Le Canada se présente en France cet été (du 7 juin au 7 juillet) pour disputer sa septième Coupe du Monde féminine. Une chose est sûre, elles ne sont pas là pour faire de la figuration.

Les joueuses canadiennes vont traverser l’Atlantique avec la ferme intention de s’imposer comme l’une des toutes meilleures nations du football féminin. Après un mondial 2015 à domicile légèrement décevant, la sélection à la feuille d’érable veut évidemment faire bien mieux que les quarts de finale. Avec une équipe de qualité, la victoire à la Coupe du Monde 2019 apparait comme un objectif plausible.

Le groupe Canuck

Vingt-trois joueuses, vingt-trois Canadiennes unis, ensemble, vers un même objectif. C’est là la communication de la fédération. Un groupe soudé et passionné qui allie jeunesse et expérience. 18 ans séparent l’emblématique capitaine Christine Sinclair (36 ans) et la nouvelle belle promesse Jordyn Huitema, 18 ans. Elles sont cinq à avoir 20 ans ou moins et cinq également à 30 ans ou plus. L’équipe est cependant plutôt jeune avec une moyenne d’âge juste en dessous de 25 ans.

https://twitter.com/CanadaSoccerFR/status/1132284319689523200
Présentation de la sélection Canadienne pour la Coupe du Monde 2019 (Crédit Twitter : @CanadaSoccerFR)

Le sélectionneur Kenneth Heiner-Mølle s’est grandement appuyé sur le programme Excel. Ce programme est une initiative de la fédération afin de faciliter l’accès au soccer au plus grand nombre. Le but étant de pouvoir développer les structures pour les jeunes et ainsi donner une chance à chacune de réussir à accéder au plus haut niveau. Huitema et les autres jeunes du groupe ont pu pleinement bénéficier de ce programme. Elle vont donc découvrir le plus haut niveau du football armées d’une formation sérieuse et d’excellentes bases. Jordyn Huitema, nouvelle joueuse du PSG depuis le 17 mai dernier, pourrait d’ailleurs être une des belles surprises de la compétition.

Le programme EXCEL permet au Canada de s’appuyer sur une génération de jeunes femmes très talentueuses (Crédit image : Canada Soccer)

Deux stars pour briller

Elles seront quatorze à découvrir une Coupe du Monde alors que neuf étaient déjà présentes lors de la campagne de 2015 à domicile. Parmi les vedettes de retour, on peut citer l’inévitable Christine Sinclair et la défenseure lyonnaise Kadeisha Buchanan.

Sinclair va participer à sa cinquième Coupe du Monde et ainsi égaler le record national détenu par Karina LeBlanc. La meilleure buteuse de l’histoire de la sélection canadienne a marqué quatre fois sur les huit derniers matchs, ce qui la place à seulement quatre buts du record international de tous les temps. La légende de la capitaine Canuck continue de s’écrire.

Christine Sinclair, une légende du football féminin qui vise le sacre en juillet
(Crédit photo : Maclean’s)

Buchanan, elle, sort d’une saison compliquée avec l’Olympique Lyonnais, ne jouant que deux matchs en 2018/2019. En trois ans, elle aura tout de même remporté huit trophées avec le club français et est devenue en 2017 la première Canadienne à remporter la Ligue des Champions. À noter qu’à la dernière Coupe du Monde, la défenseure a été élue meilleure jeune de la compétition et placée dans le onze type du tournoi. On suivra donc avec grande attention les performances estivales de Buchanan qui rêve de remporter la Coupe du Monde dans « son » Groupama Stadium de Lyon.

Kadeisha Buchanan a rejoint l’OL en 2016 pour franchir un cap (Crédit photo : Olympique Lyonnais)

Vers un huitième de finale compliqué

Les Canucks, dans le groupe E, commenceront leur compétition le 10 juin contre le Cameroun à Montpellier au stade de la Mosson. Ensuite, le 15 juin, elles affronteront au stade des Alpes de Grenoble l’équipe de la Nouvelle-Zélande. Les Canadiennes finiront leur phase de groupe au stade Auguste Delaune de Reims contre les Pays-Bas le 20 juin. Trois matchs en dix jours pour atteindre la phase à élimination directe.

Le Canada sortira-il en tête de son groupe ?
(Crédit image : FIFA)

Dans un groupe abordable ou seuls les Pays-Bas semblent en mesure de les inquiéter, nous pouvons aisément les imaginer terminer à une des deux premières places du groupe. Les huitièmes de finale ne seront en revanche pas simple pour le Canada. Malgré l’assurance de jouer un deuxième de groupe, les partenaires de Christine Sinclair pourraient rencontrer l’Angleterre, le Japon, la Suède ou les États-Unis. Que des poids lourds du football féminin.

Ce huitième de finale serait un vrai test et pourrait catalyser une belle épopée. Dernière remarque, le chemin de la sélection canadienne ne croiserait à priori celui de la France qu’en finale. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Pronostique : une tendance positive

L’équipe à la feuille d’érable est toujours invaincue en huit matchs en 2019 avec cinq victoires et trois nuls. Sept buts marqués et un seul encaissé, les Canadiennes arrivent en France avec un jeu en place et une motivation au top. Elles viennent de terminer troisième de l’Algarve Cup, un tournoi international joué au Portugal et avaient avant cela atteint la finale de la Gold Cup 2018 (perdue face aux USA).

« Nous allons à la compétition pour la remporter, mais nous avons été bons à y aller une étape à la fois. Nous n’avons pas regardé au-delà de la Coupe d’Algarve, et nous n’avons pas regardé au-delà de nos matchs contre l’Angleterre et l’Espagne. Nous nous sommes seulement concentrés sur ce qu’il y avait devant nous. En ce moment, il y a trois matchs de groupe devant nous et nous nous concentrons très clairement sur le Cameroun, la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas. »

Kenneth Heiner-Møller, sélectionneur national et directeur du programme féminin EXCEL, le 25 mai 2019 lors de l’annonce de la sélection canadienne

Le Canada, actuellement cinquième au classement FIFA, ne fait pas figure de grand favori mais pourrait être un sérieux outsider. Le huitième de finale corsé qui leur est promis sera décisif dans la conquête du titre mondial. Pour ce qui sera certainement la dernière Coupe du Monde de la légendaire capitaine, les Canadiennes devront avoir un esprit de guerrières pour détrôner leurs voisines Américaines. Et Christine Sinclair ne serait certainement pas contre partir sur une note dorée.

La sélection Canadienne

1- GK- Stephanie Labbé | USA / NC Courage

2- FB- Allysha Chapman | USA / Houston Dash

3- CB- Kadeisha Buchanan | FRA / FCF Olympique Lyonnais

4- CB- Shelina Zadorsky | USA / Orlando Pride

5- CB- Rebecca Quinn | FRA / Paris FC

6- W- Deanne Rose | USA / University of Florida

7- M- Julia Grosso | CAN / University of Texas at Austin

8- FB- Jayde Riviere | CAN / Markham SC

9- F- Jordyn Huitema | FRA / Paris Saint-Germain

10- FB- Ashley Lawrence | FRA / Paris Saint-Germain

11- M- Desiree Scott | USA / Utah Royals FC

12- F- Christine Sinclair | USA / Portland Thorns FC

13- M- Sophie Schmidt | USA / Houston Dash

14- M- Gabrielle Carle | USA / Florida State University

15- W- Nichelle Prince | USA / Houston Dash

16- F- Janine Beckie | ENG / Manchester City FC

17- M- Jessie Fleming | USA / UCLA

18- GK- Kailen Sheridan | USA / Sky Blue FC

19- F- Adriana Leon | ENG / West Ham United FC

20- CB- Shannon Woeller | SWE / Eskilstuna United

21- GK- Sabrina D’Angelo | SWE / Vittsjö GIK

22- FB- Lindsay Agnew | USA / Houston Dash

23- F/FB- Jenna Hellstrom | SWE / KIF Örebro