Cette trêve hivernale a tout d’une mi-temps. On ne se refroidit pas, on revient sur la pelouse pour attaquer plus fort. Ce qui se dessine en 2019 c’est une piste aux étoiles.

2018, année de l’ordre et des désordres.

Côté championnat, tout est bien rangé en tête de classement.

L’Olympique Lyonnais est en tête, 40 points sur 42. 2 points perdus avec ce match nul face au Paris Saint-Germain (1-1, 10ème journée). Les Parisiennes restent solidement accrochées à leur seconde place, 38 points au compteur, un peu de retard bêtement pris lors du match nul face au LOSC (1-1, 5èmejournée).

Après, c’est vingt mille lieues sous les pelouses.

Bordeaux, troisième, 21 points. Montpellier, 4ème, 21 points aussi. Pour gratter l’Europe et la deuxième place, compliqué.

Rodez ne veut pas mourir

Dans ce milieu de classement, tout se tient dans un mouchoir de poche. Entre le FC Fleury 91, 5ème,et Dijon 9ème, cinq microscopiques points qui contiennent le ParisFC (6ème, 18 points), Guingamp, 7ème, 16 points etSoyaux, 8èmes, 16 points également).

Sans surprise, Lyon occupe le haut du classement à la trêve, la lutte pour la troisième place est âpre (source OL)

Entre débuts de saison cataclysmiques (Montpellier), difficulté à enchaîner les résultats (Soyaux, Dijon, Bordeaux, Paris FC), et les accidents industriels (Paris FC, champion de la discipline), il est bien difficile de savoir à quoi ressemblera le classement final au-delà de la seconde place.

Le Paris FC de Gaëtane Thiney a signé de beaux succès (5-0 face à Bordeaux) comme des défaites face aux équipes en difficulté en championnat (Lille, Rodez) crédit Girondins forever

Surtout que Rodez s’est enfin décidé à dire NON. Non à l’implacable destin qui conduisaient les Rafettes tout droit en D2. Les filles de Sabrina Viguier ont fait tomber Lille (13ème journée) et surtout le Paris FC (14ème journée) sur un score infime, 1-0, le prix de l’espoir, à défaut du salut. D’un coup,c’est tout le bas de classement qui tremble. Rodez n’est plus qu’à 2 points de Metz (11ème, 10 points) et Lille (10ème, 11 points).

Acte 2 : tout ça, en mieux

L’Europe sublime toujours les nations.

Lyonnaises et Parisiennes seraient bien à l’étroit si leur talent ne s’exprimait qu’en France. Avec le printemps reviennent les grandes soirées européennes. Le 20 mars, les quarts de finale de la Ligue des Championnes vont ouvrir en grandes les frontières du foot, et les meilleures qui se jaugeaient par classement au Ballon d’Or interposé vont se rencontrer.

Le tirage a été particulièrement exigeant pour les équipes françaises.

Lyonnaises et Parisiennes auront fort à faire pour se qualifier en demi-finale de Ligue des Championnes

Pour les Lyonnaises, les quarts auront des airs de finale : face à elles, les Allemandes de Wolfsburg, finalistes de la compétition la saison dernière. Wolfburg. C’est un peu Lyon version allemande. Avec un trio d’attaquantes à la classe indescriptible : Harder (2ème dans le classement du Ballon d’or 2018, joueuse UEFA 2017-2018), Popp, Pajor.

Pour faire connaissance avec la danoise Pernille Harder, compilation de quelques buts et gestes techniques

Les Parisiennes, pas mieux loties. Elles affronteront Fran Kirby et ses partenaires de Chelsea. Kirby aussi était sur la liste des nominées au ballon d’or. Et Chelsea aussi a des revanches à prendre. Eliminées par Wolfsburg en demi-finales l’année dernière, elles veulent aussi savoir à quoi ressemble une finale.

Un championnat pour être vue

Le championnat montera en intensité dès le 12 janvier. Pas le choix. Si on veut briller aux yeux du sélectionneur de son équipe nationale, c’est le moment.

Le moment de briller, mantra de cette deuxième partie de saison pour espérer jouer la Coupe du Monde en France (crédit Fifa)

Côté Corinne Diacre, on a déjà une petite idée des heureuses élues. Il n’empêche, certaines sont en balance, d’autres se tiennent prêtes, au cas où. Les blessures rôdent toujours. En attaque, notamment, quelques places sont encore à prendre. Marie-Antoinette Katoto, si elle poursuit sur ce rythme (meilleure buteuse de la trêve ex aequo avec Hegerberg, 15 réalisations) devrait faire partie de l’aventure. D’autres devront montrer les crocs : Viviane Asseyi (Bordeaux), Ouleymata Sarr (Lille), Emelyne Laurent (Lyon), Daphnée Corboz (FC Fleury 91). Il n’y aura pas de mi mesure ou de petits bras. Le radar de Diacre est branché sur les mortes de faim.

L’attaquante bordelaise Viviane Asseyi finit 2018 très fort: doublé face à Rodez, avec un 4ème but retourné magnifique. L’art et la manière

Elles auront leur chance.Les matchs amicaux qui se profilent sont là pour ça. Les Etats-Unis le 19 janvier, et on essaiera tous d’y lire les pensées de Diacre, comme dans le marc de café.

Parce qu’après il lui faudra trouver la liste des 23 magiques pour affronter la Corée du Sud, le Nigéria, la Norvège, et toutes les autres équipes.

Ouleymata aura encore une carte à jouer pour faire partie des 23 (crédit L’Equipe)

Faire de la Coupe du Monde en France un rêve éveillé.

Les fêtes, c’est bien, mais vivement qu’elles passent. Que l’hiver arrive, puis le printemps. Et le soir du 7 juillet. Ce soir-là, soir de finale. Lyon sera capitale du football mondial, et couronnera ses reines : on aimerait bien que ce soit…