En pleine crise dans le championnat espagnol, le Celta Vigo ne semble pas parvenir à se relever de ses échecs continuels. A la mi-saison, le club galicien siège à la 18e place du classement et fait grandir les inquiétudes concernant son futur. Pourtant dotée d’un effectif solide sur le papier, la formation d’Oscar Garcia n’y arrive pas et laisse penser qu’elle pourrait vivre un futur cataclysmique.

C’est une nouvelle saison qui se voulait bien meilleure que la précédente. Hélas, cet exercice prend une ampleur bien plus désastreuse et semble prêt à tout moment à vriller au cauchemar. Avec seulement trois victoires en dix-huit rencontres, le Celta fait pire que l’an dernier. Les pensionnaires du Balaídos alignent même des statistiques bien plus faibles, au même stade de la compétition, que lors de la dernière saison, et cela dans tous les domaines. Le club de la province de Pontevedra a nommé quatre entraîneurs depuis mai 2018, aucun n’a su véritablement redresser le club. O Celtiña n’arrive pas à relever la tête malgré son effectif qui pourrait jouer bien plus haut dans le tableau. Alors, avec les changements incessants dans le club qui n’apportent pas de renouveau, faut-il craindre le pire pour le Celta ?

Une situation qui inquiète

Alors que la Liga arrive à la mi-saison, le Celta se situe toujours à la première place de relégable. Un rang occupé depuis la onzième journée de championnat. Un état critique qui a déjà vu le licenciement de Fran Escribá (en poste depuis mars 2019, NDLR) et la nomination d’Oscar Garcia, début novembre.

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Même si le Celta est en galère, l’équipe arrive à se relever grâce à des victoires importantes et parfois inattendues (crédit photo : beInSports)

De la variation au poste d’entraîneur donc, mais très peu sur le terrain. Le moral reste assez bas même si des joueurs ont parfois tenté de sonner la révolte. La victoire des Galiciens en novembre dernier face à Villarreal (1-3) nous avait montré un Celta à rebondissements, capable de se relever. Un match marqué notamment par le fulgurant sprint du goleador, Iago Aspas, qui avait parfaitement conclu la rencontre en inscrivant le troisième but. Cette équipe n’est donc pas morte, loin de là. Mais pourtant, il n’y a pas de réaction franche sur la durée.

Sur l’année 2019, le Celta ne compte que huit victoires : sept d’entre elles ont été signées sur la pelouse de l’Estadio Balaídos. Effectivement, il y a un réel problème à l’extérieur puisque les Galiciens n’ont gagné qu’une seule fois hors de leur fief (victoire 1-3 contre Villarreal en novembre, NDLR). Pour le reste du bilan comptable de la précédente année civile, on notera que les Vigués (nom des habitants de Vigo, NDLR) ont réalisé dix matchs nul et ont été défaits à vingt-et-une reprises. Une majorité de matchs relevant donc de revers.

Ce qui peut faire aussi trembler les supporters galiciens, ce sont les statistiques. En comparaison du dernier exercice, au même stade de la saison, le Celta a beaucoup moins marqué. Les hommes de Antonio Mohamed et Miguel Cardoso (les deux entraîneurs du Celta entre août 2018 et mars 2019, NDLR) avaient célébré leurs buts vingt-neuf fois contre seulement quinze cette année. Une baisse flagrante en ce qui concerne l’attaque. Sur le plan défensif, le portier Rubén Blanco a su maintenir son équipe au chiffre de vingt-huit buts encaissés à la même période de la saison, là aussi.

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Rubén Blanco, le gardien du Celta, présent depuis ses années en tant que junior dans le club galicien (crédit photo : Marca)

Un des énormes problèmes du Celta reste aussi le nombre de fautes commises. Viennent s’ajouter les cartons jaunes au nombre de 47 pour l’équipe d’Oscar Garcia ainsi que 4 cartons rouges. C’est ainsi que le Celta se classe comme la dix-neuvième équipe la moins bonne au niveau fair-play, en Liga. Quatre expulsions qui ont sabordé le XI galicien, le conduisant à chaque fois sur un insuccès. Mais au delà des chiffres peu rassurants, le Celta a d’autres failles pouvant expliquer sa déroute.

Un passé regretté ?

Depuis le départ d’Eduardo Berizzo, à l’été 2017, Os Celestes sont dans une phase compliquée et ne parviennent plus à retrouver la voie du succès. La douleur d’une séparation qui se comprend puisque le technicien argentin avait emmené le Celta en demi-finale d’Europa League (élimination par Manchester United (0-1, 1-1), NDLR).

L’actuel sélectionneur du Paraguay est d’ailleurs l’entraîneur possédant le pourcentage le plus élevé de victoires à la tête du Celta Vigo (38%) depuis 2004. Il devance ainsi Luis Enrique, Abel Resino ou encore Juan Carlos Unzué.

Après son aventure en Galice, Eduardo Berizzo avait pris la direction de Séville où il n’était resté que peu de temps avant d’être limogé (crédit photo : La Grinta)

Aujourd’hui, le Celta manque donc certainement d’un coach comme Berizzo. L’Argentin prônait un style reflétant de l’ambition, du courage et misant beaucoup sur l’attaque. On peut certainement ici y voir un projet sur le long terme inachevé. Depuis, le RCC n’a jamais réussi à rééditer des performances accomplies sous Eduardo Berizzo. Au contraire, le Celta semble régresser et regretter son passé plus glorieux et plus réussi.

Des étoiles qui ne brillent pas

Lors de l’exercice antérieur, le club présidé par Carlos Mouriño avait obtenu difficilement son maintien dans les dernières journées. La formation Vigué terminait dix-septième avec seulement quatre points d’avance sur le premier relégable, Girona. La survie dans l’élite avait notamment été obtenue par un Iago Aspas hors-norme. Ce dernier avait porté le Celta et inscrit vingt-et-une réalisations. Malheureusement, en 2019/2020, le natif de Moaña est légèrement en dessous de son niveau habituel et cela se ressent, comme le montre les statistiques offensives évoquées précédemment.

Iago Aspas avait aidé ses partenaires lors de la victoire (3-2) contre Villarreal. Dans un match important pour le maintien, le numéro 10 viendra inscrire un doublé, après sa longue absence, lors d’une remontada folle avant de fondre en larmes, pris d’émotion (crédit vidéo : @LaLiga)

Il n’y a pas que Iago Aspas qui ne brille pas, mais plutôt la globalité des bons joueurs de Vigo. A mi-parcours, l’attaquant phare du Celta a propulsé le ballon au fond des filets à sept reprises. Un chiffre correct mais pas assez pour relever une équipe en grande difficulté.

« Si Iago Aspas est au plus haut niveau, tout le monde le suivra et nous aurons plus de chances de gagner des matchs »

Oscar Garcia avait confié qu’il comptait beaucoup sur son buteur fétiche pour redresser le Celta

A ses côtés se trouve Santi Mina. Rapatrié dans son club formateur, en provenance de Valence, dans un échange contre Maxi Gomez, l’espagnol peine à s’imposer. En 15 rencontres, il n’a inscrit qu’un seul but. Même problème pour Brais Méndez qui a disputé 16 matchs et qui n’a pas encore marqué. Le syndrome se répète également pour Pione Sisto, souvent remplaçant (12 matchs, 1 but). On pourrait aussi citer les noms de Rafinha (prêté du Barça), les milieux Denis Suarez, Fran Beltrán et Stanislav Lobotka ou encore le gardien Rubén Blanco. Ces derniers affichent généralement un niveau correct mais ne brillent pas. Par conséquent, ces joueurs ne peuvent pas empêcher la déroute que le Celta Vigo vit péniblement en ce moment.

Un couac d’autant plus problématique puisque la majorité des stars et promesses du Celta jouent en attaque. Or, les Galiciens éprouvent d’énormes difficultés devant les cages adverses. Un problème très complexe auquel le staff va devoir très vite réfléchir et remédier. La direction sportive devra peut-être s’atteler à recruter quelques joueurs durant les prochains mercatos si le hic se poursuit. D’autant plus que le Celta possède un Iago Aspas qui a 32 ans et à qui il faudra un remplaçant de taille dans les saisons à venir.

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Si les étoiles s’alignent, peut-être que le Celta connaîtra un avenir plus agréable et rythmé par l’Europe… (crédit photo : Eurosport)

Un objectif pour se redresser

Pour tenter d’amener un vent de fraîcheur, Carlos Mouriño a un plan. Effectivement, le président du Celta veut miser sur les jeunes de son club, formés à La Madroa. Le natif de Vigo souhaiterait que le XI du Celta soit composé à 60% de joueurs formés au club à long terme. Le retour de canteranos comme Denis Suarez, Santi Mina ou Pape Cheikh Diop se comprend mieux maintenant. Un onze désiré qui se construit peu à peu. Aspas, Blanco, Alvarez, Méndez et le capitaine Hugo Mallo sont également issus du centre de formation galicien.

Notons aussi les matchs occasionnels de quelques jeunes tels que le latéral droit Kevin Vázquez, Iker Losada ou David Costas. Sans oublier de mentionner le nom du jeune attaquant Juan Hernández, qui n’est en revanche pas formé à Vigo.

« Je recherchais un club dans lequel j’allais me sentir aimé et mis en valeur, et j’ai senti que revenir à la maison était la meilleure option »

Les mots de Denis Suarez lors de son retour au Celta de Vigo
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Méndez, Losada, Cheikh, un trio de canteranos qui a de l’avenir au Celta Vigo (crédit photo : El Desmarque)

Cette saison fera donc l’objet d’une nouvelle lutte pour le Celta. Les Galiciens sont aux abois, affichant un visage bien pâle. Une allure pénible à supporter au sein de la direction et des joueurs. Dans l’élite depuis 2013, le Celta Vigo fait craindre le pire. A savoir, une possible descente en Segunda División. Inaptes à retrouver un niveau comme connu par le passé, les Vigués ne désespèrent pas. Le club possède un effectif très riche et prometteur avec un projet intéressant qui se construit sur le long terme. Mais ce n’est pas tout. Le Celta est emmené par une autre force. Celle de son afición, élue comme la meilleure de Liga la saison passée. Des supporters inépuisables pour soutenir leurs joueurs, même dans des moments difficiles. La bataille sera rude, mais le Celta a des armes pour lutter et espérer conserver sa place en Primera.