Dernière des cinq grands championnats européens à débuter, la Serie A redémarre ce samedi 24 août. Alors que les tifosi enfilent leurs nouveaux maillots, découvrons quelles équipes joueront les premiers rôles cette saison.

Et de cinq ! Après la France et l’Angleterre début août, l’Espagne et l’Allemagne une semaine plus tard, le championnat italien fait aussi sa rentrée. Alors que la Juventus tentera de décrocher une neuvième scudetto de rang, ses concurrents ont donné du crédit à leurs ambitions au travers un mercato maîtrisé. De Ligt, Barella, Lukaku, Skrtel et bien d’autres : la Belle Botte a ciré ses souliers et apparaît plus séduisante que jamais. Et si le duel pour les places européennes s’annonce plus haletant que la bataille pour le titre final, le spectacle est tout de même garanti. C’est pour nous l’occasion de poser nos valises de l’autre côté des Alpes et de terminer notre tour d’Europe.

Un podium pour deux habitués et un revenant

Les joueurs de la Juventus, fêtant ici le Grand Huit, peuvent-ils à nouveau s’imposer au-delà de l’Italie cette année (Crédit photo : RFI) ?

Huit. C’est le nombre de championnats remportés par la Juventus depuis 2012. Et cette année, les turinois ne comptent pas déroger à la règle, même si la Ligue des champions représentera sûrement l’objectif premier. Si le club a gardé ses stars et son ossature majeure, la direction prise par le club ses dernières semaines intrigue. Fabio Paratici, directeur sportif des Bianconeri, a pourtant débuté son mercato de la meilleure des façons. Maurizio Sarri est signé dès la mi-juin, Buffon fait son grand retour et le club s’attache gratuitement les services de Ramsey et Rabiot. La Vieille Dame prépare l’avenir en achetant Demiral et Pellegrini et, cerise sur le gâteau, subtilise De Ligt au nez du PSG et du Barça.

J’ai toujours la force et le désir de continuer à gagner. La Juve gagnera la Ligue des champions. Je ne sais pas si cela arrivera cette année ou l’année prochaine, mais ça viendra.”

Cristiano Ronaldo, désirant plus que tout remporté une sixième Ligue des Champions, est optimiste quant à l’avenir des Bianconeri (BFM TV)

Et depuis ? Cancelo a été échangé pour Danilo, Higuain et Mandzukic attendent toujours d’être vendu et la majorité des postes est doublée voire triplée, la direction ne sachant plus quoi faire de certains joueurs. À l’heure d’annoncer la liste pour disputer la Ligue des Champions, certains seront évincés, à l’image de Blaise Matuidi ou Daniele Rugani. Cette année, qui devait être celle du sacre européen selon Ronaldo, semble être celle de la transition. Un effectif pléthorique qui pourrait être source de tension en interne et impacter non pas la défense du titre, nul doute que la Juve sera championne, mais bien la conquête européenne. Des problèmes de riches certes, mais qui restent des problèmes.

L’Inter Milan poursuit sa résurrection et s’apprête à retrouver la C1. Habitués à jouer les seconds rôles depuis quelques années, les Nerazzurri n’ont plus accroché le podium depuis 2011 et la grande époque de Materazzi, Eto’o et Vieira. Huit ans plus tard, d’autres grands noms fouleront la pelouse de San Siro. Diego Godin, Romelo Lukaku et Alexis Sánchez symbolisent le renouveau milanais. Les supporters de l’Inter compteront aussi sur Antonio Conte, successeur de Luciano Spalletti, pour contrecarrer les plans de la Juventus, lui qui connaît parfaitement le club turinois et l’environnement italien. Avec un effectif très complet, l’Inter a les moyens d’être plus qu’un simple outsider, et même d’aller loin sur la scène européenne. Amis turinois, vous voilà prévenu.

Après Manchester United, Romelu Lukaku et Alexis Sánchez se retrouveront sous le maillot des Nerazzurri cette saison (Crédit photo : Football365)

Contrairement à son voisin du nord, le Naples joue la carte de la stabilité. Systématiquement sur le podium depuis quatre saisons, les Bleus et Blancs compte bien réussir la passe de cinq. Les Napolitains, qui ont pour le moment réussi à garder la majorité de leurs joueurs, seront aussi un redoutable outsider, avec un Carlo Ancelotti voulant prouver qu’il n’a rien perdu de sa superbe. Si la régularité leur a fait défaut la saison dernière, la future charnière Manolas-Koulibaly pourrait bien résoudre ce problème récurrent. Habitués à jouer avec un calendrier européen depuis plusieurs saisons, les Azzurri apparaissent confiants avant de reprendre le chemin de la compétition. Avec un effectif qui se connaît parfaitement et un entraîneur taillé pour la Serie A, Naples espère bien pouvoir titiller la Juventus.

Pléthore de candidats pour l’Europe

“La Roma est ma maison”

Edin Džeko, annonçant son souhait de rester à la Roma (Calciomio)

Tous les chemins mènent à l’AS Roma. C’est ce que semble croire Edin Džeko. Après le départ de Kostas Manolas, son meilleur défenseur et celui de Daniele De Rossi, son légendaire milieu de terrain, les Romains devaient perdre Džeko. C’était écrit. Mais dans la soirée du 16 août, alors qu’Aduriz crucifiait le Barça à San Mamés, Rome exulte. Edin Džeko prolonge jusqu’en 2022. L’attaquant bosnien simplifie alors l’équation du mercato pour la Louve : Zaniolo et Ünder l’accompagneront en attaque alors que Veretout et Diawara viennent suppléer Cristante, Pellegrini et Pastore au milieu. Mancini et Spinazzola colmatent les brèches de la défense comme ils peuvent mais l’essentiel est là. Les Giallorossi reviennent de l’Enfer et ont une équipe, capable en plus de jouer le top 4. Paulo Fonseca peut travailler avec un groupe individuellement serein et relativement complet. Rome ne s’est pas faite en un jour, pourtant en quelques heures la fin de l’été romain s’est considérablement adouci.

Edin Džeko, la pépite romaine, a soulagé son club en prolongeant jusqu’en 2022 (Crédit photo : France Football)

Un autre club respire un peu mieux alors que la fin du mercato se profile. Comme son voisin romain, l’Atalanta est parvenu à garder (pour l’instant) ses joueurs clés. Zapata, Castagne et Iličič pour ne citer qu’eux. Luis Muriel arrive même de Séville pour prêter main-forte au club de Lombardie. Rien ne change, la Dea devrait continuer de mettre de l’intensité dans ses ballons et de faire plier les défenses italiennes. Véritable bandiera contre le football business, l’authenticité bergamasque devrait encore en impressionner plus d’un. Dans un autre registre, l’AC Milan, auteur d’un recrutement prometteur, a tout autant envie de briller. Les Rossonneri ont notamment fait signer Bennacer, meilleur joueur de la dernière CAN, et Rafael Leão, transfuge lillois et grand espoir portugais. Après Gattuso, c’est à Giampaolo de remettre sur pieds un Milan dénué d’Europe. Bien que la tâche s’annonce rude, une quatrième place n’est pas à exclure pour le club qui veut renouer avec son glorieux passé.

Quand Luis Campos m’a appelé pour me faire part de son intérêt, je n’ai vu aucune raison de refuser. Il m’a parlé du projet et présenté l’équipe qu’il était en train de monter.” 

Rafael Leão, néo-milanais, compte prendre part à la (longue) reconstruction de l’AC Milan (Top Mercato)

Dans une même ville, il y a toujours un club qui marche mieux que l’autre. City est devant United, le Barça écrase l’Espanyol, l’Inter supplante Milan et la Lazio s’incline devant la Roma. Décevants huitième l’an passé, les Biancocelesti accrochent néanmoins l’Europe grâce à leur victoire en Coupe d’Italie. Très discret pendant le mercato, le club romain s’est uniquement contenté de quelques ajustements en gardant ses cadres. La recette semble fonctionner puisque les hommes de Simone Inzaghi ont remporté tous leurs matchs de préparation. Si Immobile et Milinković-Savić gardent le même niveau qu’ils avaient en pré-saison, les oreilles de la Louve pourraient se baisser le 1er septembre prochain, date du derby romain.

De belles surprises à prévoir

Pour sa première saison à la tête du Torino, Walter Mazzarri a rempli l’objectif de se hisser parmi les sept meilleures formations de Serie A. Secret du chef : une identité de jeu concrète et basée sur une solide défense à trois, derrière un bloc de milieux compact. Suffisant pour satisfaire le président Urbano Cairo. Avec le départ de Gianluca Petrachi, la direction sportive du Torino est confiée au duo Massimo Bava – Emiliano Moretti. Les résultats semblent pour l’instant prometteurs : le centre de formation vit bien, Simone Zaza vient compléter le trio d’attaque Iago Falque et Andrea Belotti et l’équipe est parvenu à garder sa structure principale. En somme, une équipe capable de surprendre à la fois en Italie et en Europe.

Au Genoa, les vacances ont permis aux joueurs d’oublier un dernier exercice périlleux. Et la direction semble avoir retenu la leçon d’une décevante dix-septième place. Cristian Zapata quitte le Milan AC après 7 ans de bons et loyaux services. Le Colombien, qui s’engage librement, sera un atout de taille pour donner de l’équilibre à la défense de sa nouvelle équipe. Grand artisan de l’épopée de l’Ajax en C1 la saison passée, Lasse Schöne a encore, à 33 ans, de quoi étonner. Décisif à quinze reprises en 2018 (8 buts, 7 passes décisives), le Danois rejoint les Rossoblu et espère y écrire une belle histoire. L’expérience de quelques vétérans devrait soulager le club de Gênes, souvent en manque de repère la saison passée.

Franck Ribéry va, à 36 ans, découvrir la Serie A. L’une des plus belles affaires de ce mercato (Crédit photo : Les Tranferts)

Après une saison compliquée, la Fiorentina a aussi été contrainte de faire peau neuve. Atout majeur du club florentin, un immense vivier à sa disposition. Gaetano Castrovilli et Luca Ranieri ont épaté durant la pré-saison. À l’instar de Chiesa et Bernardeschi, ces deux jeunes pousses pourraient bientôt trouver leur place au sein de l’effectif. Kevin-Prince Boateng et Franck Ribéry débarquent avec des conseils avisés et un CV long comme le bras, utile pour encadrer une jeunesse qui ne demande qu’à exploser. L’alliage du nouveau et de l’ancien a souvent été le début de belles épopées. Affaire à suivre.

En bas, peu (ou pas) de suspense

La marche est souvent haute entre la deuxième et la première division, surtout en Italie. Demandez à Benevento. L’an passé, deux des trois promus étaient retourné dans l’antichambre de la Serie A, seul Parme était parvenu à se maintenir. Cette année encore, la maxime risque d’être vraie. Que ce soit Lecce, Brescia ou l’Hellas, difficile d’être très optimiste malgré quelques beaux mouvements cet été. Lecce tente par tous les moyens de recruter Choupo-Moting, Mitroglou ou Wilfried Bony. Brescia a recruté Mario Balotelli et Vérone s’est attaché les services de Darko Lazovic.

Super Mario retrouve ses terres italiennes, trois ans après les avoir quittées (Crédit photo : Eurosport)

En somme, beaucoup d’efforts. Mais les saisons sont longues de l’autre côté des Alpes. L’apprentissage sera compliqué pour ces droits nouveaux élèves. L’inspiration pourrait peut-être venir de Lombardie avec Brescia, à moins que les frasques de Super Mario ne viennent tout gâcher. Et même si les dés semblent déjà lancés, bonne chance à tous !