C’est une saison bien étrange que vit les Lions avec dix points de retard sur Sivasspor, le leader du championnat, et une piètre septième place au classement. Pourtant, les raisons d’un retour au premier plan existe pour Galatasaray. Question de standing et de noblesse pour le club le plus titré de Turquie.

S’il y a bien une chose à ne pas faire en Süper Lig turque, c’est d’enterrer les espoirs de Galatasaray. Un club porté par une tenace envie de conserver son titre malgré le retard à l’allumage de la première partie de saison. D’un côté, des joueurs revanchards et un entraîneur remonté, de l’autre des nouveaux arrivants. Un cocktail détonnant et qui pourrait (re)créer la surprise de l’an passé ?

« Salut, moi c’est Fatih et toi ? Moi c’est Radamel » Terim (à gauche) et Falcao (à droite), les deux hommes qui peuvent changer le destin de Galatasaray pour la deuxième partie de saison ? (Crédit photo : Akşam)

Blessures, Ligue des Champions et jeu défaillant

La saison du club n’est pas vraiment brillante, loin de là. Enfoncée à une place indigne de son rang, Galatasaray a semblé se chercher lors de la première moitié de saison. Certes, le championnat turc a permis l’éclosion de clubs tels que Sivasspor, Malatyaspor ou Alanyaspor mais le malaise a été plus profond. En causes ? Des faillites individuelles par rapport à la saison dernière (Sofiane Feghouli). Des problèmes de disciplines (Steven Nzonzi, qui a d’ailleurs quitté le club et Younès Belhanda) ou encore des blessures (Florin Andone, Radamel Falcao, Christian Luyindama).

Première partie de saison difficile pour le Galatasaray de Ömer Bayram (N°19), Yuto Nagatomo (N°55) et Ryan Babel (N°11) (Crédit photo : Internet Haber)

Un problème d’effectif et de qualités de jeu et des bonnes performances se comptant sur les doigts d’une main. Peu de satisfactions parmi lesquels figurent le gardien uruguayen Fernando Muslera, le Néerlandais Ryan Babbel (5 buts) et l’arrière-ailier turc Ömer Bayram (5 passes décisives). Une bien maigre moisson pour une équipe qui aura été malmener en Ligue des Champions. Face au PSG et au Real Madrid, le club turc n’aura jamais pesé et finira la compétition dernier de son groupe avec deux nuls et quatre défaites.

Younès Belhanda (à gauche) et Sofiane Feghouli (à droite) n’ont pas été décisifs. Mais, s’ils restent, Terim comptera sur eux (Crédit photo : Foot Algérien)

Dès lors, le fait de jouer sur deux tableaux avec un effectif amoindri et des performances individuelles défaillantes n’auront pas permis aux hommes de Fatih Terim de donner la pleine mesure de leurs talents supposés. En ce sens, qu’attendre du tenant du titre pour ce début d’année 2020 ? Difficile à dire tant la construction de l’équipe se poursuit mais des pistes émergent. Notamment à travers deux personnages-clés qui devront se mettre au diapason.

Docteur Terim et Mister Falcao, le point d’équilibre

Fatih Terim n’est plus à présenter en Turquie. Son palmarès, ses victoires, sa gouaille et sa personnalité ne laissent personne indifférents. Dès lors, après six mois calamiteux, la donne est différente. En effet, c’est un entraîneur remonté qui devra gérer la deuxième partie de saison. Une manière pour Terim de montrer que son prestige reste intact dans une saison difficile pour son prestige.

Radamel Falcao est attendu sur le terrain désormais, lui qui a mis un doublé lors de la dernière journée de championnat (Crédit vidéo : Youtube – Ajansspor)

Lui qui est également souvent accusé de donner la primeur du jeu aux joueurs étrangers contrairement aux locaux. L’entraîneur turc devra donc se remonter les manches et permettre à son équipe de refaire le coup de la saison dernière. En retard de nombreux points tout au long de la saison face à Başakşehir, Galatasaray raflera le titre lors de la trente-troisième journée.

Final du championnat 2018/2019 et un titre pour Galatasaray (Crédit vidéo : Youtube – Çirkin Kral)

Une victoire deux buts à un qui sera décisive pour chiper au nez et la barbe de Başakşehir. Une saison physique mais récompensée par un titre inespéré. Alors, bien repetita cette année encore ? S’il est encore trop tôt pour le dire, quelques pistes laissent à penser qu’ensemble, tout deviendrait possible. Le plus important étant le retour en forme et de blessures de Falcao. Lui qui devra justifier son statut de buteur au sein d’un club qui attend de lui monts et merveilles.

Fatih Terim, Arda Turan, Mustafa Cengiz : le bon, la brute et le méchant mais dans quel ordre et une possible source de problèmes au club ? (Crédit photo : Orta Doğu Gazetesi)

Ajustement d’effectifs et maux turcs

Dès lors, les grandes manœuvres ont bel et bien commencé avec l’arrivée de deux nouveaux joueurs. Une des faiblesses de l’effectif se situait sur le côté gauche où le Japonais Yuto Nagatomo était bien seul. Pour pallier cette carence, Galatasaray a amené, en prêt, le compatriote de Muslera en la personne de Marcelo Sarrachi (21 ans) du RB Leipzig. Mais surtout, avec le retour au bercail, en prêt une nouvelle fois, de Henry Onyekuru parti six mois à Monaco, Terim récupère un dynamiteur de défenses.

Marcelo Sarrachi, arrière gauche, est arrivé au mercato d’hiver à Galatasaray en provenance de Leipzig. Il sera le septième uruguayen à jouer en Turquie (Crédit photo : Sabah)

Une bonne nouvelle pour l’équipe puisque le Nigérian était un des joueurs ayant sonné la révolte la saison dernière. Sans compter le retour de blessure de Falcao et le retour en forme progressif de Sofiane Feghouli. Une équipe parée et chargée qui devra régler ses nombreux problèmes lors du stage d’hiver. Toutefois, le cas de Galatasaray évoque un autre point noir du football turc. Un des maux qui bloque souvent les équipes turques : la vision à court terme.

« Nous allons remercier pas mal de joueurs de l’effectif. Vous pouvez en être sûrs »

Fatih Terim va procéder à un grand nettoyage d’une équipe qu’il a constituée il y a six mois. La pénibilité du travail en cette période de grèves contre la réforme des retraites, en somme (NTV SPor)

Entre un mercato d’été raté et un rendement de joueurs très en deça de leurs capacités réelles. Un système de prêts de joueurs fluctuants et des joueurs, notamment locaux, qui ne sont pas mis au défi par leurs clubs, difficile de trouver des motifs de satisfactions. Surtout, cette période du mercato hivernal montre souvent que les clubs turcs préparent insuffisamment leurs débuts de saisons. En arrivant à se mettre dans des situations d’urgence et de « panic buy » souvent propices aux erreurs.

Bonjour, je m’appelle Henry (Crédit photo : Sud Info)

Le titre, mission impossible ?

Dix points, c’est en effet beaucoup et peu à la fois. Mais dans l’histoire et l’ADN de Galatasaray, ce genre de péripéties n’effraient pas. Quoi qu’il en soit, avec l’ajustement d’effectif qui n’est pas encore fini et l’arrivée (peut-être ?) possible de l’ancien joyeux du club Arda Turan libéré par Başakşehir, la donne peut changer. En ce sens, il faudra également voir ce que Terim et son président feront sur ce sujet épineux, eux qui ne sont pas d’accord à propos du retour éventuel de Turan au club.

« Arda Turan ne nous intéresse pas » ou « moi, je n’aurais pas dit cela à sa place » ?

Le président du club Mustafa Cengiz dit A et Fatih Terim dit B… un bel imbroglio en perspective ? (Orta Doğu Gazetesi)

C’est pourquoi, pour Galatasaray, si d’aventure les dirigeants arrivent à combler certains manques, la saison débutera dans huit jours. Un déplacement en Coupe de Turquie face à Rizespor puis en championnat (le 19 janvier, NDLR) face à Denizlispor, à domicile. Avec quel visage, quel système ? Peu importe au fond dans la mesure où Fatih Terim est considéré comme l’homme de l’impossible. Pour le meilleur ou le pire mais l’homme aura une partie du destin du club entre ses mains.

Pour Fatih Terim, un objectif : la lune (Crédit photo : L’Équipe)

Sa grinta, son charisme et son agressivité permettront à son équipe de se lancer à corps perdu dans la bataille. Tel que le lion qui représente le club, l’équipe ne se rendra jamais sans combattre. Il en leur faudra en tout cas de la force et du courage et cela préfigure une bonne nouvelle pour l’attrait du championnat. D’ici mai 2020, tout peut se passer alors à défaut de jeu léché, les supporteurs auront au minimum du suspense à tous les étages. Rien n’est moins sûr mais tout reste possible dans le football turc.