En août dernier, le club de Fulham faisait rêver par un marché des transferts riche et prometteur, des joueurs de classe mondiale et un Craven Crottage plein à craquer. Au lieu de cela, une saison compliquée et très décevante.

Il aura fallu attendre la relégation officielle du club pour voir Fulham jouer le football dont l’effectif était capable. Entre des gâchis innombrables et des entraîneurs qui se suivent à la pelle, retour sur la longue année des Cottagers, une tragédie en trois actes.

Un marché des transferts alléchant

Troisième de Championship au terme de la saison 2017/2018 avec 88 points, Fulham remporte ses play-offs et retrouve l’élite pour la saison 2018/2019. Avec sa fortune avoisinant les sept milliards de dollars, le président Shad Khan n’hésite pas à mettre l’argent sur la table. Et les nouvelles recrues n’en finissent plus de pleuvoir en ce début d’été.

Le club s’offre ainsi le milieu de terrain de l’OGC Nice, Jean-Michaël Seri pour 30 millions d’euros. On reste sur la Méditerranée avec l’acquisition d’André Zambo Anguissa. L’ancien marseillais est vendu par le club phocéen pour 30 millions d’euros. Deux nouveaux grands noms complètent l’affiche : André Schürrle et Calum Chambers, tous deux prêtés respectivement par le Borussia Dortmund et Arsenal. Si le poste de milieu est bien garni, tous les autres postes vont être également remodelés.

Jean Michaël Seri, exemple parmi d’autres du mercato XXL de Fulham (Crédit Photo : Sportune)

Auteur d’une coupe du Monde de haute volée avec la Serbie, Aleksandar Mitrovic est arraché à Newcastle pour la modique somme de 20 millions d’euros. L’attaquant avait déjà été prêté à Fulham pour la fin de la saison 2017/2018. Sur l’aile droite, le club se voit prêter la pépite néerlandaise Timothy Fosu-Mensah, alors âgé de 20 ans, par Manchester United. En défense, Alfie Mawson, tout droit sorti de Swansea et Maxime Le Marchand, provenant de l’OGC Nice pour sa part, intégrent le club. Dans les cages, Fulham s’offre le gardien du Besiktas Fabri et celui du FC Séville Sergi Rico.

Sans ce nombre incroyable de transferts importants, Fulham faisait déjà rêver avec la valeur sûre du club depuis 2015 : Tom Cairney, membre de l’équipe type de Championship en 2017 et en 2018 ainsi que le prodige Ryan Sessegnon, alors tout juste âgé de 18 ans.

Ryan Sessegnon, véritable révélation du club lors de la saison 2017/2018 (Crédit vidéo : Youtube SportVideosMM)

Au commande depuis 2015, Slavisa Jokanovic, légende de l’équipe de Yougoslavie dans les années 1990, rassure beaucoup le public et les vestiaires. En 2015, à la tête de Watford, il était parvenu à faire monter les Hornets en Premier League. Depuis, le club n’est plus redescendu en Championship.

Chute à l’arrière du peloton

La bande annonce est faite de plein d’effets spéciaux, avec une affiche alléchante : un milieu auteur d’un doublé en demi-finale de Coupe du monde, une véritable star à peine majeure, des joueurs qui ont brillé en France. Mais dès les premières minutes de la pièce de théâtre, le public se rend compte qu’il assiste à une tragédie en plusieurs actes… À la douzième journée du championnat, les Cottagers font peine à voir, bon derniers avec cinq petits points marqués. Le club chute face à tous les adversaires abordables : Huddersfield, Cardiff, Crystal Palace.

Jokanovic semble impuissant et ne trouve pas de solution. A chaque match, la composition de la défense change. Fosu-Mensah est placé dès la deuxième journée en latéral droit. À l’aube du match contre Manchester City, Sessegnon, à l’avant lors des premiers matchs, est repositionné en latéral gauche. La sentence est irrévocable, le jeune anglais se fait manger par son compatriote Raheem Sterling et le Portugais Bernardo Silva.

Une équipe qui se pose des questions dès les premiers matchs (Crédit photo : Cottagers Confidential)

Les dix premiers matchs voient Fulham encaisser 29 buts avec 4 humiliations d’affilée à partir du 29 septembre avec un 3-0 concédé à Goodison Park contre Everton, un 1-5 à domicile contre Arsenal, un 4-2 contre Cardiff pour finir avec un 0-3 face à Bournemouth. Lors de ce dernier match, Kevin McDonald écope d’un carton rouge après avoir découpé David Brooks (Bournemouth). L’équipe, à la rue, plonge la tête la première dans les abysses de la Premier League.

Le 14 novembre, Claudio Ranieri débarque au club en étant accueilli comme un homme providentiel. Le club reste à ce moment là sur sept défaites d’affilée toutes compétitions confondues. Les Cottagers gagnent pour la première de Ranieri contre Southampton (3-2) et font un match nul rassurant contre Leicester, son ancienne équipe.

Chant du cygne, Acte 1

L’entraîneur italien semble avoir trouvé la recette miracle pendant le Boxing Day. Avec un trio défensif Odoi – Mawson – Ream très costaud, Fulham repasse devant Huddersfield au classement.

Mais la chute est encore plus lourde pour le club avec une lourde défaite le jour de l’an contre les Gunners sur le score de 4-1. Cinq jours plus tard, les Cottagers sont défaits en FA Cup par Oldham Athletic, club de D4. Mais c’est pas fini… S’en suivent de nouveaux échecs contre Burnley et Tottenham sur le même score 2-1.

Une équipe d’Oldham Athletic qui arrive à faire sa loi à Craven Cottage… (Crédit Photo : Fox Sports)

Le 29 janvier, les Cottagers se reprennent contre Brighton. La nouvelle recrue, Ryan Babel, tout droit sorti de Besiktas, signe une prestation de haute volée avec une belle passe décisive pour Luciano Vietto. Mitrovic, de son côté, se permet d’inscrire un doublé. Score final : 4-2. Fulham revient donc à six points du maintien, le stade est en feu. Le rideau se ferme avec un espoir qui renaît dans le coeur des supporters et des joueurs.

Chant du cygne, Acte 1, Scène 2 : après cette belle victoire contre les Seagulls de Brighton, Craven Cottage s’effondre dans une crise sans précédent. Le club enchaîne neuf défaites d’affilées ! Le 28 février, Ranieri quitte la scène et un nouveau personnage apparaît : Scott Parker. Accueilli comme le nouvel homme providentiel, le tout jeune entraîneur est connu et admiré par le public. En effet, l’ancien métronome de Tottenham jouait pour les Cottagers à peine deux ans auparavant.

Une lueur d’espoir quand la relégation s’officialise

Après une énième défaite le 2 avril contre Watford sur le score de 4-1, les Cottagers disent déjà au revoir à la Premier League. Ironiquement, c’est à partir de ce moment-là que Fulham propose un football tout à fait plaisant, digne de concurrencer le milieu de tableau. Mais c’est bien trop tard…

Le 13 avril, face à une équipe d’Everton qui joue alors la septième place et qui reste sur des victoires contre Chelsea ou Arsenal, Fulham délivre une prestation étonnante. Le jeune attaquant des Toffees Dominic Calvert-Lewin se voit muselé par une défense à quatre hermétique avec un Maxime Le Marchand très costaudes retrouvé. Tom Cairney et Ryan Babel s’illustrent avec un but chacun. C’est seulement la troisième fois de l’année que Sergio Rico finit le match avec un clean sheet.

Une équipe de Fulham étincellante à domicile contre Everton (Crédit Photo : Cottagers Confidential)

Le club enchaîne ensuite sur deux victoires sur le plus petit score contre Bournemouth et Cardiff. Scott Parker fait alors partie des nominés pour la distinction de meilleur entraîneur du mois d’avril.

Mais comme toute tragédie qui se respecte, la saison finit mal. Fulham termine sur une mauvaise note avec une défaite contre Wolverhampton 1-0 et une raclée 4-0 à la maison contre un adversaire abordable : Newcastle United.

La saison de Fulham peut donc se résumer à une suite de sursauts très courts suivie par des séries de défaites assommantes. Malgré un mercato XXL, le club londonien n’a jamais réussi à vraiment éblouir sur plusieurs matchs les supporters. Relégué, Fulham se voit déjà dépouillé par le mercato estival. Un véritable gâchis.