La ville d’Istanbul s’apprête à accueillir, ce vendredi à 19h, l’une des confrontations la plus attendue de la saison opposant les deux clubs qui se détestent le plus en Turquie : Fenerbahçe et Galatasaray.

Soyez prêt ! L’ouverture de la 11ème semaine du championnat turc se fera avec une rencontre considérée comme l’un des plus grands derbys au monde par plusieurs spécialistes sportifs. Ce match opposera les Lions et ses 21 titres de champion contre les Canaris (19 championnats). Avant ce match, les élèves de Fatih Terim sont troisièmes du championnat et comptent 10 points d’avance sur leur rival qui connaît un début de championnat très compliqué et qui sont positionnés à la 15ème place. De plus, les Jaunes et Bleus viennent de virer Phillip Cocu avant le derby, Erwin Koeman (ex-adjoint de Phillip Cocu) sera sur le banc ce vendredi !

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Le positionnement des deux clubs avant le grand derby d’Istanbul demain à 19h ! (crédit : Twitter FootballTurc)

Une grande histoire, une grande rivalité !

Istanbul est célèbre pour ses nombreuses équipes de football. Outre les « deux grands », il y a aussi la présence de Besiktas, Basaksehir mais aussi Kasimpasa qui est positionné 2ème du championnat. Le but initial pour les équipes de football de la ville était de réunir Galatasaray et Fenerbahçe contre toutes les autres équipes non turques de la ligue.

L’équipe se serait appelée Türkkulübü. Mais à cause de la guerre des Balkans en 1913, le président des Lions, Ali Sami Yen, et le Galip Kulaksızoğlu des Canaris ont dû s’arrêter et finalement abolir cette idée.

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Vous ne revez pas ! Un joueur de Galatasaray gifle un joueur de Fenerbahce en plein match … (crédit : twitter forzacimbomtr) 

En 1934, cette rivalité se manifesta lors d’un match amical où les deux équipes voulaient gagner mal. Le match a dû être arrêté plusieurs fois à cause de fautes lourdes. La tension élevée sur le terrain a provoqué une tension élevée dans les gradins. Le jeu s’est terminé avec des joueurs en train de se battre et le terrain ressemblait à une zone de guerre. L’arbitre a dû abandonner le match et c’était la fin des sorties amicales entre les clubs.

Fenerbahçe et Galatasaray sont les clubs de football les plus populaires en Turquie. Ils comptent tous deux de grandes bases de supporters qui les suivent de manière catégorique dans les matches nationaux et internationaux. La haine entre les deux parties était si intense à un moment donné que des incidents violents se produisaient fréquemment à Istanbul et dans toute la Turquie, en particulier avant ou après un derby. Cependant, les choses se sont assouplies aujourd’hui, l’approche modérée des footballeurs et des dirigeants atténuant les tensions au cours des dernières années.

La rivalité peut être reliée à des différences sociales, culturelles et régionales. Cimbom a été fondé en 1905 par des étudiants du lycée Galatasaray. Ainsi, les Jaunes et Rouges étaient considérés comme le représentant classique de la société de classe supérieure à Istanbul. Tandis que Fenerbahçe avait été fondé par des hommes locaux à Kadıköy, dans la partie asiatique d’Istanbul, en 1907. Les Canaris étaient connus comme le club des peuples et était considéré comme le représentant des ouvriers.

Une histoire qui commence dès le début du 15ème siècle

Les Lions représentent en effet un club formé sur des bases historiques qui définissent leur sujet. Nommé en l’honneur du lycée Galatasaray, fondé en 1481 et qui est la plus ancienne école de Turquie, l’équipe initiale a quitté tous ses joueurs. Les couleurs du club – rouge et or – ont été choisies par les roses préférées de Gül Baba, l’homme qui a fondé l’école au XVème siècle et célèbre poète d’Istanbul, tandis que son nom signifie gloire et courage. Suivant la devise et le nom de l’équipe, le club s’est renforcé dans son illustre avenir.

Ali Sami Yen a été le premier président, joueur et membre du club après avoir découvert le sport parmi les Anglais et convaincu ses amis de développer le lycée Galatasaray et de créer un département sportif en 1907. Il a permis à l’équipe de réussir et de remporter ses premiers titres de la Ligue d’Istanbul, une compétition qui cesse maintenant d’exister. Son influence sur le club l’a protégé des lois turques. Il a ensuite nommé un stade en l’honneur de son dévouement et de sa contribution envers les géants d’Istanbul.

Galatasaray a été la plus grande exportation de la Turquie dans les années 1990. Pour honorer cette étiquette, elle s’est tournée vers la nomination de gérants étrangers plus réputés qui renforceraient le club dans la suprématie internationale. L’un de ces hommes était Graeme Souness, arrivé de Liverpool, et qui fut à une époque l’homme le plus détesté d’Istanbul.

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Graeme Souness plante le drapeau Jaune et Rouge dans le stade de Fenerbahçe. Par la suite, et sans aucun doute, il deviendra la cible numéro 1 des supporters des Canaris … (crédit : photo GSCIMBOM)

Une grosse popularité des Canaris en Turquie

Contrairement à leurs rivaux traditionnels, le Fener est le club populaire de la ville. Formé en 1907 par Necip Okaner et Ziya Songülen dans le but de rester discret afin d’éviter une altercation avec la loi ottomane, ce dernier a joué en défense du club. Basés dans la partie asiatique d’Istanbul, leur nom reprend leur emplacement. « Fener » signifie en effet « phare » et est un site célèbre de la région de la mer de Marmara à Istanbul, tandis que « bahçe » veut dire en turc « jardin ».

L’emblème du club se compose de cinq couleurs et chacune d’elles a une signification significative qui représente l’histoire du club et le respect qu’elles ont pour leurs fans. La couleur rouge la plus importante représente l’amour envers le club et le drapeau de la Turquie. Le blanc affiche paix et pureté, le bleu marine montre la noblesse, le jaune symbolise l’admiration et l’envie tandis que la feuille verte explique que le succès du club est essentiel.

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L’ecusson des Canaris qui est issu de la couleur jaune et bleu (crédit : Color-Stickers)

Comme mentionné précédemment, la marine et le côté or ont une grande importance pour leur soutien toujours loyal. En tant qu’equipe possédant les plus supporters au monde, Fenerbahçe leur rend la pareille de toutes les manières possibles. Le plus célèbre étant le retrait du maillot numéro 12. Dans l’adulation de leurs fondateurs, l’équipe représente les citoyens colombes bleues et travailleuses d’Istanbul, contrairement à leurs rivaux qui représentent les riches. Classique et élégante, Fenerbahce est considérée comme le « plus noble » des trois ambassadeurs d’Istanbul sur la scène mondiale.

Tout comme Ali Sami Yen à travers le continent, les fans de Fener ont leur propre icône à regarder. Il porte le nom de Mustafa Kemal Atatürk représentant certainement un héros à tous les yeux turcs. Reconnu comme le « père de la Turquie moderne » pour sa direction du mouvement national turc et sa lutte pour l’indépendance, il aurait béni le club pour son « succès éternel » et le club a certainement suivi.

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Un tifo des supporters des Canaris sur Mustafa Kemal Atatürk lors du derby contre les Lions. Incroyable ! (crédit : fotomac)

Une supériorité des Canaris sur les Lions !

À l’heure où nous parlons, la domination de Fenerbahce sur Galatasaray est présente. Jusqu’à présent, les deux équipes se sont confrontés 388 fois, les Canaris comptent 147 victoires et 122 défaites face aux Lions, les deux grands d’Istanbul n’ont su se départager 119 fois. De plus, le club crée par Ali Sami Yen a su marquer 457 fois contre son rival. Cependant, ils ont encaissé plus de buts car les Canaris ont fait trembler les filets de Galatasaray à 509 reprises !

Celui qui a disputé le plus de fois ce derby se nomme Turgay Seren. L’ancien joueur de Galatasaray a pu jouer dans le plus grand match de Turquie 56 fois. Enfin, le meilleur buteur de ces chocs de Titans est bel et bien Zeki Riza Sporel avec 29 buts.

Départagé par le Bosphore, une guerre entre les deux équipes est d’actualité depuis plus d’un siècle !

Regarder cette vidéo préparé par Eric Cantona est une obligation !  Dans cette illustration, on vous explique l’importance du derby, l’ambiance et la folie en Turquie ! (crédit : youtube Galatasaray – Fenerbahce Belgeseli)

Hostile, agressif, combatif … Pleins d’autres synonymes similaires viennent à l’esprit pour être associé à ces deux équipes lors qu’elles se confrontent. Les Lions et les Canaris se détestent de la pire manière et cela se voit partout, y compris sur le terrain de football.

Le rouge et le bleu, les couleurs qui séparent les deux clubs ! (crédit: Fenerbahce vs Galatasaray, Sakatliklar)

Vous ne rêvez pas ! Des tensions lors de ce derby sont encore d’actualité entre les joueurs qui ont joué ensemble en sélection. Mais ce derby est à part, d’une dimension particulière. La Turquie s’arrête au moment du coup d’envoi. Dans la vidéo précédente, nous pouvons voir une grosse altercation entre Volkan Demirel et Sabri Sarioglu alors qu’ils ont disputaient l’Euro 2008 ensemble. Ne soyez pas étonné, cela est normal en Turquie !

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