De nombreux clubs, qui ont dominé ou été un membre important de leur championnat à une époque, sont rentrés dans le rang et ont plus ou moins disparu des radars. Cet article, décliné en plusieurs épisodes, présente l’histoire des clubs européens (et mondiaux peut-être un jour) à la recherche de leur glorieux passé. 

Seuls les clubs en activité et n’évoluant pas en première division lors de la saison 2018-2019 seront pris en compte. Evidemment, cette liste n’est pas exhaustive, nous ne pourrions pas dédier un article à tous les clubs n’étant pas en première division. Notre long périple commencera en Angleterre, dans le berceau du football, plus précisément à Birmingham, dans les Midlands, où nous allons nous attarder sur l’équipe en bordeaux et bleu, les Villains d’Aston Villa.

L’un des premiers clubs anglais avec du succès 

Fondé en 1874 et membre fondateur de la Football League en 1888, Aston Villa est le club le plus titré de l’avant-première guerre mondiale avec six titres de champion (1894, 1896, 1897, 1899, 1900, 1910) et cinq Cups (1887, 1895, 1897, 1905, 1912). Les résultats déclinent après la guerre et malgré une nouvelle victoire en coupe et deux deuxième places en championnat (1931 et 1933), Aston Villa est relégué pour la première fois de son histoire en deuxième division en 1936. Le club remonte rapidement et se stabilise en milieu de tableau avant de connaître une période compliquée dans les années 60 et 70, qui verra Villa être relégué pour la première fois de son histoire en troisième division (1970).

L’équipe d’Aston Villa avec son 4e titre de champion d’Angleterre, en 1899

Un retour mémorable mais éphémère

Le club retrouve la première division lors de la saison 1975-1976 et va, dès lors, alterner entre le bon et le moins bon. Pendant la saison 1977-1978, Villa atteint les quarts de finale de la Coupe de l’UEFA où ils sont sortis 4 à 3 par le Barca. Dans la ligue Anglaise, cependant, ils ont bien lutté et Ron Saunders, entraîneur du club depuis 1974, commence une reconstruction de l’équipe durant l’été 1979, où il mettra en place plusieurs joueurs qui deviendront emblématiques au club : Allan Evans, Ken McNaught, Kenny Swain ou encore Des Bremner aux côtés de Dennis Mortimer et Gordon Cowans.

Le premier succès vient pendant la saison 1980-1981 quand Villa remporte son premier Championnat de la Ligue en 71 ans, luttant contre Liverpool et Ipswich avec seulement … 14 joueurs pendant l’ensemble de la saison ! Cette victoire est populairement connue comme le transistor championship, car les fans de Villa écoutaient la progression du match d’Ipswich sur leur transistor audio.

L’épopée européenne de 1982

La saison suivante, Villa ne démarre pas bien et est en milieu de tableau à mi-saison, bien que le club est encore en Coupe d’Europe. Durant le premier tour, Villa se défait facilement des islandais de Valur (5-0, 2-0). Dans le second tour, ils passent sur le fil contre le Dynamo Berlin grâce aux buts à l’extérieur (1-2, 1-0). En février 1982, le club essuie une terrible 19e place en première division, ce qui força Saunders a démissionner. Son assistant Tony Barton est promu à sa place. Quand Barton prit les commandes, ils réussissent à atteindre les quarts de finale de la Coupe d’Europe et battent le Dynamo Kiev (URSS) sur le match retour (0-0, 2-0), ce qui les qualifie pour les demies-finales. Ils se qualifieront ensuite pour la finale, contre les Belges d’Anderlecht sur un but de Tony Morley à l’aller (1-0, 0-0).

Le 26 mai 1982, seulement trois mois après avoir été nommé entraîneur, Barton mène Villa sur une victoire 1 à 0 contre le Bayern Munich en finale de Ligue des Champions à Rotterdam. Aston Villa devient le cinquième club anglais à remporter cette compétition (avec Chelsea, Liverpool, Manchester United et Nottingham). C’est aussi la 6e année consécutive qu’un club anglais remporte la Ligue des Champions, symbole de la domination anglaise de l’époque.

Paul Mcgrath, l’un des tauliers d’Aston Villa lors des années 1990

Les années 2000-2010 : bien loin de la gloire d’antan

Le club de Birmingham ne parviendra jamais à faire mieux, faisant ensuite le yoyo entre première et deuxième division, participant plusieurs fois en Coupe de l’UEFA par la suite, étant vainqueur d’une Coupe Intertoto en 2001. Ils passeront les années 2000 à osciller entre les 8 premières places au bas de tableau, en passant par le ventre mou.

Après plusieurs saisons à se battre pour le maintien dans les années 2010, marqué par la succession de nombreux entraîneurs tels que Paul Lambert ou encore Rémi Garde, le club est finalement encore relégué en 2016, au terme d’une saison catastrophique avec seulement 17 points en 38 matchs. Malgré l’éclaircie entrevue grâce aux bonnes prestations de joueurs intéressants comme Gabriel Agbonlahor et Ashley Young. Leur dernière saison sur 105 parmi l’élite anglaise.

Aujourd’hui à Aston Villa : du bien et du moins bien

En juin 2016, l’homme d’affaires Chinois Tony Xia rachète le club pour 76 millions de livres, puis engage Roberto Di Matteo comme nouvel entraîneur. Mais l’ancien coach de Chelsea (avec qui il a remporté la Champions League) est renvoyé au bout de 12 matchs et est remplacé par Steve Bruce, qui ne parvient pas à faire mieux qu’une treizième place. La saison 2017-2018 se passera beaucoup mieux, avec les recrutements de John Terry et d’Ahmed Elmohammady, le club se hissera à la 4e place, synonyme de play-offs dont ils atteindront la finale, perdue contre Fulham (0-1).

Aston Villa est actuellement 15ème de Championship malgré l’arrivée de noms bien connus tels que Yannick Bolasie (prêté par Everton) ou encore Anwar El Ghazi (prêté par Lille), et le maintien au club de certains cadres, tels que Birkir Bjarnarson, Jack McGinn ou encore Jack Grealish. Le club a renvoyé Steve Bruce le 3 octobre dernier, un indice montrant qu’Aston Villa ne remontera pas dans l’élite avant un certain temps.

Le match référence

Dans chaque épisode, en plus d’un résumé de l’histoire du club, nous vous conseillerons un match à regarder, étant rentré dans la mémoire des supporters. Nous allons commencer très simplement par le match qui a emmené Aston Villa aux sommets de l’Europe. Il s’agit de la finale de Ligue des Champions 1981-1982 contre le Bayern Munich d’Uli Hoeness et Karl-Heinz Rummenigge où le gardien Nigel Spink, habituellement cantonné à la réserve, remplacera Jimmy Rimmer, touché à l’épaule après seulement 9 minutes de jeu. Il réalisera sûrement la meilleure performance de sa carrière en gardant ses cages inviolées contre deux attaquants de classe mondiale. L’ailier anglais Peter Withe inscrira le but de la victoire à la 67ème minute.

(source des highlights : Classic Football TV)

Pour voir le match entier : https://footballia.net/fr/matchs-complets/bayern-munchen-aston-villa

Cowans, le joueur emblématique 

En plus d’un match emblématique, nous parlerons brièvement d’un joueur qui aura laissé une trace indélébile dans le coeur du public.

Nous commencerons cette rubrique par le milieu anglais Gordon Cowans. Arrivé au club à l’âge de 15 ans, il excelle dans les catégories de jeunes et remporte d’ailleurs la FA Youth Cup. Il fait ses débuts professionnels le 6 février 1976, en entrant en jeu contre Manchester City, à l’âge de 17 ans. Il arrivera au même moment chez les équipes de jeunes des Three Lions. Il progressera durant les années suivantes, faisant partie des joueurs intégrés par Ron Saunders, puis s’imposera durant de nombreuses années dans le milieu de Villa Park. Cowans fera bien évidemment partie de l’équipe remportant la Première Division en 1981, puis la Ligue des Champions l’année suivante, tout en étant indispensable à l’équipe. Malheureusement, il se blesse pendant l’été 1983 lors d’un amical en Espagne. Sur la touche toute la saison, il sera vendu à Bari la saison suivante pour 250.000 livres.

Après un passage de 3 ans en Serie A, l’entraîneur de l’époque Graham Taylor parviendra à le faire revenir au club pour le plus grand plaisir des supporters, et sera un grand artisan de la 2ème place glanée en championnat lors de la saison 1989-1990. Après un départ en 1991 pour Blackburn, où il leur permettra de monter en Premier League, Gordon reviendra en 93, pour une troisième et dernière fois. Sans grand succès. Avant de quitter le club. En plus d’être un des joueurs les plus iconiques dans le coeur des Villains, il le sera aussi en termes de statistiques, inscrivant 49 buts en 453 matchs pour le club, étant donc l’un des joueurs les plus capés de l’histoire du club. Une performance qu’atteindra peut-être un jour Jack Grealish.

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