Il y a quelques jours, on présentait alors une Mannschaft version séniors, en difficulté. Malheureusement, outre-Rhin, on ne peut se réfugier vers la génération 2002 pour relever le niveau et les performances allemandes.

Engagés dans cet Euro U17 en Irlande (du 3 au 19 mai, NDLR), les Allemands, entraînés par Michael Feichtenbeiner, n’y arrivent pas, eux non plus. Même si, à l’heure actuelle, qu’un seul match a été joué, on peut d’ores et déjà prévoir une élimination prématurée pour les Aiglons. Explications.

Une série noire

Une seule victoire en 2019… Voilà le triste bilan qu’affiche la « Baby Mannschaft » ou pour les germaniques, « Das kind Mannschaft », depuis le début de l’année civile. Une victoire banale 0-1 obtenue sur le terrain de la modeste équipe slovène en qualifications de l’Euro U17. Sinon, c’est un bilan somme toute négatif et peu encourageant avant une telle échéance pour les jeunes joueurs.

Espagne, Portugal, Pays-Bas. Ces trois nations « majeures » du football en termes de formation et de jeunes joueurs ont toutes trois battues l’Allemagne. Quand on regarde ces nations, on peut se dire que ce sont des résultats qui ne doivent pas décourager. Mais de gros scores (3-1 au Portugal et 1-3 face aux Pays-Bas) ont terni l’image une génération dorée tant espérée outre-Rhin pour bouleverser les hiérarchies et redynamiser la Nationalelf.

En vain, ou alors devront-ils encore attendre une génération. Des nuls contre la Biélorussie (1-1) et l’Islande (3-3) à domicile avant de débuter l’Euro n’ont pas rassurés l’équipe juvénile gérée par l’ancien technicien du Vfb Stuttgart.

Michael Feichetenbeiner est le sélectionneur des U17 de la Mannschaft (Crédit photo : Rhein Zeitung)

En ce début d’Euro U17, la tendance s’est confirmée face à une brillante équipe italienne. Une défaite cuisante 3-1 et les coéquipiers du capitaine Márton Dárdai (DC, Herta Berlin) pointent à la quatrième et dernière place d’un groupe où figure également la non moins vaillante équipe espagnole, vainqueurs 3-0 de leur premier match face à l’Autriche.

Un parcours qui s’annonce donc semé d’embûches pour le clan allemand qui devra créer la surprise dès ce mardi face aux ibériques pour espérer composter un billet pour les phases finales.

Une nation quelconque ?

Le mot parait fort au premier abord. Mais si l’on s’intéresse aux résultats et au jeu démontré par les jeunots allemands, la Nationalmannschaft n’est plus une nation majeure dans les catégories de jeunes.

L’équipe des U17 Allemands alignée face à l’Italie le 4 mai dernier (Crédit photo : PIXATHLON/SID)

Vainqueurs de la compétition continentale en 1984, 1998 et 2009, les Allemands sont pourtant coutumiers du fait. Malheureusement, c’est une compétition qui leur réussit que périodiquement. On ne peut avoir une génération Götze/Ter Stegen/Mustafi (Euro U17, 2009) à chaque édition.

Finalistes en 2011, 2012 et 2015 et demi-finalistes lors des deux précédentes éditions en 2017 et 2018, l’Allemagne U17 ne démérite pas pour autant. La faute à des nations qui savent déjà (bien) jouer ensemble dès les catégories d’avenir.

Les U17 Allemands avaient remporté l’Euro 2009 avec, entre autres, Mario Götze et Marc-André ter Stegen (Crédit photo : UEFA.com)

L’Espagne et les Pays-Bas sont les deux nations fortes de ces catégories et notamment en U17. L’Espagne est neuf fois championne d’Europe contre six côté portugais, et trois pour les Néerlandais et les Allemands. La « Baby Mannschaft » n’y arrive pas quand les choses sérieuses commencent. Et cet Euro U17, 32ème du nom, ne devrait pas déroger à la règle.

Des objectifs moindres

Fortes ambitions peut-être, mais objectifs revus à la baisse, ça oui. La DFB (fédération de football allemande) ne peut être qu’observatrice des démonstrations que proposent la même génération des autres pays européens. Une première lourde défaite face aux Italiens avant d’affronter d’autres favoris au titre final, les Espagnols, ne faciliteront pas la tâche du sélectionneur allemand.

Un « groupe de la mort » qui semble se diriger vers un retour express au pays pour les jeunes joueurs d’outre-Rhin. L’Irlande et son trèfle à quatre feuilles ne vont pas suffire à Kerim Çalhanoglu, cousin de Hakan (AC Milan) ou encore Maximilian Beier, le buteur allemand, tous deux joueurs d’Hoffenheim.

Affaire à suivre en Irlande pour les jeunes représentants de la Mannschaft. Réussiront-ils à renverser la tendance et bouleverser les prévisions des bookmakers sur cette coupe d’Europe ? L’avenir est devant eux, ils sont jeunes, mais tous aimeraient déjà apporter à leur palmarès une belle coupe qui peut lancer une carrière.