Ce lundi, à 20h45, l’Équipe de France reçoit l’Islande dans le cadre des qualifications pour l’Euro 2020. Ce match se révèle comme un obstacle bien plus grand que la Moldavie.

Les Islandais avaient failli battre les Bleus lors d’un match amical en octobre 2018. La France avait arraché le match nul après avoir été menée 0-2… S’ils évoluent tous dans des pays et championnats variés, la concentration la plus importante de joueurs islandais se trouve au Royaume-Uni. Focus sur les grands footballeurs islandais du championnat anglais.

Une histoire riche pour un petit peuple

Avant de parler des stars actuelles, il est intéressant de voir qu’il y a déjà eu des joueurs islandais qui se sont illustrés en Angleterre, malgré une population d’à peine 340 000 habitants.

Grand défenseur de l’équipe nationale avec 80 sélections de 1984 à 2003, Guðni Bergsson est considéré comme une légende chez les supporters des Bolton Wanderers avec 270 matchs pour l’équipe de 1997 à 2003. Un autre défenseur s’imposera dans le club avec 126 matchs de 2007 à 2012 : Grétar Steinsson. Âgé de 37 ans, il est aujourd’hui scout (recruteur) à Everton.

Mais celui qui s’est le mieux illustré en Premier League, c’est bien
Eiður Guðjohnsen. Attaquant redoutable également passé par Bolton avec qui il joue 59 matchs, il cartonne pendant six ans à Chelsea de 2000 à 2006 en terminant avec un bilan incroyable : 78 buts en 186 matchs !

Gudjohnsen en compagnie de Frank Lampard et John Terry (Crédit Photo : The Mirror)

D’autres joueurs, plutôt que de rester dans un club, ont préféré faire la tournée des équipes anglaises. Du haut de ses 89 sélections, le défenseur Hermann Hreiðarsson aura participé à 315 matchs de Premier League dans les années 1990/2000 en passant par Crystal Palace, Wimbledon, Ipswich Town, Charlton Athletic et enfin Portsmouth avec qui il remporte la FA Cup 2007. Dans la même génération, Heiðar Helguson est un grand nom de Watford avec 205 matchs et 66 buts pour les Hornets. Mais il ne s’est pas arrêté à un seul club et a ensuite évolué à Bolton (encore !), chez les Queens Park Rangers et enfin Cardiff City.

Joey Guðjónsson passera, lui, par Aston Villa, Wolverhampton, Leicester, Burnley et enfin Huddersfield, tout ça pour 34 sélections. Ces exemples montrent la difficulté de trouver une place stable en Premier League. Il est plus compliqué de réussir dans ce championnat qu’en sélection nationale, en atteste le grand nombre de sélections des joueurs que l’on vient d’évoquer.

Certains même ont vécu la majorité de leur carrière en Championship, comme le défenseur Ívar Ingimarsson, 30 sélections de 1998 à 2007, qui a joué pour Brentford, Wolverhampton et Brighton avant de devenir une idole de Reading avec 251 matchs.

Autre joueur fidèle à Reading avec 142 matchs, Brynjar Gunnarsson est passé par Stoke City, Nottingham Forest et Watford. Malgré ses 74 sélections, il ne parviendra jamais à s’imposer dans un grand club anglais. Le passage en Premier League se révèle aussi comme un échec pour Jóhann Birnir Guðmundsson avec ses 22 matchs à Watford de 2000 à 2002, pour 8 sélections, mais aussi pour Lárus Sigurðsson qui, malgré ses 42 sélections, ne joue qu’une année dans l’élite avec quand même en tout 200 matchs à Stoke City et 116 à West Bromwich Albion.

La crème de la crème ces dernières années

Les homonymes des trois derniers joueurs dont on a parlé brillent et prospèrent dans l’élite, en opposition à leurs prédécesseurs.

D’abord, Aron Gunnarsson est devenu l’un des grands éléments de Cardiff City. Capitaine de la sélection nationale depuis 2012, il a été le symbole de l’exploit de l’Islande à l’Euro 2016 après la victoire en huitièmes contre l’Angleterre. Passé par Coventry City avec qui il a joué 123 matchs, le milieu de terrain en est à 263 rencontres disputées sous le maillot de Cardiff. Titulaire important dans le club gallois, il livre des prestations mitigées, à l’image de son équipe, actuellement 18ème. Il est pour autant l’un des protagonistes de la victoire contre West Ham United 2-0 le 9 mars dernier. Figure d’autorité dans le vestiaire islandais, il est souvent apprécié par sa capacité à remotiver les troupes.

Jóhann Berg Guðmundsson, du haut de ses 70 sélections, a maintenant 28 ans, et est devenu un joueur clé de Burnley. Très constant, il est à 3 buts pour 5 passes décisives cette saison. Lors du premier match des éliminatoires pour l’Euro 2020, il a signé une prestation contre Andorre de haute volée (sur la victoire 2-0) où il a pu montrer ses talents physiques et techniques en gagnant 10 duels et en réussissant 4 dribbles.

Enfin, Gylfi Sigurdsson, qui est passé par Tottenham et Swansea, est devenu un titulaire indiscutable au sein des Toffees d’Everton. Auteur de 12 buts cette saison, il est le meilleur buteur du club, débloquant souvent le score pour arracher des points plus que jamais précieux pour son équipe qui réalise encore une saison mitigée.

Le magnifique but de Sigurdsson contre Leicester le 8 Octobre dernier (Crédit vidéo : Youtube Everton Football Club)

Des talents cachés dans les divisions inférieures

La Championship recèle également cette année de bons joueurs islandais qui comptent beaucoup pour la sélection. Avec ses 74 apparitions avec le maillot national, Birkir Bjarnason évolue aujourd’hui à Aston Villa. Milieu central titulaire en Championship, il a marqué contre Andorre vendredi soir.

Jón Daði Böðvarsson, avec 42 sélections à son actif à 26 ans, est à 13 buts pour 52 matchs à Reading. Auteur de 7 buts rien que cette saison, il manquera le match contre la France à cause d’une blessure.

Bodvarson, le serial buteur de Reading (Crédits Photo : InYourArea).

Âgé d’à peine 18 ans, Patrik Gunnarsson est un grand espoir de la sélection nationale au poste de gardien. Il n’a pour autant disputé qu’un seul match avec Brentford, tout en faisant ses classes dans les équipes nationales jeunes.

Avec une belle histoire en Premier League, le football islandais compte sur des joueurs de poids dans le championnat anglais, de quoi inquiéter l’Equipe de France et promettre de beaux matchs à venir pour les qualifications pour l’Euro 2020.