Après quatre ans au meilleur niveau, le SL Benfica vit une période compliquée qui a entraîné le licenciement de Rui Vitoria, en poste depuis 2015. Quel bilan peut-on tirer du passage de l’entraîneur portugais ? Quel avenir pour les aigles ?

Après avoir remporté quatre titres de champions consécutif – record dans l’histoire du club – Benfica accumule les déceptions depuis deux saisons. Avec un effectif presque inchangé, les lisboètes ont laissé le champ libre au FC Porto de Sergio Conceição afin de conquérir le titre. De nouveau distancé cette saison, Rui Vitoria en a fait les frais et a ainsi été remercié par les dirigeants benfiquista. Ainsi, après quatre ans au club, quel bilan peut-on tirer de l’ancien entraîneur de Guimaraes ? Qui pourrait reprendre en main les lusitaniens et faire de nouveau vibrer la Luz ?

Tetracampeao

C’est lors de l’été 2015 que Rui Vitoria arrive sur le banc du SL Benfica en provenance du Vitoria Guimaraes. Les lisboètes sortent d’une nouvelle excellente saison puisque le club vient de remporter son second titre de champion consécutif. Vainqueur également de la Coupe et de la Super Coupe, Rui Vitoria se doit de faire aussi bien alors que Porto ne cesse de se renforcer.

Rui Vitoria, un nouveau pari qui va s’annoncer fructueux (crédit photo : Record)

Son premier mercato est encourageant, avec des recrues respectant la philosophie du club qui est de dénicher les futurs plus value. Ainsi, Luka Jovic, Alex Grimaldo et un certain Ederson rejoignent les rangs des lusitaniens. Dès sa première saison, l’entraîneur portugais impressionne. Quart de finaliste de la Ligue des Champions, les lisboètes remportent la Coupe du Portugal et sont champions en établissant un nouveau record de points : 88 sur 104 possibles. La saison suivante, Vitoria semble toujours à sa place sur le banc des aigles. Grâce à un nouveau mercato réussi, avec Franco Cervi, André Horta et Andrija Zivkovic. Sans oublier l’arrivée définitive de Kostas Mitroglou, qui contribuera grandement à la réussite de son équipe avec la bagatelle de 27 buts toutes compétitions confondues. Pour la troisième année consécutive, Benfica réalise le doublé Coupe Nationale/Championnat.

À l’aube de la saison 2017/2018, Benfica a l’opportunité d’égaler le record de titre de champion acquis consécutivement au Portugal. Toutefois, rien ne va se passer comme prévu et c’est une saison plus que mitigée que vont vivre les aigles

2017 : Benfica est « Tetracampeao », remportant leur quatrième titre consécutif (crédit photo : JarraHotel)

Rui Vitoria, rupture attendue

La raison pour laquelle cette saison fut d’une immense déception pour les fans lisboètes provient en grande partie du mercato. Amputée de la quasi totalité de sa défense (Julio Cesar, Ederson, Marçal, Lindelöf, Semedo), Benfica n’a pas su trouver de remplaçants d’un niveau similaire. Le club se reposa alors sur les jeunes du centre de formation tel que Ruben Dias. En plus de la défense, les lusitaniens cédèrent Kostas Mitroglou à Marseille, pour le remplacer par Haris Seferovic.

Cette saison fut celle de l’humiliation. Lors des phases de groupes de la Ligue des Champions, Benfica s’incline 5-0 à Bale, signant ainsi la plus grosse défaite européenne de son histoire et son entrée dans le cercle des clubs ayant obtenu 0 points en phase de groupe. Pire encore, les lisboètes n’auront inscrit qu’un seul but dans la compétition, lors de la journée d’ouverture face au CSKA Moscou.

La défaite 5-0 à Bâle est la plus large défaite de l’histoire du club en compétition européenne (crédit photo : scoopnest)

Si l’entraîneur portugais a remporté six titres en quatre saisons, il ne reste pas moins menacé en début de saison. Une nouvelle fois, le mercato lisboète laisse fortement à désirer. La seule recrue de renom et quelque peu expérimentée est l’ukrainien Facundo Ferreyra et l’ancien international français Sébastien Corchia, qui arrive quant à lui en prêt. Après une saison catastrophique, un gardien est également activement recherché, et c’est sur Vlachodimos, dernier rempart du Panathinaikos que ce choix s’est porté. Dans le sens inverse, peu de stars quittent le navire si ce n’est Raul Jimenez (Wolves).

Si Benfica est en demi-finale des deux Coupes nationales, ils sont une nouvelle fois éliminé de la Ligue des Champions et sont cette fois-ci reversés en Europa League. Le jeu de Rui Vitoria s’essouffle et s’appauvrit. On ressent la différence de niveau par rapport à deux ans auparavant alors que le FC Porto ne cesse de s’aguerrir et de monter en puissance. Le club enchaîne les revers (Belenenses/Moreirense) et, malgré la large victoire face à Braga (6-2), Rui Vitoria paye de son incapacité à relever le niveau de l’équipe. Il est remercié après une défaite à Portimonense (2-0) le 2 janvier dernier.

La majorité des supporters benfiquista souhaitaient un départ de Rui Vitoria (crédit twitter : @SLBenfica et @Redav_Epican)

Son passage au club est donc mitigé. Même s’il a su surfer sur l’héritage laissé par Jorge Jesus, Vitoria a tout de même dans un premier temps réalisé de bons mercato, mais celui de 2017 entraîna la chute du club suite à des départs de cadres qui ne furent jamais remplacés. Certaines incohérences persistent encore aujourd’hui sur ce poste de latéral droit. En effet, prêté cet été par Séville, Sébastien Corchia n’a disputé que deux rencontres en coupe. Prêt à jouer, l’ancien latéral lillois semble juste être indésirable. D’autant plus incompréhensible lorsque l’on observe les défaillances côté droit dans la défense lisboète.

Bruno Lage, plus qu’un intérimaire ?

Alors que des rumeurs circulaient concernant la possible venue de José Mourinho du côté des Aigles, c’est l’entraîneur de l’équipe B, Bruno Lage qui a été nommé intérimaire jusqu’en fin de saison.

« Un très bon jeu, très bon coaching, une personnalité superbe avec un entraîneur très humble qui sait parler de football. »

@SLBenficaFRA à propos de Bruno Lage, nouvel intérimaire du club.

Entraîneur de l’équipe B depuis le début de la saison, il réalisait jusqu’ici une très bonne saison avec huit victoires en treize rencontres. Les lisboètes sont classés troisièmes de deuxième division. Actuellement, l’entraîneur âgé de 42 ans a obtenu trois succès en autant de rencontres. Toutefois, les matchs révélateurs arriveront très vite puisque Benfica recevra Porto mardi à l’occasion des demi-finales de la Coupe de la Ligue. Puis, début février, les coéquipiers d’Eduardo Salvio se déplaceront à l’Estadio José Alvalade pour y affronter le Sporting (3/02) avant de les recevoir trois jours plus tard dans le cadre des demi-finales de la Coupe du Portugal. L’occasion pour Bruno Lage d’évaluer ses compétences à devenir plus qu’un intérimaire à partir de la saison prochaine.

Communiqué Officiel du SL Benfica concernant l’intérimaire de Lage (crédit twitter : @SLBenficaFRA)

Le futur des Aigles

Si les récents mercatos lisboètes sont fades, le club peut toujours se reposer sur son académie, l’une des meilleures d’Europe. En plus des déjà réputés Ruben Dias, Gedson Fernandes, Joao Félix ou encore Alfa Semedo, Benfica dispose d’une véritable usine à talent et nul doute que certain d’entre eux viendront garnir les rangs de l’équipe première d’ici peu.

Florentino Luis est l’une des pépites du centre de formation lisboètes et pourrait bien faire ses premières gammes en équipe première prochainement (crédit photo : @BenficaYouth)

« On se retrouve dans une Europa League avec une grosse quantité de très bonnes équipes. Ça peut être intéressant quand on connaît les parcours que Benfica a déjà su faire, mais pour moi la priorité reste le championnat. »

@SLBenficaFRA à propos de la priorité pour les lisboètes cette saison

Cette saison, Benfica est encore engagé sur tous les tableaux. Le championnat est encore possible à aller chercher si les lisboètes font preuve de sérieux et de régularité. En Europa League, les benfiquista espéreront que la malédiction de Béla Guttmann les épargnent, le temps d’une saison.

Merci au compte twitter français du Benfica Lisbonne pour sa disponibilité et pour son aide dans l’élaboration de cet article.