2019 commence par un premier grand test pour les Bleues de Corinne Diacre. Un match face aux Américaines, ce n’est jamais une promenade de santé. Même si ces Stars and Stripes là sont encore en intersaison et n’ont pas joué depuis septembre 2018. Match aux allures de bilan de santé : à six mois de la Coupe du Monde, où en sont nos Bleues ? 

Match à guichet fermé. Match amical pourtant, au stade Océane, au Havre, un samedi soir d’hiver. L’équipe de France fidélise ses supporters à six mois de la Coupe du Monde qui se jouera sur notre sol, en France, du 7 juin au 7 juillet. L’élan prend. Quelque chose monte.

C’est qu’en face, ce sont les Etats-Unis, nation historique du football féminin, première nation au classement FIFA, championnes du monde en titre. En finale du mondial 2015 au Canada face aux Japonaises, elles n’ont pas fait dans le sentiment, crucifiant à 4 reprises en 15 minutes une équipe japonaise éparpillée. Un sacre sur le score de 5-2.

France Amérique, si près si loin

Quand on pense foot féminin, on pense USA. Le championnat y est relevé, et les joueuses françaises qui ont osé s’y aventurer ont inscrit leur nom parmi les plus grands du football français. Marinette Pichon, une saison chez les Philadelphia Chargers (2002-2003) et une moitié chez les Wildcats du New Jersey (2004). Amandine Henry, aux Portland Thorns, en 2016-2017.

À leur retour, une condition athlétique plus affutée, et surtout un mental à toute épreuve. Le genre de mental qui permet d’aller arracher la victoire, renverser le cours d’un match quand rien ne va. Ce mental, c’est la capacité à dire « non ». C’est Amandine Henry, en finale de la Ligue des Championnes en mai dernier, face à Wolfsburg, s’arrachant pour planter le but de l’égalisation pour les Lyonnaises.

Quand l’OL fait taire les Louves ! (crédit vidéo :  YouTube)

Et la suite, on connaît : victoire 4-1 des protégées de Jean-Michel Aulas.

Les Américaines sont de grosses clientes. Parmi les 15 nominées pour le Ballon d’or en 2018, deux Américaines : Lindsay Horan milieue de Portland, et Megan Rapinoe, attaquante de Seattle Reign. Et les Américaines connaissent les Françaises. Plusieurs sont allées éprouver leurs crampons sur nos pelouses. À commencer par Lindsey Horan et Megan Rapinoe. La première a joué au PSG en 2012, la seconde à Lyon, en 2013-2014.

Et ce n’est pas tout. Alex Morgan et Morgan Brian à Lyon (en 2017 et 2018). Tobin Heath au PSG (2012-2013). De l’autre côté de l’Atlantique, le mercato hexagonal a déjà accueilli deux américaines. Deux défenseures : Maddie Bauer au FC Fleury 91 et Alana Cook au PSG. France Amérique. Une longue histoire que ne nous laisse pas que de bons souvenirs : 24 rencontres, 4 victoires, 3 nuls, 17 défaites. 24 buts marqués, 55 encaissés.

Un bilan pas très réjouissant… (credit Twitter : Eclairons le foot)

Un gros morceau pour commencer 2019. Mais un gros morceau en reprise. Alex Morgan et ses coéquipières sont en pleine intersaison. Elles n’ont pas joué depuis la fin de la saison américaine, le 22 septembre dernier.

Cette équipe sera encore loin de son niveau Coupe du Monde.

Des Bleues encore en construction

Pour nos Bleues, plutôt une bonne affaire. Quand on bâtit un groupe pour un mondial, il ne sert à rien de partir trop vite. Ce sont les mots de Corinne Diacre.

La sélectionneuse tricolore façonne encore son groupe, effectue des essais, sélectionne, et ne sélectionne plus. Reverra-t-on la Lilloise Ouleymata Sarr, les Floriacumoises Maéva Clemaron, Marie-Charlotte Léger, Daphnée Corboz, la Messine Marie-Laure Delie, la Guingampaise Faustine Robert ?

La dynamique est bonne. 2018 s’est terminée sur une belle victoire 3-1 face au Brésil (10 novembre 2018). C’est à Nice. Séance de rattrapage.

La France mate le Brésil (crédit vidéo : YouTube)

Au total, après une She Believes Cup en mars 2018 qui avait mal commencé mais a plutôt bien fini (3ème place), les filles de Diacre ont enchaîné les bonnes performances. En match amical, toujours. Mais contre des équipes que l’on peut globalement qualifier d’accessibles : Mexique, Nigéria, Cameroun, Australie, Canada.  

Un groupe se dessine. Certaines, sauf blessure, sont incontournables : les Lyonnaises Amandine Henry, Wendie Renard, Eugénie Le Sommer, Amel Majri, les Montpelliéraines Marion Torrent, Sakina Karchaoui, les Parisiennes Grace Geroyo, Eve Perisset,… D’autres semblent avoir conquis leur place : les Dijonnaises Elise Bussaglia, Kenza Dali, la Madrilène Aïssatou Tounkara et la Parisienne Kadidiatou Diani.

La quadrature du cercle est le rêve de tout sélectionneur. Corinne Diacre ne l’a pas encore trouvée. Sa façon de recadrer la meilleure buteuse de D1, la Parisienne Marie-Antoinette Katoto, en conférence de presse le 15 janvier dernier, montre que les performances en club ne suffisent pas. L’état d’esprit compte plus encore.

Corinne Diacre recadre son attaquante avant France/USA (crédit Twitter : Vincent Roussel)

Vers la piste aux étoiles

Sous l’ère Diacre, les Bleues ont engrangé quelques jolis succès, de la confiance. Entre les Américaines, 1ères au classement Fifa et les Françaises, 3èmes, la première différence qui saute aux yeux est celle du palmarès. Le plus beau trophée tricolore en compétition officielle est… une quatrième place à la Coupe du Monde 2011 et aux Jeux Olympiques 2012. Les Américaines sont quatre fois championnes olympiques (1996, 2004, 2008, 2012) et trois fois championnes du monde (1991, 1999, 2015). Rien que ça.

Grand test ce soir. Une défaite ou un match nul, et l’on mesurera le chemin à parcourir encore jusqu’au 7 juin. Une victoire, on commencera à se dire que l’équipe est prête. Mais qu’il faudra maintenant confirmer contre l’Allemagne le 28 février et l’Uruguay le 4 mars.