Après un recrutement faramineux, le Real Madrid n’a que très peu dégraissé, et cela se ressent aujourd’hui. Gareth Bale, Mariano Diaz, Isco ou même encore Brahim : des noms qui reviennent avec insistance dans la presse espagnole. Ces derniers étant classés comme des indésirables de Zidane.

Généralement sur le banc et parfois même absents de la feuille de match, la situation de ces joueurs, mis à l’écart du reste du groupe, a rapidement été remarquée par la presse espagnole. Une presse à l’affût des petites vagues qui se créent et qui ne manque pas une miette de ces feuilletons. Là où le divorce semble bien ancré avec Zidane, c’est pour Gareth Bale. Le Gallois n’apparaît plus si fier de porter le maillot de la Casa Blanca. Une tendance qui est en train de vriller au malaise selon certains médias quand d’autres parlent d’une véritable guerre entre deux camps. Florentino Pérez, le président du Real ne semble pas vraiment décidé à soutenir un parti plus qu’un autre et laisse son entraîneur français s’occuper de la situation mais l’accepte telle quelle. Des situations que la Maison Blanche a déjà dû gérer avec d’autres indésirables auparavant.

Mariano Diaz et Brahim Diaz, des noms dont Zidane ne se préoccupe plus vraiment (crédit photo : Tribuna)

Une gestion qui pose question

C’est un mot qui se répète de plus en plus dans les journaux : « indésirable ». Tels sont qualifiés les hommes qui ne sont plus désirés par le Français dans l’effectif merengue. Bien que le niveau des Brahim, Isco et compagnie soit loin d’être irréprochable, on peut tout de même s’interroger sur un potentiel problème de gestion au sein de la maison madrilène depuis quelques temps maintenant. Les soucis avec certains semblent devenir de plus en plus présents et de plus en plus forts, mais pourtant il n’est pas question de parler de rupture dans le vestiaire espagnol.

Les cas de Gareth Bale et James Rodriguez, par exemple, ont fait couler beaucoup d’encre cet été. Le Gallois est placé sur une short-list de joueurs à exclure du Real Madrid. Finalement, après des rumeurs de transfert en Chine et dans quelques autres clubs du Vieux Continent, aucun transfert ne s’est finalisé. Le triple vainqueur de la Ligue des Champions a même débuté les premières rencontres de championnat en tant que titulaire avant de finalement, revenir au point initial.

Son dernier épisode, avec le drapeau gallois où était inscrit la phrase “Galles, Golf, Madrid. Dans cet ordre”, a encore fait polémique et symbolise bien une divergence présente.

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La banderole avait été aperçue après un mach avec la sélection galloise, lors des qualifications à l’Euro 2020 (Crédit Twitter : @LigActu)

Quant aux questions qui lui sont posées sur son avenir, Gareth Bale reste très évasif et peu clair se disant être « à Madrid pour jouer au foot. » En bref, l’attaquant gallois voit son nom inscrit dans les différents journaux européens mais rien ne paraît concret alors que sa situation ne semble que devenir néfaste en Espagne.

« Zidane devrait avoir honte, il ne montre aucun respect pour un joueur qui a tant fait pour le Real »

Jonathan Barnett, agent de Gareth Bale en juillet dernier

De son côté, James s’oriente en ce moment vers un autre chemin que son compatriote d’attaque. Néanmoins, l’été a été difficile avec un Real cherchant absolument à l’éjecter du club depuis plusieurs mois. Finalement, le Colombien semble de nouveau faire partie des plans de Zizou et espère s’installer définitivement dans le onze type.

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James Rodriguez retrouve peu à peu du temps de jeu après son prêt de deux ans à Munich (crédit photo : real_france.fr)

D’autres cas pour illustrer

On parle aussi de Lucas Vazquez. L’Espagnol n’a définitivement plus la côte auprès des supporters et de l’institution madrilène et donne l’impression d’avoir été relégué au rang le plus bas du groupe.

Brahim Diaz est arrivé en 2018 en provenance de Manchester City pour quinze millions d’euros. La presse s’accorde à parler d’un talent gâché. L’Hispano-Marocain ne parvient pas à s’affirmer et régresse dans la hiérarchie.

Un dernier joueur qu’on pourrait citer est Isco. Le milieu offensif andalous est loin d’être le premier nom coché par Zidane sur sa composition. Ne plus entendre parler d’Isco, qui a été un des acteurs des trois Coupes aux Grandes Oreilles remportées, est devenu presque normal. Et quand on repense à son passé, on se dit qu’il a certainement dû se passer quelque chose.

Faut-il parler de Marco Asensio ? Compliqué à dire avec sa grosse blessure (rupture des ligaments croisés) mais il faudra du travail pour passer devant les cadors de l’attaque. À ne pas oublier aussi, Marcos Llorente et Keylor Navas. Le premier ayant pris la direction de l’Atlético de Madrid, l’autre du PSG. Deux indésirables poussés donc vers la sortie de façon assez significative.

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On ne manque donc pas d’exemples pour illustrer la situation compliquée de certains joueurs merengues… (crédit photo : Transfermarkt)

Une période déjà vécue sous Calderón

L’ancien président du Real Madrid de 2006 à 2009, Ramon Calderón, a lui aussi connu des moments de galère à la tête du club madrilène et des accrochages avec certains joueurs. Une situation que les dirigeants merengues actuels connaissent et que l’on peut comparer à la situation connue sous la présidence de l’ancien directeur sportif du Real Madrid.

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Ramon Calderon, président du Real Madrid de 2006 à 2009 (crédit photo : 90Min)

Un des passages difficiles de Ramon Calderón à la direction de la Maison Blanche fut certainement la crise de 2007. Alors que le Real Madrid sort d’une nouvelle défaite face au Deportivo La Corogne, l’entraîneur Fabio Capello, demande à sa direction de trouver une solution concernant plusieurs joueurs que l’Italien ne veut plus. Y figurent notamment le brésilien, Ronaldo et David Beckham.

L’Auriverde est présent depuis 2002 à Madrid. Selon Capello, il porte une mauvaise influence sur les jeunes Merengues (Robinho, Marcelo…). Ces deux derniers ont d’ailleurs été pris à plusieurs reprises lors de sorties nocturnes. À cette période, Ronaldo passait plus de matchs sur le banc que sur le terrain et agaçait son entraîneur notamment de par son comportement.

« Si vous pouvez, vendez-le (Ronaldo) pendant le marché d’hiver. Dans ces conditions, je ne le veux pas pour mon projet. »

Fabio Capello sur Ronaldo lors d’un entretien avec Ramon Calderon et Pedja Mijatovic, directeur sportif
Ronaldo et Fabio Capello lors d’une séance d’entraînement en 2007 (crédit photo : Marca)

Celui qui a aussi provoqué l’indignation de l’Italien à plusieurs reprises, c’est le Britannique, David Beckham. Porteur du maillot du Real Madrid depuis 2003, le milieu offensif arrivait enfin de contrat lors de la saison 2006/2007. Le technicien transalpin aurait demandé, lors de ce même entretien, à ne pas le prolonger, relayait AS en 2007. Une demande comblée quelques jours plus tard lorsque Beckham annonce un contrat de cinq ans avec les Los Angeles Galaxy qu’il rejoint dès juillet 2007. Après avoir choisi d’expulser le « Spice Boy » du groupe jusqu’à son départ, Capello va finalement se résigner à réintégrer le milieu anglais. En effet, le club est au bord d’une grave crise où le technicien transalpin sent que sa tête peut tomber à tout moment.

D’autres joueurs sont aussi vus comme des indésirables. À commencer par l’attaquant Antonio Cassano. Le club met l’Italien à l’écart à plusieurs reprises pour des problèmes de comportement. Comme le reflète l’épisode en 2006 où on le sanctionne après un manque de respect envers sa direction.

Antonio Cassano pour un des ses quatre buts avec la Casa Blanca (crédit photo : BeSoccer)

Dans les noms ciblés, on note la présence du Brésilien Emerson, parti à l’été 2007 après seulement un an. Il est méconnaissable pour Capello, tout comme un autre Italien : Fabio Cannavaro (Ballon d’Or 2006) qui n’aura fait « que » 3 ans dans la capitale espagnole. Ce dernier ayant un niveau déplorable pour l’entraîneur madrilène, il quitte ses coéquipiers en 2009 pour rejoindre la Juventus.

Quelle que soit l’époque, les problèmes se suivent et se ressemblent au Real Madrid (et ailleurs) mais varient selon les présidents et aussi selon les joueurs. La gestion des cas est évidemment différente sur la forme mais identique dans le fond. Comportement, déclarations ou niveau de jeu, tels sont les critères pour « qualifier » un joueur d’indésirable aujourd’hui. Présents dans l’histoire des Merengues, ce ne sont pas les problèmes avec les joueurs du moment qui vont inquiéter le club. Il n’y a pas de recette miracle pour gérer la situation de chaque joueur, mais il faut surtout aviser et agir au cas par cas de chaque joueur problématique.