Après les départs de Jean-Pierre Rivère et Julien Fournier à la présidence de Nice, c’est Gauthier Ganaye qui prend la place. Il prendra son poste après le mercato hivernal. Partons à la recherche de cette personne qui aura la lourde tâche de faire aussi bien que le précédent duo. 

C’est avec une certaine stupéfaction que nous apprenions le départ de Jean-Pierre Rivère et Julien Fournier à la tête de l’OGC Nice le 11 janvier dernier. Certes, des rumeurs de départ avaient été évoqués dans la presse en raison de quelques désaccords avec les propriétaires mais le travail réalisé par ces deux hommes était excellent.

Rivère-Fournier : un duo en or

Lorsque ces deux personnes sont arrivées en juillet 2011, Nice connaissait des saisons décevantes les années passées (17ème en 2011, 15ème en 2010 ou 9ème en 2009). Après sept années de collaboration, ils ont réussi à avoir des résultats inespérés sans avoir un budget colossal. On a tous encore en mémoire la saison 2015/2016 avec le retour spectaculaire d’Hatem Ben Arfa ou celle d’après avec un Mario Balotelli retrouvé.

Evolution du classement de l’OGC Nice

Mais ce qui a fait la force et la reconnaissance de Rivère et Fournier est la qualité du recrutement. Alors oui il y a eu quelques échecs (Wesley Sneijder par exemple), et c’est tout à fait normal. Or, si l’on regarde dans l’ensemble, le nombre de réussites semble supérieur aux échecs. De Jean-Michaël Séri à Dalbert en passant par Ricardo Pereira, tous ces joueurs étaient inconnus avant leur arrivée. Ils ont alors surpris tout le monde en montrant un talent indéniable.

Séri, Balotelli et Pereira : symboles de la réussite des deux dirigeants (crédit Photo : BeSoccer)

Outre les joueurs “inconnus”, les deux dirigeants ont tenté des paris. Des paris qui pouvaient paraître fous à vue d’œil. Qui aurait misé sur un Ben Arfa ou un Mario Balotelli en plein échec sportif ? Ils ont tenté, c’est passé. C’est ce qui a fait le charme du président et du directeur général pendant un peu plus de sept ans. Bonne chance à celui qui succédera au duo.

Qui êtes-vous Gauthier Ganaye ?

Aujourd’hui âgé de 31 ans, Gauthier Ganaye n’a jamais fait de carrière professionnelle dans le football bien qu’il en ait pratiqué dans sa jeunesse. Il opte plutôt pour des études de droit et de finance et fait différents stages au RC Lens puis il est embauché en juillet 2013. Il est nommé au service juridique et ensuite secrétaire général, où il s’occupe notamment du financier pendant deux années.

Et là, le grand saut. Il est nommé directeur général en 2017 dans le club anglais de Barnsley, club de Championship à sa nomination. C’est par ailleurs le plus jeune de toute l’Angleterre. Un symbole de précocité. Il doit s’occuper de son premier mercato en négociant les transferts, les contrats et la stratégie à long terme. Ce supporter du RC Lens recrute quinze joueurs dont le français Dimitri Cavaré en provenance de Rennes. Mais avec le plus petit budget de Championship, il n’avait pas le choix de prendre des joueurs âgés de plus de 24 ans. Son travail n’a alors pas suffi au maintien de son équipe puisque Barnsley termine avant-dernier de la deuxième division.

Dimitri Cavaré, l’une des recrues de Barnsley (crédit Photo : Africa Top Sports)

Va-t-il être une réussite à Nice ?

Son arrivée peut paraître surprenante aux premiers abords. Mais si l’on y regarde de plus près, il n’y a rien d’étonnant. En effet, Chien Lee, le président de Barnsley, est l’un des propriétaires du club niçois. Bien qu’il ne soit pas encore officiellement intronisé à son nouveau poste, Gauthier Ganaye s’occupe du mercato hivernal. Des points de désaccord apparaissent déjà avec Patrick Vieira, l’entraîneur. Le futur président souhaite prendre des jeunes joueurs à fort potentiel comme Lys Mousset par exemple alors que le coach veut de l’expérience (Valère Germain notamment). Des débuts légèrement compliqués donc.

Lys Mousset, un des joueurs souhaités par Gauthier Ganaye (crédit Photo : Girondins4Ever)

L’effectif niçois est très jeune (23,1 ans de moyenne) et peut donc rappeler l’équipe anglaise. Comme le faisait Jean-Pierre Rivère et Julien Fournier, le recrutement était basé sur la jeunesse. Cet été ont été par exemple recrutés Youcef Atal, 22 ans ou Myziane Maolida, 19 ans. C’est donc la même stratégie optée par Barnsley, un univers qu’il connait déjà. Il aura moins de mal à s’acclimater. Avec un stade flambant neuf et un centre d’entrainement nouvellement rebâti, il a toutes les cartes en main pour travailler convenablement.

En revanche, des erreurs dans le recrutement des jeunes joueurs pourraient coûter cher. Et la récente perte de Serge Recordier, le responsable technique au sein de la cellule de recrutement, risque d’être préoccupante. C’était en partie grâce à ce dernier si Nice réussissait de jolis coups sur le mercato.