La saison 2019/2020 de Premier League débute ce vendredi 9 août entre Liverpool et Norwich. Alors que le mercato anglais a fermé ses portes hier, nous tentons d’imaginer ce qui pourrait se passer outre-Manche cette année.

1,5 milliard d’euros. C’est la somme totale déboursée par les clubs de l’élite anglaise pour se renforcer cet été. Montant qui aurait pu être plus élevé si Chelsea n’avait pas été frappé d’une interdiction de recrutement. Quoi qu’il en soit, la saison est officiellement lancée en Premier League. Si en Ligue 1 le nom du vainqueur est évident, il existe en Angleterre une pléthore de candidats capables de soulever le trophée. Même s’il n’est pas évident de deviner le successeur de Manchester City, Weeplay va se prêter au jeu.

Un trône convoité mais bien gardé

Et nous allons commencer par le meilleur. Indéniablement, deux équipes sortent du lot cette saison encore. L’équation primordiale, si difficile à résoudre et si passionnante l’an passé : qui de Manchester City ou Liverpool sera champion d’Angleterre ? S’il ont briller en 2018-2019, l’été des Reds est à oublier. Trois défaites et un nul en quatre matchs de préparation, la MSF a beaucoup manqué. Et elle ne devra pas retrouver les terrains de suite. Si Mohamed Salah n’est pas allé au bout de la CAN, ce n’est pas le cas de Sadio Mané et Roberto Firmino, finaliste de la Coupe d’Afrique pour l’un et vainqueur de la Copa America pour l’autre. D’autant plus que Liverpool manque de profondeur devant et n’a recruté aucun offensif.

Cette année encore, la lutte pour le titre entre Liverpool et Manchester City sera rude (Crédit photo : Sport Illustrated)

Du côté de Manchester City, on ne ralentit pas. Vainqueur de leurs quatre matchs de préparation, les Skyblues ont également bien recruté. Le très prometteur Rodri arrive de Madrid pour insuffler un peu d’air frais au milieu alors que Cancelo et Angeliño pallient les départs de Danilo et Kompany. Les Blues ont de plus récemment battu les hommes de Jürgen Klopp lors du Community Shield. En somme, aucune raison apparente pour que la hiérarchie s’inverse.

“En Ligue des champions, beaucoup de choses peuvent arriver en un ou deux matches. Nous serons plus proches de nos objectifs en Europe lorsque nous aurons plus de titres en Premier League. C’est un beau processus et le bon processus à suivre pour Manchester City.”

Pep Guardiola, avouant à demi-mots sa préférence pour l’Europe (via TV5 Monde)

Et pourtant. Pourquoi le football anglais ne nous offrirait pas une autre saison de folie ? Liverpool n’a jamais gagné la Premier League dans son format moderne et Manchester rêve d’inscrire enfin son nom sur la Coupe aux grandes oreilles. Comme si l’un avait gagné la compétition de l’autre l’an dernier. Quand on sait que les équipes de Guardiola tendent à faiblir au bout de quelques années, cette hypothèse prend tout son sens. Si les Blues seront sans l’ombre d’un doute de redoutables compétiteurs cette saison, le cycle des Reds semble encore prometteur. Liverpool champion, City dauphin : pari tenu !

De Big Four à Big Six

Si Tottenham se montre habituellement sage au mercato d’été, cette année les Spurs ont recruté à la hauteur de leurs ambitions. Lo Celso et Ndombele arrivent dans la capitale londonienne pour étoffer un milieu anglais qui a parfois montré ses limites la saison passée. Néanmoins, l’équipe de Pochettino devrait surfer sur sa bonne dynamique, aidée par des jeunes du centre de formation qui montent en puissance et un Ryan Sessegnon polyvalent. Assez pour compléter le podium.

“Nous avons commencé entre le 8 et le 12 avec des groupes différents, avec peu de temps pour nous préparer et voyager. Je pense que le bilan est fantastique. La performance des jeunes joueurs a été très bonne. Je suis vraiment content.”

Mauricio Pochettino, enthousiaste à propos de la préparation des Spurs (via Top Mercato)

Dire qu’Arsenal terminera à la quatrième place peut faire sourire. Les Gunners ont en effet fini au quatrième rang à six reprises sur les douze dernières saisons. Et cette année ne devrait pas faire exception. Nicolas Pépé vient compléter un trident offensif prometteur et Ceballos, même s’il ne sera là qu’un an, apportera beaucoup au milieu. Dans le money time, Emery a même chipé David Luiz à son voisin londonien. Arsenal s’avance en Premier League serein et devrait retrouver une Ligue des Champions qui lui manque tant.

À Chelsea, Frank Lampard devra user d’imagination pour maintenir la tête des Blues hors de l’eau (Crédit photo : 90min)

Aucun doute désormais sur l’identité des deux mauvais élèves anglais. Si Chelsea a été interdit de recrutement jusqu’en juin prochain, Manchester United a, quant à lui, dilapidé 150 millions d’euros pour Harry Maguire et Aaron Wan-Bissaka. Le tout en cédant Lukaku à l’Inter sans remplaçant. Absurde, humiliant, les superlatifs ne manquent pas. Les Red Devils laissent derrière eux un chantier immense. Et pour le dernier des trois clubs de Londres aussi la saison sera longue. La défense vieillissante devra se passer de Loftus-Cheek jusqu’en janvier, victime d’une rupture du talent d’Achille. Avec le départ d’Hazard à Madrid, difficile d’imaginer l’inexpérimenté Frank Lampard mener de front une campagne européenne et terminer à une meilleure place qu’en sixième position.

Un ventre pas si mou

La concurrence derrière ce Big Six s’annonce aussi serrée que passionnante. West Ham pourrait cette saison aller titiller quelques cadors. Sebastien Haller et Pablo Fornals viennent garnir un effectif qui s’était déjà considérablement renforcé en 2018, Yarmolenko, Issa Diop et Whishere pour ne citer qu’eux. Pour les Hammers, 2019 pourrait ainsi être l’année de la maturité et de la confirmation. Encore un peu juste pour l’Europe, bien que très affutée, l’équipe de Pelligrini pourrait en surprendre plus d’un. Affaire à suivre de très près.

Le nouveau stade d’Everton, à la hauteur des ambitions du club, verra le jour en 2023 mais fait déjà rêver (Crédit photo : BFM TV)

Everton semble avoir réalisé le mercato idéal. Orphelin d’Idrissa Gueye, parti rejoindre le PSG, les Tophees n’ont pas pleuré bien longtemps. Trois pépites du nom de Kean, Iwobi et Gomes rallient Liverpool. De grands joueurs en devenir qui donc pourraient permettre aux joueurs de Marco Silva de grappiller quelques places. Everton a, de plus, présenter à la presse son projet de nouveau stade, qui sortira de terre en 2023. L’avenir se dessine doucement et semble radieux. De quoi oublier l’échec dans le dossier Zaha.

“On va regarder ce qu’on peut faire cette saison, pourquoi pas accrocher une place européenne ou gagner des titres. Je pense que l’objectif pour tout joueur qui commence un Championnat, c’est d’aller au bout, et on verra par la suite.”

Jean-Philippe Gbamin, nouvelle recrue d’Everton, ne cache pas ses ambitions (via L’Equipe)

S’il fallait désigner un troisième outsider, Leicester est en pole position. Une équipe vieillissante mais pas sur le déclin. Youri Tielemans, convaincu par le projet, est venu pour dynamiter un milieu en perte de vitesse depuis le départ de Mahrez pour Manchester. Après avoir vendu Maguire pour la bagatelle de 94 millions, les Foxes disposeront ainsi d’une belle enveloppe pour se renforcer encore cet hiver. Une bonne nouvelle quand on connaît l’intensité des matchs de Premier League.

A peine arrivé, déjà reparti ?

Toutes les belles histoires ont une fin, et certaines sont plus courtes que d’autres. Sheffield United, tout juste promu dans l’élite anglaise, ne semble pas avoir pris conscience de l’exigence de la Premier League. Aucune recrue notable, le club du Yorkshire s’est donc contenté d’aller chercher quelques bonnes affaires en Championship. Chris Wilder, l’entraîneur des Blades, a avoué qu’il ne changerait pas de stratégie et répète inlassablement “No problem !” aux inquiétudes de la presse. Difficile d’avancer que Sheffield battra le record de Derby County en 2008, avec 11 points en 38 matchs de Premier League mais la lanterne rouge semble toute trouvée cette année.

Chris Wilder, entraîneur du promu Sheffield, amuse les médias en conférence de presse avec ses réponses ubuesques (Crédit photo : Football League World)

Autres promus, Norwich et Aston Villa semblent partis pour rester en Premier League. Le premier vient d’utiliser l’argent de la promotion pour rebâtir un centre d’entraînement digne de ce nom et à réaliser quelques bons coups sur le mercato, comme l’international néerlandais Teemu Pukki. Alors que le second a reconstruit entièrement son effectif, en ne signant pas moins de quinze joueurs lors de la dernière semaine du mercato.

C’est pour Brighton et Crystal Palace que la saison sera en effet plus compliquée. Les deux clubs ont perdu les talismans de leurs équipes, bien que les Eagles aient gardé Zaha, et s’avancent avec des trous dans leur effectif. Manque de moyens, dirigeants fantasques et fins de cycle : tout semble réuni pour jouer en Championship en 2020. Néanmoins, bonne chance à tous !