Une année de Coupe du Monde ne donne jamais lieu à une saison comme les autres. Les joueurs ibériques se donnent à fond pour y participer et veulent briller avec leur club pour démarrer la compétition en pleine confiance.

La clôture du championnat le 5 mai dernier a sonné la fin de la saison du football féminin en Espagne. Un arrêt qui sera de courte durée, étant donné que la Roja participera à la Coupe du Monde en France en juin prochain. Alors quel est le bilan de cette saison pré-Mondial en Espagne ?

L’Atlético sur le toit de l’Espagne

C’était acté depuis le 27 avril dernier, c’est désormais officiel avec la clôture du championnat : l’Atlético Madrid remporte son troisième titre consécutif de Liga Iberdrola. Le quatrième de son histoire avec celui de 1990. Avec six points d’avance sur le Barça, les Colchoneras continuent d’imposer leur domination sur le football féminin espagnol. Une hégémonie impressionnante, qui a d’ailleurs été largement célébré avec tout le peuple rojiblanco dimanche dernier, sur la pelouse du Wanda Metropolitano en marge de la rencontre masculine entre l’Atlético et le FC Séville. 

C’est toute la afición colchonera qui a célébré ses championnes dans un Wanda Metropolitano presque plein (crédit photo : Twitter @AtletiFemenino)

Et ce n’est pas la première fois que les joueuses du club madrilène pénètrent dans l’antre du Wanda acclamées par une foule en délire. En effet, elles ont rencontré le 17 mars dernier les féminines du FC Barcelone sur cette même pelouse, devant près de 61.000 spectateurs ! Une affluence record pour du foot féminin et une « ambientazo » comme disent les Espagnols. 

Ce match était véritablement LE choc de la saison en Liga Iberdrola, étant donné la supériorité de ces deux formations sur le classement. Effectivement, pas moins de 21 points séparent le FC Barcelone, dauphin de l’Atlético, du troisième Levante. Un championnat donc très hétérogène avec deux cadors qui marchent sur le championnat. Comme prévu, ces derniers sont les qualifiés pour la Ligue des Champions la saison prochaine. 

Dans la partie inférieure du classement, Málaga et Albacete sont relégués en division inférieure, tandis que des play-offs se jouent actuellement entre huit équipes de deuxième division pour savoir quelles seront les deux qui accèderont à l’élite la saison prochaine. 

Le tableau des demi-finales pour la montée en Liga Iberdrola… Selon vous, quelles seront les deux équipes à se qualifier ? (crédit image : laliga.es)

Mais n’oublions pas la coupe !

Mais comme chez les hommes, la Liga n’est pas le seul trophée à conquérir pour briller en Espagne. En effet, la Coupe de la Reine est, à l’image de la Coupe du Roi chez les homologues masculins, un trophée très disputé chaque année. Alors que les joueuses colchoneras étaient pourtant bien parties pour réaliser le doublé coupe-championnat, ces dernières ont chuté en finale face à la Real Sociedad (2-1), septième au classement en Liga.

L’Atlético semble maudit dans cette compétition, étant donné qu’il s’agit de leur troisième défaite consécutive en finale. Trois titres de Liga en trois ans mais également autant de défaites en finale de coupe. Des échecs qui sonnent comme de gros points noirs chaque saison, à l’image des désillusions en Ligue des Champions. 

Toutefois, les Rojiblancas sont tombées face à une courageuse et joueuse équipe de la Real Sociedad, qui a réalisé de belles performances cette saison. Effectivement, les Basques ont terminé à la septième place au classement de Liga Iberdola et ont, à l’instar des femmes de l’Atlético, déjà disputé un match dans le stade de l’équipe masculine. C’est le 13 mai 2018 qu’Anoeta a ouvert ses portes à sa section féminine en marge du derby basque face à l’Athletic Club de Bilbao. Une défaite (1-4) qui qualifiera tout de même la Real pour la Coupe de la Reine la saison prochaine, et surtout un grand jour pour le football féminin espagnol. 

Plus de 21.000 personnes été présentes dans les travées de l’Anoeta pour suivre cette rencontre de foot féminin (crédit photo : Real Sociedad)

La section féminine de la Real Sociedad est donc une des équipes majeures du FutFem, et est entrainée par un nom familier du football mondial. 

Avant d’être à la tête de la Real Sociedad féminine, Gonzalo Arconada a également été l’entraîneur de l’équipe masculine en 2006 (crédit photo : Jose Ignacio Unanue)

Gonzalo, frère de Luis et fervent défenseur du FutFem

Luis Arconada Etxarri. Il est fort probable que ce nom vous dise quelque chose. Quelque chose de beau même, enfin… si vous êtes Français. Car pour un Espagnol, ce nom va raisonner davantage comme le lointain souvenir d’un cauchemar. Explications. 

En finale de l’Euro 1984, la France de Michel Hidalgo affronte l’Espagne au Parc des Princes. À la mi-temps, le score est toujours vierge et les deux formations sont au coude-à-coude. Dix minutes après le retour des vestiaires, les Français obtiennent un coup franc intéressant, que Michel Platini s’apprête à botter. La frappe du triple Ballon d’or contourne le mur mais le gardien ibérique, Luis Arconada, semble largement sur sa trajectoire. Toutefois, ce dernier laisse maladroitement filer le ballon sous son corps. 1 à 0 pour les Bleus. Un but que les coéquipiers d’Arconada ne parviendront pas à remonter (score final 2-0). Les Espagnols passent à côté du deuxième titre de champion d’Europe de leur histoire, après celui remporté vingt ans plus tôt sur leurs terres. 

Une boulette mémorable qui restera dans les annales du football mondial et qui, encore aujourd’hui, est moquée. « Faire une arconada », il y a fort à parier que vous avez déjà entendu un commentateur utiliser cette expression pour décrire la gaffe d’un gardien de but. Une bévue qui doit encore hanter le portier basque. 

Luis Arconada a fait toute sa carrière de joueur à la Real Sociedad (1972-1989) et est une véritable légende du club basque (crédit photo : elsitiodemiscromos.com)

Cependant, ce fameux Luis Arconada est également le frère de Gonzalo Arconada, l’actuel entraîneur des féminines de la Real Sociedad. Gonzalo est l’entraîneur de la section féminine de la Real Sociedad depuis novembre 2017 et a pour ambition, en plus d’amener son équipe le plus haut possible en Liga, de promouvoir le football féminin en général et de le développer afin qu’il rattrape son retard sur le foot masculin.

Même s’il n’a jamais été joueur, ce dernier dispose d’une grande expérience en tant que coach puisqu’il a déjà été à la tête d’une dizaine d’équipes, depuis ses débuts au début des années 1990. 

Bientôt une prise de pouvoir en Europe ?

Non sélectionnée pour la Coupe du Monde en juin, la milieu française Kheira Hamraoui est un élément essentiel au Barça et pourrait soulever la Champion’s League ce samedi.
(crédit photo : @equipedefrance)

Samedi, les joueuses de l’Olympique Lyonnais tenteront de conserver leur titre de championne d’Europe. Et cette fois-ci, nous aurons droit à un peu d’originalité en finale avec la présence d’une écurie espagnole. Depuis sa réforme en 2009, la finale de la Ligue des Champions n’a été disputée que par des clubs français ou allemands (à l’exception de la finale 2014 qui a opposé Wolfsburg au Tyresö FF, une formation suédoise). Une domination franco-allemande probante qui continue de persister. 

Alors même si la finale de cette saison comptera une nouvelle fois une équipe française, ce ne sera pas face à un club allemand. En effet, toutes les formations germaniques ont été éliminées : les joueuses de Wolfsburg ont été sorties par l’OL en quart de finale, tandis que celles du Bayern Munich l’ont été par le Barça en demi-finale. Les deux équipes finalistes ont donc été les bourreaux des équipes allemandes cette saison. 

Le Barça a survolé la phase éliminatoire : 14 buts marqués, 0 encaissé. Les Lyonnaises ont de quoi se faire du souci…

De son côté, le FC Barcelone a réalisé un parcours exemplaire et va tout faire pour remporter son premier titre de champion d’Europe mais le défi s’annonce de taille : l’OL est un véritable mastodonte du football féminin, avec cinq titres de champions d’Europe et treize titres de champion de France consécutifs. Toutefois, Kheira Hamraoui et ses coéquipières auront leur mot à dire, et vont tout donner pour créer la surprise face à l’ogre lyonnais. 

Le fameux but de Platini en finale de l’Euro 1984 (crédit vidéo : Youtube – jose rodriguez pulpón)

L’effectif du FC Barcelone est constitué en grande partie de joueuses espagnoles. Plusieurs d’entre elles auront la chance de participer au Mondial en France en juin prochain, et une victoire du Barça sur l’OL en finale de la Ligue des Champions leur donnerait le plein de confiance avant de démarrer la compétition… Alors voyez-vous les Catalanes s’imposer et ainsi remporter leur première coupe d’Europe ? Réponse ce samedi…