Le titre de champion du monde à peine digéré, la première phase de la Ligue des Nations tout juste terminée que voilà déjà le début des qualifications pour l’Euro 2020. La France est tombée dans un groupe largement à sa portée. Même si le passé a déjà montré que les éliminatoires peuvent être compliqués. Est-ce une simple formalité pour les hommes de Didier Deschamps ?

Les Bleus tête de série sont tombés dans le groupe H avec un tirage clément. La France rencontrera l’Islande, la Turquie, l’Albanie, Andorre et la Moldavie. Les deux premiers du groupe sont qualifiés directement pour la seizième phase finale. Une compétition qui se disputera dans 12 pays différents en raison des 60 ans de la première édition qui avait eu lieu en 1960 sur le sol français. L’’Union Soviétique y avait été sacré. Une qualification qui devrait se faire sans trop de problème ?

Les matchs des bleus (crédit photo : LP/INFOGRAPHIE)

Islande, un air de déjà vu

L’Islande était également dans le groupe de la France pour les éliminatoires de l’Euro 2000 et la France avait gagné (3-2) à domicile mais n’avait pas pu faire mieux que match nul (1-1) en Islande. La nation n’était pas considérée comme une place forte du football mondial. Mais le pays a décidé d’investir dans des infrastructures dignes de ce nom dans les années 2000 et de promouvoir le football. Depuis, l’équipe a progressé et les résultats ont suivi dans les années 2010. Quart de finale lors de l’Euro 2016, c’est justement la France qui avait stoppé les Islandais (5-2) au Stade de France. Les Islandais ont même disputé le Mondial 2018, devenant le plus petit pays à disputer une coupe du monde avec ses 350 000 habitants. Bien emmené par Gylfi Sigurðsson qui joue à Everton, l’Islande classée désormais 37ème au classement FIFA sera un des plus sérieux adversaire des bleus.

« Forcément (les Français) sont les grands favoris de ce groupe, les champions du monde… C’est un groupe assez difficile avec la Turquie et nous, il y a beaucoup de respect pour l’Albanie aussi. »

Erik Hamren le selectionneur islandais pour le Figaro en décembre 2018

Lors d’un match amical en octobre 2018, les tricolores avaient été menés 2-0 avant que Kylian Mbappé ne marque deux buts pour arracher un match nul salvateur à Guingamp. Le sélectionneur suédois de l’Islande Erik Hamren avait réussi son coup pour ce match et espère bien renouveler cette performance.

La France avait du batailler en amical contre l’Islande en octobre 2018 (crédit vidéo : Youtube FFF)

Turquie, un déplacement corsé

La Turquie avait atteint un bon niveau au début du nouveau millénaire avec notamment une troisième place à la Coupe de Monde 2002 et une victoire symbolique 3-2 contre le pays hôte, la Corée du Sud. Mais celle-ci n’a plus disputé de Mondial depuis ce podium. Après une demi-finale à l’Euro 2008, la Turquie ne s’est pas qualifiée pour une compétition internationale hormis l’Euro 2016 avec l’Espagne, la Suède et la Belgique.

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L’équipe de Turquie à l’Euro 2016 (crédit photo : F365)

Le dernier match entre les Turcs et les Français date d’un match amical en juin 2009 où la France avait gagné 1-0. Mircea Lucescu n’est plus désormais le sélectionneur. Le magicien roumain n’a pu éviter la dernière place du groupe 2 en Ligue des Nations (Ligue B) mais la Turquie, avec Senol Gunes aux commandes depuis son dernier passage réussi en 2002, compte bien faire bonne figure dans ce groupe H. Pour cela, il compte s’appuyer sur les références turcs Burak Yilmaz, Hakan Çalhanoğlu, Çenk Tosun ainsi que Zeki Çelik qui fait une bonne saison à Lille.
Classée tout de même 39ème au classement FIFA, la Turquie n’est pas à sous estimer surtout dans son stade où l’ambiance sera très chaude. Les supporters turcs pour lesquels le football représente une vraie religion seront prêt à accueillir les champions du monde. Évidemment.

« Jouer en Turquie, ce n’est jamais simple. En plus, on sait qu’il y a une communauté turque en France et il y aura une belle ambiance. Ce sera un match attendu ! »

Umut Bozok, l’attaquant turc de Nîmes, pour RMC Sport en décembre 2018

L’Albanie, une vieille connaissance

L’Albanie est la seule équipe de la poule qui a déjà battu l’équipe de France, même si ce n’était qu’en match amical (défaite 1-0 en juin 2015). Plusieurs joueurs, aujourd’hui à des années-lumières du groupe France, étaient présents comme Paul-George Ntep. Une défaite qui avait fait désordre à l’époque.


La France avait perdu contre l’Albanie en 2015 en match amical (crédit vidéo : Youtube FFF)

La France avait pu prendre sa revanche lors de l’Euro 2016 où les Bleus avaient battu difficilement les Albanais (2-0) en marquant seulement à la 90ème et à la 96ème minute. Dans un stade Orange Vélodrome bouillantissime. L’équipe, désormais dirigé par l’Italien Christian Panucci, ne sera pas simple à manier non plus. L’ancien international transalpin espère bien jouer un vilain tour à Didier Deschamps qui était son entraîneur à Monaco entre 2000 et 2001. La France est prévenue.

« Pour nous, cela va être difficile d’affronter l’équipe de France, championne du monde. La France est le favori du groupe, nous allons essayer de gagner contre la Turquie. Quant à l’Islande, ça va être difficile. On va essayer de faire quelque chose d’extraordinaire et d’arriver deuxièmes »

Christian Pannuci pour L’Équipe en décembre 2018

Andorre, comme en 2000

Ironie du sort, l’équipe de France avait déjà hérité de la principauté d’Andorre (située entre la France et l’Espagne) après son premier titre de champion du monde 1998 pour les éliminatoires de l’Euro 2000. La France avait gagné ses deux confrontations sur des scores étriqués (2-0 et 1-0) face à une formation qui n’avait d’autres solutions que de défendre en étant bien regroupé derrière.

Le stade national d’Andorre (crédit photo : LiberoGuide.com)

Classé 133ème au classement FIFA, l’équipe d’Andorre – créée en 1994 – n’a jamais réussi à se qualifier pour une compétition internationale. Même si l’équipe progresse et peut s’accrocher à domicile comme le prouve sa victoire 1-0 contre la Hongrie en éliminatoires de la Coupe du Monde 2018. Du jamais vu depuis 2004.

Cependant, avec ses 85 000 habitants, Andorre aura bien du mal à exister dans ce groupe et devrait se disputer l’avant-dernière place du groupe avec la Moldavie.

Moldavie inédite

La Moldavie justement affrontera la France dans une affiche inédite. Les hommes de Didier Deschamps n’ont effectivement jamais joué contre cette modeste équipe classée dans les profondeurs du classement FIFA, plus précisément à la 170ème position. La Moldavie n’a pas beaucoup de référence sur la scène internationale et n’a jamais disputé une grande compétition du même acabit. L’équipe est surtout composée de joueurs du Sheriff Tiraspol, le club phare de la première division moldave. Ce pays, situé entre la Roumanie et l’Ukraine, possède également quelques joueurs confirmés comme Artur Ionita, qui joue depuis trois saisons à Cagliari en Serie A, et Radu Gînsari qui joue à Hapoel Haïfa en Israël depuis 2017.
Mais forcément, ce sera très compliqué de rivaliser dans ce groupe. A priori.

« Nous allons entrer dans l’histoire en jouant contre la meilleure équipe du monde. On veut démontrer que le football moldave n’est pas mort »

Alexandru Spiridon, le sélectionneur de la Moldavie, pour Le Figaro ce mois-ci.
La finale de l’Euro 2020 aura lieu dans le stade de Wembley le 12 juillet (crédit photo : Londres.fr)

La France est favorite de ce groupe H mais ne devra pas surjouer et se laisser endormir par des formations qui voudront taper le champion du monde. Après la désillusion suite à son absence pour le final four de l’UEFA Nations League, les choses sérieuses commencent avec les deux premiers matchs des Bleus ce vendredi avec un déplacement en Moldavie à Chisinau, puis la réception de l’Islande lundi prochain. La France serait bien inspiré de commencer par deux victoires afin de prendre un bon départ.

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