Depuis déjà de nombreuses années, le Real Madrid éprouve de plus en plus de difficultés face à son rival de toujours, le FC Barcelone. Autrefois supérieur, le club madrilène peine désormais à s’imposer dans le match le plus attendu de la planète football. 

Samedi dernier, le Real perdait son deuxième clásico de la semaine face au Barça. Après une large défaite sur sa pelouse (0-3) synonyme d’élimination en Coupe du Roi, les Madrilènes perdent cette fois-ci la Liga en s’inclinant un but à zéro, de nouveau au Santiago Bernabéu. Ces deux rencontres étaient cruciales pour les Merengues, qui avaient la possibilité d’atteindre la finale de la Coupe au nez et à la barbe du rival barcelonais (quadruple tenant du titre). Et ainsi venir titiller ce dernier en Liga en revenant à six petites longueurs. Deux défaites qui vont donc laisser des traces dans la Maison Blanche et qui viennent sceller la saison du Real, après sa récente élimination en Ligue des Champions face à un Ajax Amsterdam séduisant. Entre rendez-vous manqués et buts à la volée, les clásicos perdent en saveur du côté de la capitale espagnole, jusqu’à même laisser un goût amer. 

Ivan Rakitić inscrit d’un joli ballon piqué le but qui va condamner le Real en Liga.
(Crédit photo : EPA/Keystone)

Une impuissance qui ne date pas d’hier

Longtemps dominé par son rival madrilène, le FC Barcelone a rattrapé son retard lors de la dernière décennie, à une période qui restera comme la plus faste et la plus triomphante dans son histoire. Cette période d’hégémonie, dont on pourrait estimer la naissance au titre de champion d’Europe de 2006, ainsi que la génération dorée qui l’a fait prospérer, ont permis au Barça de faire sa « remontada » sur le rival madrilène.  

La rencontre de samedi dernier entre les mastodontes est d’ores et déjà dans l’histoire car désormais, c’est bien le FC Barcelone qui compte le plus de victoires dans l’histoire du clásico. En effet, les Blaugranas comptent dorénavant 96 victoires, contre 95 pour les Merengues. Une situation qui n’était plus arrivée depuis 1932 !

À titre de comparaison, le FC Barcelone comptait, lors de la saison 2008/2009 (année du fameux 2-6), huit victoires de moins que le Real Madrid. Sur les quarante clásicos disputés ensuite, le Barça en a remporté vingt, contre seulement neuf pour le Real. Un chiffre d’autant plus impressionnant car cette dernière décennie a été pleine de succès pour le club catalan, mais également pour les madrilènes qui ont remporté quatre Ligues des Champions, contre trois pour le Barça. Paradoxal de dominer l’Europe plutôt que d’assurer son hégémonie sur le plan national.

L’arrivée de Messi et de la génération dorée du Barça a changé l’histoire du clásico.
(Crédit Twitter : @TikiTakaFCB1899)

Une grande fébrilité à domicile

Voici une donnée qui illustre bien les difficultés éprouvées par le Real Madrid face au FC Barcelone ces dernières années. Sur les dix derniers clásicos disputés au Santiago Bernabéu, les Madrilènes ne sont repartis avec la victoire qu’à trois reprises, contre six pour les Barcelonais ! Une statistique accablante qui montre bien la fragilité du club madrilène, mais qui est tout de même paradoxale. En effet, en observant les dix derniers clásicos disputés cette fois-ci au Camp Nou, on remarque que les débats s’équilibrent et que le Real Madrid a même un léger avantage sur son rival, avec quatre victoires contre seulement trois pour le Barça. 

Les supporters barcelonais rient des récentes victoires de leur club dans l’antre du Real.
(Crédit Twitter : @loicwh)

Néanmoins, il est tout de même impératif pour le club madrilène de retrouver plus de solidité dans son antre, où les catalans ont (trop) souvent gagné, voire même brillé. 

Des scores peu flatteurs

Dans l’histoire récente du clásico, il est arrivé que ces deux équipes d’excellence ne fassent pas forcément jeu égal, voire même que l’une d’elles marche complètement sur l’autre. En effet, les récentes défaites du Real Madrid face au FC Barcelone ont, pour certaines, été assez sanglantes. 

Sur les dix dernières années, nous avons pu voir à de nombreuses reprises un Barça stratosphérique et impitoyable face à un Real impuissant. Des résultats qui auront marqué l’histoire du clásico, et qui auront laissé des traces dans la mémoire des supporters madrilènes. Parmi ces résultats à oublier mais inévitablement inoubliables, on peut citer la défaite à domicile 2-6 en 2009 mais aussi la fameuse « manita » de 2010, ou plus récemment la gifle reçue au Bernabéu (0-4) en 2015 ou encore celle de cette saison (5-1). 

Les principaux coups d’éclat du Barça lors des clásicos (crédit photo : Memedeportes.com)

Des matchs historiques de par le résultat mais également de par des prestations d’exception, délivrées par des joueurs qui furent, pendant quatre-vingt-dix minutes, au sommet de leur art. 

Les Barcelonais savent se sublimer

Le clásico, c’est un match à part. Ce sont les meilleurs joueurs des deux plus grands clubs au monde qui s’affrontent dans un match intense, où le niveau de jeu et la qualité technique sont à leur paroxysme. Mais il arrive que certains protagonistes sortent leur épingle du jeu et subliment encore davantage ce match. 

Ces dernières années, le FC Barcelone a souvent vu ses joueurs réussir des performances uniques, qui lui auront permis de triompher dans cette rencontre au sommet. Du doublé de Ronaldinho au Bernabéu en 2005 au triplé de Lionel Messi pour son premier clásico, en passant par le récital d’Andrés Iniesta en 2015 ou encore le triplé de Luis Suárez en octobre dernier… Nombreux sont les Barcelonais a avoir excellé face au Real.

Le Barça a souvent pu compter sur ses génies pour vaincre son rival. Une magie et un dépassement de soi qu’il a été beaucoup trop rare de voir chez les Madrilènes, malgré l’intermède Cristiano Ronaldo, lors des récents clásicos. 

En 2006, Ronaldinho a tellement brillé lors de ce clásico qu’il a reçu une standing ovation du Santiago Bernabéu (crédit vidéo : Youtube TFD Teh).

Un cruel manque de réalisme

Sur les trois clásicos qui ont lieu ces dernières semaines, il y a un élément qui a été frappant côté Real Madrid et qui est une des causes de sa déroute : un gros défaut de finition. Lors de la demi-finale retour de Coupe du Roi (perdue 0-3), les Madrilènes ont tenté quatorze fois leur chance, mais n’ont cadré qu’à quatre reprises, tandis que le Barça n’a tenté que quatre tirs et a inscrit trois buts. Impossible de remporter un match face à un tel adversaire avec si peu de justesse devant le but.

Le problème du Real n’est donc pas dans la création et dans l’animation offensive car ils ont su se procurer à plusieurs reprises des occasions franches, mais bien dans le dernier geste. Une carence devant le but qui était quasi inexistante les dernières saisons car le club madrilène avait dans ses rangs une véritable machine à marquer, capable de convertir n’importe quelle opportunité en but. Une chose que Karim Benzema n’a jamais été capable de faire, étant plutôt un avant-centre qui excelle pour faire jouer son équipe, et qui doit avoir autour de lui un véritable buteur. 

Vinícius Jr. a tenté sa chance à six reprises (0 but), c’est plus que tous les joueurs du Barça réunis (4 tirs, 3 buts) (Crédit Twitter : @OptaJose)

Mais même si Ronaldo a quitté le club cet été, un joueur a fait le chemin inverse et a rejoint la Casa Blanca. Ce joueur, c’est Mariano Diaz. Lors de sa saison en France à l’Olympique Lyonnais, l’Hispano-dominicain a montré qu’il était capable de marquer dans n’importe quelle position et qu’il n’avait besoin que d’une seule occasion pour faire trembler les filets. Un profil assez semblable donc à celui du Ballon d’or portugais.

Mais Mariano n’a pas véritablement eu sa chance depuis son arrivée et n’a joué que 235 minutes cette saison en Liga. Alors certes, ce n’est sûrement pas le galactique qui va assurer la relève de CR7, mais il serait peut-être une alternative intéressante pour retrouver un peu de tranchant devant le but, en l’associant par exemple avec Benzema en pointe de l’attaque. 

Mariano Diaz a beaucoup apporté à l’OL la saison dernière, en inscrivant 22 buts en 48 matchs (Crédit image : AFP)

L’histoire moderne du clásico est donc en faveur du Barça, qui a réussi l’exploit, impensable il y a encore dix ans, de rattraper le Real au nombre de victoires dans ce match au sommet. Nombreux sont les entraîneurs madrilènes à s’être cassés les dents sur le FC Barcelone ces dernières saisons. Le public du Santiago Bernabéu attend avec impatience celui qui réussira à s’imposer et à renverser l’hégémonie catalane dans ces rencontres, qui sont véritablement les plus attendues de la saison.