Avec les Etats-Unis qui terrassent leurs adversaires, la France qui empoche les neuf points comme l’Allemagne, des groupes E et F bouclés dès la deuxième journée, les phases de poule de ce Mondial féminin n’ont jamais semblé aussi peu surprenantes.

Finie l’époque où les petits poucets créaient la sensation, où le suspens tenait les stades en haleine. Nous sommes en 2019. Toutes les places pour les huitièmes sont occupées par les favoris. Toutes ? Non ! Car une équipe peuplée d’irréductibles argentines résiste encore et toujours aux envahisseurs. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de l’Angleterre, du Japon et de l’Ecosse

Dans l’ordre des choses

Dans cette Coupe du Monde 2019, les équipes sont pratiquement toutes à leur place. Les favoris se voient accéder aux huitièmes sans embûches. La France et l’Allemagne font carton plein avec trois victoires. Et les équipes faibles se voient logiquement écrasées par les grosses formations avec le 13-0 des Etats-Unis contre la Thaïlande, les douze buts concédés par la Jamaïque pour un seul marqué.

C’est bien simple, dès la fin de la deuxième journée, les grosses formations avaient presque toutes déjà validé leur ticket. Alors qu’il leur reste encore un match à jouer, l’Angleterre, le Canada, les Pays-Bas, les Etats-Unis ainsi que la Suède sont déjà assurés de jouer les huitièmes de finale.

Du côté des joueuses, pas de surprises non plus. On attendait certains noms au quart de tour et ils n’ont pas déçu. D’abord, Wendie Renard, la patronne de la défense de l’équipe de France, a inscrit 43% des buts de son équipe (3/7). Si elle est en même temps à l’origine de 100% des buts encaissés par les bleues (1/1), ce malheureux contre-son-camp a révélé aux yeux de tous sa force mentale. Restant très solide en défense, s’imposant en l’air mais gardant également son sang-froid, elle a su garder ses nerfs à vif pour marquer le pénalty offrant la victoire contre le Nigéria après avoir raté le premier. La star de l’attaque, Eugénie Le Sommer, s’impose en attaque et est déjà à deux buts marqués.

Du côté de l’Amérique, les superstars ont également su être présentes au rendez-vous. Avec un seul match joué, la légende des Etats-Unis Alex Morgan est déjà à cinq buts et trois passes décisives. L’attaquante brésilienne Marta s’est permise de dépasser Miroslav Klose en devenant le première personne (hommes et femmes confondus) à dépasser la barre des seize buts en Coupe du Monde ! Inscrivant sa dix-septième réalisation à 33 ans contre l’Italie ce mardi à Valenciennes, elle a permis par la même occasion au Brésil de battre l’Italie 1-0 et ainsi de continuer l’aventure en Coupe du Monde.

Le pénalty de Marta qui délivre les brésiliennes

Le penalty a eu une importance capitale, cela montre que le suspens reste omniprésent, malgré la facilité de la majorité des équipes à se qualifier.

Des rencontres haletantes

Si les favoris se sont logiquement qualifié à l’issue des poules, certaines équipes ont quand même tremblé. La France a validé son billet, certes, mais a souffert à deux reprises, contre la Norvège et le Nigéria.

Bien que déja qualifiées, les équipes des Pays-Bas et du Canada se sont heurtées à un adversaire coriace : le Cameroun. Si les Canadiennes ont gagné d’un petit but, les Néerlandaises se sont vues tenir en échec à la mi-temps avant de l’emporter 3 buts à 1.

S’il y a déjà eu du suspens dans ce groupe E, le groupe C était pour sa part irrespirable. Opposant trois grandes nations : l’Italie, l’Australie et le Brésil ainsi que la Jamaïque, il nous a offert une dernière journée incroyable. Alors que l’Australie devait simplement se défaire de la Jamaïque pour finir parmi les deux premiers, le Brésil se voyait dans l’obligation de battre l’Italie pour au moins finir meilleur troisième. L’affiche entre les deux équipes s’est ainsi montrée extrêmement excitante. Il faudra attendre la 80ème minute pour voir le Brésil marquer le but de la victoire avec le fameux penalty de Marta.

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Occasions à la pelle, des gestes techniques en veux-tu en voilà, Italie/Brésil est sûrement le plus beau match des poules !

Le système de meilleur troisième se révèle être ce qui va sûrement permettre à des petites équipes d’accéder aux huitièmes de finale et de pourquoi pas faire sensation. Si la Chine, le Nigeria et le Chili ont de grandes chances de passer, la question reste en suspens pour l’Argentine et l’Ecosse. Alors que l’Ecosse ne peut plus que finir troisième, l’Argentine a l’occasion de se hisser à la seconde place. À la vérité, l’Albiceleste est la seule vraie révélation de ce Mondial. Comment est-elle devenue une équipe aussi dangereuse ?

Un David qui a chamboulé Goliath

À l’approche de la Coupe du Monde, on ne se faisait pas beaucoup d’illusions pour l’Albiceleste. L’équipe est arrivée en France sans avoir remporté le moindre match et inscrit le moindre but en 2019. Les défaites contre la Corée du Sud (5 à 0), la Nouvelle Zélande (2-0), l’Australie (3 à 0) présageaient une compétition très difficile pour l’Argentine.

Mais stupéfaction au Parc des Princes ! Pour son entrée en compétition, l’équipe accroche le match nul contre le Japon. La défense brille de milles feux avec un quatuor solide composé de Virginia Gomez, Agustina Barroso, Aldana Cometti et Eliana Stabile. Si l’attaque n’est pas aussi étincelante, le score est là : 0 à 0. Le public remarque alors le grand travail sur la défense effectuée à l’approche de la Coupe du Monde. Plus physique et soudée que lors des matchs de préparation, la base défensive de l’équipe s’est transformée en un véritable mur.

Les Argentines continuent sur leur lancée en perdant seulement 1 à 0 face à l’Angleterre. La gardienne Vanina Correa est ovationnée avec ses sept parades et son penalty stoppé. Si la base défensive est restée la même et ne se voit trouer qu’à la 61ème minute, l’attaque reste muette.

Correa éblouissante face à l’Angleterre (Crédit photo : Football.fr)

À l’approche de la troisième journée, l’inquiétude est de mise quant à la fraîcheur des joueuses de l’équipe. Mais tout porte à croire qu’elles sont capables de créer l’exploit contre l’Ecosse. Évidement, il sera impératif d’arracher la victoire. Les Écossaises n’ont jamais été aussi peu rassurantes. Malgré des victoires en matchs de préparation contre la Norvège ou le Brésil, l’équipe a pêché contre l’Angleterre et le Japon avec le même schéma : 2 à 0 à la mi-temps et une réduction du score tardive. Les joueuses écossaises sont à (déjà) quatre buts encaissés contre un seul pour l’Argentine. Mais l’Argentine n’a marqué aucun but, alors que l’Ecosse en est à deux inscrits.

Mais l’Argentine peut y croire, plus que jamais. Elle peut même sérieusement croire à la deuxième place puisque le Japon ne part pas favori contre l’Angleterre. Si l’Argentine gagne avec au moins deux buts inscrits et que le Japon s’incline, l’Albiceleste finira deuxième de la poule. Quoi qu’il en soit, si l’équipe perd son dernier match, elle repartira la tête haute, pour avoir mis à mal deux grandes nations du football.

Finalement, si les poules de la Coupe du Monde ont été logiquement dominées par les grands favoris, s’il n’y a pas eu de dégâts à ce niveau-là, le spectacle a été très présent et le suspens a rendu des rencontres haletantes. Les meilleurs troisièmes places permettent aux petits poucets de continuer à croire en leurs rêves. Parmi eux, l’Albiceleste sort du lot après deux prestations de haut niveau contre l’Angleterre et le Japon. Dernier obstacle : l’Ecosse pour accéder pour la première fois de son histoire aux huitièmes de finale. Et ça se passe ce soir à 21h !