Comme partout en Europe, la saison touche bientôt à sa fin en Liga NOS. Avec la promesse d’un final au couteau entre le Benfica Lisbonne et le FC Porto, et surtout, la mise en lumière de tout le talent de l’axe droit du club lisboète. Pour André Almeida et Pizzi, l’art de la passe est érigée au rang de chef d’œuvre.

C’est un fait, le Benfica Lisbonne réalise une saison hors-norme à tous les niveaux. Entre jeunes joueurs prometteurs, buts à volonté et une capacité offensive grandiose. Pourtant, à l’ombre de cette pépinière à talents, deux joueurs passent quelque peu inaperçus. André Almeida (28 ans) et Pizzi (29 ans), deux hommes pour lesquels la passe décisive est aussi belle qu’un but.

André Almeida (à gauche) souffle dans l’oreille de Pizzi : “Tu vas à droite et je te la donne à… droite” (Crédit photo : Record)

Benfica, pas que la gauche au pouvoir

Lorsque l’on se plonge dans la saison du Benfica, un fait saute aux yeux : l’extraordinaire complémentarité du flanc gauche. Entre l’Espagnol Álex Grimaldo, le talentueux et vaillant Rafa Silva ou la pépite João Félix. Trois joueurs exceptionnels, jeunes et imprévisibles avec des chiffres à faire pâlir d’envie les vieux briscards.

Pizzi en action, c’est du grand art ! (Crédit vidéo : Youtube – SportVideosMM)

De plus, à chaque poste, le club possède également des joueurs d’avenir entre le rugueux défenseur et (futur capitaine ?) Rúben Dias. Son compère de l’axe Francisco Ferro ou le tout aussi jeune milieu de terrain à tout faire Florentino Luís. Bref, un effectif sur lequel bon nombre de clubs lorgnent déjà en Europe et une fierté pour la formation lisboète.

Toutefois, dans ce lot exceptionnel à tous les niveaux, deux hommes passent injustement inaperçus. Expérimentés, joueurs de devoirs et de club mais un peu trop « âgés » pour être classés dans la première catégorie. Mais ô combien importants pour entretenir la dynamique et calmer cette jeunesse fougueuse tout en prenant part au festin offensif chaque semaine.

Almeida-Pizzi, un axe droit fort

Une saison de football est toujours source de mystère et d’incertitude pour chaque club. Ce genre de questionnement perpétuel sur la complémentarité d’un joueur par rapport à un autre est vivace. Dans cette optique, le Benfica, comme tout autre club, ne déroge pas à cette règle immuable et intemporelle.

Pourtant, à l’orée de la saison et même de 2019, qui aurait pu croire que les deux joueurs du flanc droit de l’équipe seraient aussi complémentaires. À la lumière des statistiques également puisque le tandem a délivré pas loin de 30 passes décisives. Agrémentés pour l’un de 12 buts marqués en plus, ce qui est considérable.

Almeida (toujours à gauche), le Grec Samaris au milieu et Pizzi. Même âge tous les trois et un habit du club différent pour tous (Crédit photo : Record)

Leurs noms, ils le signent à la pointe de leurs pieds au service du Benfica. André (Gomes Magalhães de) Almeida et Luís Miguel Afonso Fernandes dit Pizzi. Deux hommes sur qui on peut compter en toutes circonstances et en pleine maturité footballistique.

Deux joueurs ami-ami

Almeida et Pizzi permettent donc à leur équipe de mieux équilibrer les attaques en jouant sur leur complicité. Par ailleurs, le fait d’avoir un bon binôme sur les côtés permet au Benfica de ne pas être dépendant que d’un seul côté. Entre le duo Grimaldo-Rafa Silva à gauche et Almeida-Pizzi sur la droite, le danger peut venir de partout, tout le temps.

Almeida et Pizzi en promenade sous le soleil (Crédit photo : A Bola)

C’est finalement un juste retour des choses concernant les deux complices qui ont pris leur temps pour arriver au firmament. En effet, Almeida et Pizzi ont la même particularité d’avoir commencé leurs carrières chez les Aigles à la même époque, après être partis quelque temps se faire les armes dans d’autres clubs pour finalement revenir au bercail.

André Almeida, capitaine royal

L’appel du Benfica étant plus fort que tout, André Almeida est le parfait archétype du joueur fidèle à ses couleurs sur lequel un entraîneur peut compter et qui est polyvalent. Doté d’un pied droit fiable et redoutable, le capitaine s’épanouit cette saison. Un des joueurs les plus anciens de l’effectif, une sorte de « papa » des lignes arrières.

But d’André Almeida, sur le côté droit. Toujours. (Crédit vidéo : Youtube – Thibaut)

Le numéro 34 s’épanouit également depuis la saison dernière en tant que passeur. En effet, de 7 caviars offerts l’an passé, le natif de Lisbonne est passé à 11 cette saison en championnat. Un chiffre qui place le portugais parmi les arrières droits les plus prolifiques d’Europe.

« Je voudrais dédier cette victoire à Fernando Ferreira (entraîneur des gardiens du Benfica NDLR), qui a eu une semaine difficile car il a perdu sa mère. Le groupe s’est réuni et voulait donc lui offrir la victoire. Le discours du capitaine (André Almeida) nous a également tous émus aux larmes. C’est avec cette détermination que nous sommes entrés dans le match et l’esprit d’équipe a fait le reste »

Bruno Lage à propos du discours d’un capitaine, André Almeida (Record)

Un juste retour des choses pour un joueur de devoir et capable de penser à son équipe avant ses statistiques personnelles. Un vrai leader aussi bien sur le terrain qu’en dehors et qui mène ses jeunes coéquipiers vers le succès. Tout en étant capable de marquer lorsque le besoin s’en fait ressentir.

Pizzi, entre Espagne et Portugal

La première version de Pizzi. Espagnol celui-là, enfin Argentin aussi… (Crédit photo : Mundo Deportivo)

Les amateurs de football espagnol se souviendront certainement de ce nom comme celui de l’ancien attaquant de Tenerife, Juan Antonio Pizzi. Un argentin naturalisé espagnol à la solide carrière en tant que joueur et désormais entraîneur. Un temps qui fleurait bon les années 90 et le football à l’ancienne.

Pizzi heureux quand il marque, n’est-ce pas la caméra ? (Crédit vidéo : Youtube – VSPORTS)

Aujourd’hui, un autre Pizzi évoque davantage un autre type de renard des surfaces. Adepte, celui-là en plus d’offrandes diverses pour ses coéquipiers, 21 au total cette saison, ce qui en fait le passeur le plus prolifique d’Europe loin devant Lionel Messi himself. Une sacré performance pour ce milieu à la technique chatoyante qui semble s’épanouir sous les ordres de Bruno Lage.

« Pizzi, le milieu de terrain du Benfica est en train de surpasser ses propres records. Après deux buts et une passe décisive face à Braga (1-4), Pizzi est devenu le joueur le plus influent de la Liga NOS. Et un des meilleurs joueurs de champ des championnats en Europe »

En championnat, à ce jour, 12 buts et 18 “assists” pour Pizzi. Impressionnant. (slbenfica)

Lui aussi profitant de l’euphorie ambiante du côté du Tage et de ce football offensif sans commune mesure. À l’instar de Pizzi, le Portugais donc qui a tout du milieu moderne, capable de faire des passes certes mais aussi de marquer en attaques rapides. Pas mal pour un joueur, passé par l’Espagne notamment par le Deportivo La Corogne, et balloté de prêt en prêt au début de sa carrière. Une sacré réussite et un joueur impossible à suivre lorsqu’il se lance.

Un titre et un retour en sélection ?

Actuellement, le Benfica possède deux points d’avance sur les rivaux du FC Porto de Moussa Marega. Tout en ayant un calendrier plutôt favorable, les coéquipiers d’Haris Seferović semblent bien parti pour remporter le titre et pourrons compter sur le duo d’enfer. Pour l’un, couper les attaques et lancer le contre vers l’avant. Pour l’autre, sabre au clair et pied au plancher, aller vers le but.

Pizzi (au premier plan), Almeida (Numéro 34) et Samaras (à droite). On aurait pu écrire un article sur les trois joueurs finalement ? (Crédit photo : slbenfica)

Obtenir ce titre serait un plus certes mais pourrait également aux deux hommes de retrouver la sélection nationale. Avec un tel degré de complémentarité, nul doute que le sélectionneur portugais Fernando Santos pourrait se triturer les méninges en intégrant les numéros 34 et 21 du Benfica dans la rotation. Un juste retour (là encore) des choses pour ces derniers dont les sélections se comptent sur une poignée de main.

Avec l’âge, on se bonifie…

Dans un monde où l’égoïsme est souvent montré du doigt et dans lequel le collectif peut être galvaudé, le parcours et la performance d’Almeida et Pizzi sont remarquables. Une fierté pour tout le peuple benfiquiste qui prouve une fois de plus que l’âme et l’histoire du club sont un tout. Si la valeur n’attend pas le nombre des années, le défenseur-capitaine et le milieu à tout faire montrent la bonne voie aux plus jeunes.

Peu importe l’âge ou le palmarès, on peut toujours progresser et avancer. Le travail, la rigueur et une bonne dose de sacrifice seront toujours payants que le dilettantisme. Cela, André Almeida et Pizzi semblent l’avoir bien compris et pourront servir de modèles aux Félix, Dias, Luis et consorts. De sacrés modèles, des exemples à suivre pour chaque joueur et une bonne droite aux idées reçues.