Jeudi soir, les deux clubs de la capitale portugaise, le Benfica et le Sporting, entrent en lice lors des seizièmes de finale aller de la Ligue Europa. Les Lisboètes affronteront respectivement Galatasaray et Villarreal et seront dans une position avantageuse. Mais gare à l’excès de confiance.

Après deux jours de Ligue des Champions, place est faite à sa petite soeur, la Ligue Europa, où les deux représentants portugais essaieront d’obtenir de bons résultats face à des formations qui paraissent abordables. Si le Benfica devra subir l’ambiance infernale de Galatasaray, à Istanbul, le Sporting, quant à lui, reçoit à domicile les Espagnols de Villarreal, mal en point dans leur championnat. Focus sur ces deux rencontres et les données clés à connaître.

Les « Lions » du Bosphore en plein renouveau

Si les clubs de football, en Europe, redoutent bien un déplacement, Istanbul fait sûrement partie des têtes de listes des lieux à éviter. En effet, entre une ambiance sonore proche du plus haut taux de décibel, un public en folie et des équipes sachant manier le ballon, il est bien souvent difficile de sortir indemnes de ces bouillantes ambiances.

Galatasaray ayant la particularité d’avoir déjà rencontré une équipe portugaise, en Ligue des Champions, l’hiver dernier aura la volonté devant son public d’emballer le match et marquer son territoire dans un stade, la Türk Telekom Arena habituée aux rencontres européennes.

Mais surtout, l’effectif du club stambouliote a profondément changé depuis l’hiver dernier et sa double confrontation face au FC Porto. Exit les défenseurs Ozan Kabak, le prometteur joueur ayant été vendu aux Allemands de Stuttgart, et qui est devenu accessoirement coéquipier d’un certain Benjamin Pavard. Exit également le défenseur central Serdar Aziz, plus en odeur de sainteté après son mini-scandale « je suis blessé mais je m’affiche sur Instagram », dont le contrat a été rompu et qui s’est engagé chez le rival de Fenerbahçe. Ainsi que le milieu de terrain Garry Rodrigues et le défenseur brésilien Maicon partis en Arabie Saoudite. L’attaquant suisse Eren Derdiyok a également quitté le navire.

C’est donc une nouvelle équipe renforcée par les arrivées de l’ancien défenseur central de Galatasaray, Semih Kaya, du Congolais Christian Luyindama, du défenseur brésilien venant de la Liga Nos (Rio Ave) Marcão et de l’arrière gauche Emre Tasdemir. Mais surtout du meilleur buteur de la Süper Lig, Mbaye Diagne, acheté chez Kasimpasa qui caracole en tête du classement des meilleurs artificiers du pays avec déjà 21 buts (20 avec Kasimpasa et 1 avec Galatasaray). Un ancien de la Ligue 1 et accessoirement ancien benfiquiste aurait pu être là également mais Kostas Mitroglou n’est pas inscrit sur la liste des joueurs donnés par les Turcs à l’UEFA.

Les aigles du Benfica en pleine forme actuellement

En face, le Benfica s’avancera sur les rives du Bosphore amputés de plusieurs joueurs tels que Alex Grimaldo, Pizzi, Fejsa, Jardel et Jonas. Mais pourra compter, en revanche, sur la pleine forme de ses deux joyaux offensifs, Haris Seferovic et surtout João Félix, la nouvelle pépite du football portugais. Après le 10-0 infligé au Nacional CD en Liga Nos, dimanche dernier, c’est une équipe en pleine confiance, offensive et sûre de ses moyens qui se présentera face aux hommes de Fatih Terim.

Ayant remporté ses 6 dernières rencontres, avec 26 buts marqués, les « Encarnados » devront supporter, durant la première demi-heure, les attaques de Galatasaray et essayer de trouver la faille avec ses deux pointes dans une des affiches de la soirée.

Le Suisse Haris Seferovic sera une des pièces essentielles de Benfica face aux turcs (Crédit photo : Twitter)

Fatih Terim vs Bruno Lage : l’expérience contre la solidité

Fatih Terim est une institution en Turquie depuis maintenant bientôt 40 ans. Tour à tour joueur et capitaine de Galatasaray, sélectionneur des espoirs turcs puis de la sélection nationale emmenée à l’Euro 1996 pour la première fois de leur histoire (avec notamment une défaite 1 but à 0 face au Portugal de Luis Figo), Terim a notamment gagné une coupe de l’UEFA contre Arsenal avec le club turc en mai 2000. Bref, une légende locale qui est adepte d’un management viril et sait tirer le meilleur parti d’un groupe.

En face de lui, Bruno Lage, entraîneur de la réserve du Benfica B et qui a repris le club après le départ de Rui Vitoria début 2019. Ses résultats plaident pour lui et lui permettent d’être dans une spirale positive de victoires et de buts marqués qui forcent le respect. Revenus à un petit point seulement du FC Porto, Lage semble être l’homme qui stabilise le club des Aigles par sa maîtrise et son calme.

La rencontre risque donc d’être un match dans le match entre un entraîneur de feu et d’expérience (Terim) contre un novice pour qui ce sera sa première rencontre européenne. Dans tous les cas, à la vue des effectifs et du football offensif prôné par les deux hommes, il risque d’y avoir du spectacle et des étincelles ce soir à Istanbul.

L’entraîneur turc, Fatih Terim : une légende locale et un homme à poigne (Crédit : hürriyet.com.tr)

« A nossa pressão é sempre no que é o nosso jogo, a nossa organização e a nossa estratégia. Amanhã, o que espero é que entremos concentrados nisso » (Crédit : rr.sapo.pt)

Bruno Lage, pas impressionné par l’ambiance et qui veut appliquer ses fondements de jeu
Bruno Lage, pour une première européenne ce soir à Istanbul (Crédit : abola.pt)

Sporting Portugal vs Villareal, deux clubs en quête de confiance

Le buteur néerlandais sera un des facteurs clés du match contre Villarreal (Crédit photo : miro.medium.com)

Le Sporting reçoit ce soir, à 21 heures, au « Estádio José Alvalade » les Espagnols de Villarreal pour une confrontation, sur le papier équilibré entre deux clubs en recherche de confiance. En réalité, ces dernières semaines, les Portugais ont un peu de mal à enclencher une dynamique régulière et restent, sur les 4 derniers matchs sur deux défaites, un nul et une victoire, dimanche dernier contre Feirense, 3 buts à 1.

Toutefois, rien de comparable avec les Espagnols, 19ème du classement de la Liga, et dont la dernière victoire en championnat remonte à début décembre 2018. Le sous-marin jaune connaissant de nombreux problèmes et une inefficacité chronique. Le « sous-marin » jaune ayant rapatrié en catastrophe Javier Calleja pour essayer de redresser la situation.

Pour ce match, le Sporting de Marcel Keizer sera au complet, hormis les absences, pour blessures, de Nani et Jérémy Mathieu et pourront compter sur le géant Bas Dost pour mener l’attaque des « Leões » et le milieu de terrain portugais Bruno Fernandes. Auteurs à eux deux de 12 et 10 buts en Liga Nos et qui seront les fers de lance de l’attaque lisboète.

Villarreal, une équipe en perdition cette saison

Il y a une quinzaine d’années, Villarreal participait à une demi-finale de Ligue des Champions contre Arsenal, sans compter des demi-finales de coupe UEFA ou Ligue Europa. Depuis lors, les saisons se suivent et ne ressemblent plus puisque le club se trouve, cette saison, à la lisière de la relégation en Liga.

Si bien qu’après avoir limogé son entraîneur fin janvier 2019, Luis García Plaza, les « Jaunes » ont rappelé Javier Calleja, limogé, lui, en décembre… Ce qui n’est pas sans rappeler une certaine ressemblance avec le « vrai-faux » départ de Leo Jardim à Monaco.

Villarreal, dont le programme d’ici 10 jours sera copieux (matchs contre le Sporting, et rencontres face au F.C. Séville et l’Atletico Madrid en championnat), n’aura pas forcément en tête dans sa situation actuelle cette double confrontation au Portugal. Mais, avec un « nouvel » entraîneur, il ne faut jamais sous-estimer un club dans la difficulté et qui pourra compter sur l’ancien angevin, le Camerounais Karl Toko Ekambi pour tenter de ramener un résultat.

Karl Toko Ekambi mènera l’attaque espagnole et devra s’élever au sein de la défense du Sporting (Crédit photo :
camerounsports.info)

Si le Benfica devra résister à la furia turque face à Galatasaray, les hommes de Bruno Lage ont la possibilité de ramener quelque chose de ce déplacement turc. Le Sporting, quant à lui, devra marquer son territoire et profiter du manque de confiance de son adversaire et prendre l’avantage sur Villarreal avant le retour en Espagne, pas si facile que cela.

Cette soirée s’annonce donc passionnante à plus d’un titre et devant la qualité des joueurs sur les deux terrains, les clubs lisboètes devront être sérieux, appliqués et ne pas prendre leurs adversaires à la légère. Gageons que le Benfica et le Sporting voudront satisfaire leurs supporters en cette fête de la Saint Valentin.