Le 8 octobre 2017, le Costa Rica au bout de la nuit obtient son billet pour la Coupe du Monde en Russie contre le Honduras (1-1). Dans un groupe composé des ogres de la CONCACAF que sont le Mexique et les Etats-Unis, ils ont terminé second du groupe avec 16 points gagnés avec 4 victoires, 4 nuls et 2 défaites.

En 2018, c’est la cinquième fois que le Costa Rica s’offre le droit de participer à la plus prestigieuse des compétitions internationales après 1990, 2002, 2006 et 2014. Lors de l’édition précédente, ils avaient réalisé un parcours incroyable en surprenant le monde du football. Mais que reste-t-il de cette équipe historique en 2018 ?

L’avant Coupe du Monde

Avant leur épopée brésilienne, les Ticos ont connu des années compliquées. Un échec lors d’un barrage contre l’Uruguay pour le Mondial sud-africain en 2010 puis des défaites en Gold Cup (demi-finale 2009, quart de finale 2011) ont eût raison de leurs sélectionneurs René Simoes puis Ricardo Volpe alors qu’un processus de rajeunissement avec des joueurs évoluant au pays était en place à partir de 2010.

La surprise brésilienne

Crédit photo: coupe-du-monde-2014

Après tous ces échecs, la fédération ramène le colombien Jorge Luis Pinto à la tête d’une équipe dont il avait déjà pris les rênes en 2004/2005 avec un bilan de 8 victoires, 4 nuls et 6 défaites. La Sele renaît, enchaînant les bonnes prestations. En match amical, ils se permettent même d’accrocher le Champion du Monde en titre, l’Espagne en menant 2-0 durant la rencontre grâce à un bijou de Joel Campbell avant la pause.

Les qualifications pour la Coupe du Monde au Brésil arrivent à grands pas et le Costa Rica passe les tours les uns après les autres jusqu’au tour final. Accompagné des États-Unis, du Mexique et du Honduras et emmené par un superbe Alvaro Soborio (8 buts en 14 matchs), ils s’offrent le scalpe du Mexique et des USA pour finir second derrière l’équipe de Clint Dempsey.

Classement qualifications Coupe du Monde 2014. Crédit photo: Wikipédia

De retour dans un mondial après 2006, le Costa Rica hérite du « groupe de la mort » composé de l’Italie, l’Angleterre et l’Uruguay cumulant au total sept victoires finales en Coupe du Monde.
Alors 16ème au classement FIFA, personne ne leur donnait la moindre chance de sortir de cette poule.
Le premier match face à l’Uruguay de Suarez et Cavani ne leur offrait pas la moindre chance d’obtenir le moindre résultat et pourtant.. malgré l’ouverture du score du parisien (24′), l’insouciance offensive des Ticos a frappé coup sur coup (54′ et 57′) avant qu’Ureña ne crucifie historiquement la Celeste pour l’emporter 3-1 ! Coup de théâtre au Brésil et de folie au Costa Rica, le Petit Poucet est leader du Groupe D !
Dans l’euphorie et face à une équipe d’Italie en manque d’inspiration, l’équipe de Louis Pinto l’emporte de nouveau grâce à son capitaine Bryan Ruiz juste avant la pause. Ils ne leur suffit donc que d’un point contre l’Angleterre qu’ils glaneront en tenant le score 0-0.
Le Costa Rica finit donc en tête au classement devant l’Uruguay, laissant Italiens et Anglais au tapis.

Classement Groupe D Coupe du Monde 2014. Crédit photo: Wikipédia

En huitième de finale, la surprise du Mondial affronte la Grèce. Avec le nouveau but du capitaine Ruiz, ils pensaient alors tenir un nouvel exploit mais c’était sans compter sur l’égalisation en toute fin de match dans le temps additionnel de Papastathopoulos qui envoie les deux équipes en prolongations. Rien ne s’y passe et place donc à la terrible épreuve des tirs aux buts. Et à ce jeu-là, sans pression, le pays d’Amérique centrale l’emporte 5 buts à 3.
L’aventure s’arrête finalement en quart de finale de la Coupe du Monde contre les Pays-Bas de nouveau dans une autre séance de penaltys tandis que le score après 120 minutes était de 0-0.

C’est une équipe et un pays tout entier que le monde découvre alors lors de cet été 2014 créant une sensation incroyable et démontrant que n’importe quel outsider pouvait rivaliser face aux plus grandes nations du football.

Les vestiges en 2018

Crédit photo : Firo / Icon Sport

Maintenant 23ème au classement FIFA, ce sont des joueurs plus expérimentés qui fouleront les pelouses russes.

Pour être du voyage en Europe, Los Ticos ont d’abord remporté la Copa Centroamericana 2014 et atteints les demi-finales de la Gold Cup 2017 en perdant 2-0 face aux futurs vainqueurs de l’épreuve, les Etats-Unis.
Lors des qualifications pour la Coupe du Monde 2018, ils se sont illustrés en battant par deux fois les USA, terminant second des qualifications mais surtout en validant leur billet dans les dernières secondes grâce à Kendall Waston ! Waston, joueur de San José Earthquakes en MLS qui n’a pas connu l’épopée de 2014 mais connaîtra l’aventure de 2018.

Classement Qualifications Coupe du Monde 2018. Crédit photo : Wikipédia

L’effectif n’a en effet pas beaucoup bougé en quatre ans, mais certains joueurs révélés lors de la précédente édition ont connu une évolution de carrière significative à l’image de Keylor Navas. Le gardien de Levante est recruté en août 2014 par le Real Madrid grâce à sa saison en Liga et surtout ses performances durant l’été. Aujourd’hui, il est titulaire indiscutable en club et a remporté 3 Ligue des Champions d’affilée devenant ainsi le premier Costaricain à remporter ce trophée. Grâce à lui en grande partie, la défense était le point fort du Costa Rica en 2014 avec seulement 2 buts encaissés en 5 matchs avec un Navas en feu (31 arrêts sur les 5 rencontres).

La liste des joueurs du voyage au Brésil et maintenant en Russie est longue, et les titulaires nombreux : Keylor Navas, Cristian Gamboa, Giancarlo Gonzalez, Celso Borges, Joel Campbell ou encore Christian Bolanos et l’inamovible capitaine Bryan Ruiz. Depuis, ces joueurs ont pris quatre ans, plus ou moins joués en club mais l’équipe type n’a pas vraiment bougé, tout comme la philosophie de jeu.

Emmenés par Oscar Ramirez dans un 5-4-1 modulable qui leur assure avant tout une solidité défensive, ils n’en reste pas moins une équipe joueuse qui sait prendre le ballon à son avantage dans les phases offensives bien que les longs ballons vers un Ureña isolé devant soit privilégié contre les grosses équipes.

Dans un Groupe E composé de la Serbe, la Suisse mais surtout le Brésil, on pourrait penser que la situation pour le Costa Rica serait plus simple. Hors l’équipe ayant peu changé, l’équipe après deux défaites en autant de matchs (1-0 face à la Serbie et 2-0 face au Brésil) est déjà éliminée du Mondial russe. En tout cas, ils n’ont pas perdu leur rigueur défensive en prenant un but sur coup franc direct contre les Serbes et les deux buts Brésiliens dans le temps additionnel, seul leur efficacité offensive leur a fait défaut avec une équipe vieillissante. 

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