demande rigueur et constance, ce qui n’est pas le maître mot des dix-huit pensionnaires de Bundesliga. Néanmoins, bonne chance à tous !