Ce soir, Coupe du Portugal au menu. En match de la demi-finale retour, le FC Porto se déplace chez Braga. Après le 3-0 de l’aller, Porto rentre dans le money-time de sa saison. Là où tout se décidera. Avec son capitaine Hector Herrera pour guider son équipe. Avant un dernier tour de piste vers d’autres cieux.

Décidément, c’est l’amour fou entre Porto et Braga. Ces deux clubs se retrouvant cette fois en Coupe du Portugal ce soir. Après le 3-2 obtenu par les hommes de Sergio Conceição en marge de la vingt-septième journée de Liga NOS samedi dernier. Lors d’un match ô combien polémique. Mais il en faudra bien plus pour mettre à mal la volonté d’un homme. Le Mexicain Hector Herrera qui sera en mission. Pour bien finir le travail commencé dans son club de cœur.

Hector Herrera, le respect du capitaine (Crédit photo : As – English)

Mexique, un pays de légendes du foot

L’histoire est parfois cruelle ou ironique mais en aucun cas linéaire. Et la reconnaissance arrive souvent à la personne la plus patiente, humble et travailleuse. Tardive mais juste tant une aura peut se décider sur un coup de dès. Pas forcément le plus clinquant mais le plus sécurisant et équilibré.

Hector Herrera, un milieu de terrain complet, moderne et vaillant (Crédit vidéo : Youtube – GC11HD)

Lorsque l’on parle du football mexicain, quelques noms viennent principalement à l’esprit des suiveurs. Des joueurs qui ont marqué ostensiblement leurs époques respectives et surtout leur pays, le Mexique. Reconnus dans le monde entier pour leurs qualités, leurs fantaisies. Avec un pays dingue de football à l’excès.

Des joueurs reconnus dans le monde

Entre coups d’éclats, scandales, trophées et surnoms baroques. Que l’on songe au précurseur, l’attaquant Hugo Sánchez faisant parti de “La Quinta del Buitre” au Real Madrid. À l’immense mais néanmoins controversé Rafael Márquez qui fut le capitaine emblématique de la sélection mexicaine et ancien joueur notamment du FC Barcelone de Guardiola. Ou encore Javier Hernández alias “Chicharito” (petit pois), passé, lui, à Manchester époque Ferguson. On peut trouver plus ancien, Cuauhtémoc Blanco et son fameux coup du “Crapaud” lors de la Coupe du monde 1998. À chacun son style pour une nation férue de football jusqu’à en perdre la raison.

Chacun a certes laissé une tracé indélébile dans l’histoire de son pays. Mais si celui-ci rappelle le soleil et la fête, bon nombre de clichés sont également véhiculés lorsque l’on évoque la nation de l’actrice Salma Hayek. Avec en point d’orgue, la violence grandissante liée à la ville de Tijuana. Pourtant, au-delà de ces faits, un autre joueur mexicain, né dans cette même ville mérite toute l’attention qu’il devrait avoir. Et commence à enfin sortir du lot. Son surnom ? Il le signe à la pointe de ses pieds. Et tel le personnage TV, le fameux “Zorro” soit “Fox” ou “le Renard” en VO, tire sa légitimité d’une soif de justice grandissante. Son nom ? Hector Herrera.


Hector Herrera, un “fox” vraiment box-to-box

À bientôt 29 ans, Herrera, milieu de terrain du FC Porto, capitaine et au club depuis 2013, connaît enfin la reconnaissance. Celle dû à son rang et surtout à sa valeur. Celle d’un joueur de l’ombre mais qui est coché en premier par les entraîneurs lorsqu’il s’agit de définir le onze de départ. Pour son rôle et son leadership par l’exemple. Sans forfanterie, ni mise en scène de soi. Un vrai joueur de football dans le sens noble du terme.

À force de patience, de travail et de rigueur, avec aussi de la chance et du talent, tout en profitant pleinement de la culture de la gagne d’un club comme Porto pour se révéler, Hector Herrera s’y plaît. Le club du président Pinto da Costa étant connu pour être le spécialiste des bons coups notamment en Amérique du Sud. Les Colombiens Jackson Martínez, James Rodriguez et Radamel Falcao ou le Brésilien Hulk, recruté en D2 japonaise, en étant les exemples les plus flagrants. Herrera est donc dans la lignée de ces joueurs ayant une grinta et ne donnant jamais leur part aux chiens. Lorsqu’il s’agit d’aller au combat et de guider les siens vers les cimes du succès.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le numéro 16 de Porto peut être comparé à un milieu de terrain… anglais. Le fameux “box-to-box”, capable de renverser le jeu avec une transversale, puis de couper une attaque et de relancer rapidement. Paul Pogba est aujourd’hui de cette trempe. Bref, toute la panoplie du milieu de terrain moderne. Et dont les emblématiques représentants furent les Anglais Frank Lampard et Steven Gerrard. Ajouté à cela une technique fine et une capacité de soulager ses coéquipiers en marquant des buts. De près ou de loin. À son compère Danilo, la puissance physique, à Herrera, la passe dans le mouvement. Et forcément, un bonheur pour Conceição et Porto.

Riquelme en idole, l’Argentine en arrière-plan…

Hector Herrera, avant… Un petit air de Ángel Di Maria non? (Crédit photo : elcomercio)

C’est entendu, le joueur mexicain est une perle rare, un relais essentiel pour son club et un capitaine au long cours. Mais, de manière surprenante, deux liens l’amènent vers un pays pas si lointain : l’Argentine. Le pays du Tango, du football, de la théorie de celle-ci et des milieux de terrain à la conduite de balle chatoyante. Et dont un certain Juan Román Riquelme, passé par le FC Barcelone et Villarreal, en fut le digne représentant. Un numéro 10 à l’ancienne, spécimen rare de nos jours, et un véritable bonheur à voir jouer à son époque.

Herrera considère et s’en inspire au point de le citer comme une idole et un modèle dans sa trajectoire. On a connu pire comme comparaison. Ce qui n’a non plus échappé à son gardien et coéquipier à Porto, l’ancien gardien du Real Madrid, Iker Casillas. Un homme au premier rang pour en parler et qui a connu les deux joueurs. Casillas n’hésitant pas d’ailleurs à comparer Herrera à Riquelme. La boucle est bouclé. Ce compliment voulant tout dire de la part d’un des plus grands gardiens de l’histoire.

« Hector Herrera est un joueur très complet, utilisant à bon escient ses deux pieds. Il a une vision du jeu, il est fort et est capable de défendre pour récupérer le ballon dans les pieds de ses adversaires. Il dit souvent qu’il ressemble à Riquelme dont il aimait beaucoup le jeu. Et c’est vrai, il y a un air. Pour moi, c’est un grand joueur. »


San Iker adoubant Hector Herrera (Infobae)

… avec un air de Di Maria

Il existe également un autre lien entre le Mexicain et le pays de Maradona. Sa ressemblance très forte avec le milieu de terrain du Paris Saint-Germain. Un certain Ángel Di María. Ressemblance physique confondante mais désormais révolue. Dans la mesure où Herrera a été opéré du nez et des oreilles. Ce qui n’a pas réduit son activité footballistique. Bien au contraire.

Hector Herrera, après (Crédit photo : irishmirror)

Une fin de saison décisive… à plus d’un titre

Avec le mois d’avril et l’arrivée du printemps, bientôt les titres vont être remis à leurs vainqueurs. Jusque-là, la lutte sera acharnée notamment pour le FC Porto. Engagé avec férocité dans un mano à mano avec l’ennemi de Lisbonne. Le Benfica des duettistes João Félix et Haris Seferović pour le titre de champion du Portugal. Et qui donne des sueurs froides à tous les supporteurs des deux clubs. Puisque les deux équipes sont à égalité avec le même nombre de points (66) après 27 journées.

Et un quart de finale de Ligue des Champions contre le Liverpool de Mohamed Salah, la semaine prochaine en match aller, en Angleterre. Avec forcément l’occasion idéale pour Herrera de se montrer à l’Europe entière contre un adversaire anglais redoutable. Mais avant cela, dès ce soir, match de Coupe avec un travail à finir chez le Braga de Dyego Sousa. Pour aller en finale et tenter de remporter un nouveau trophée. Et viser un éventuel doublé sur la scène nationale.

Avant, ensuite de partir vers d’autres horizons et se rapprocher du gotha européen en terme de visualisation footballistique. Et ce gotha pourrait bien être du côté de Madrid. En effet, selon les dernières informations du quotidien sportif lusitanien A Bola, Herrera serait sur le point de signer chez les “Colchoneros” d’Antoine Griezmann et Diego Simeone libre de tout contrat cet été. Herrera apprend actuellement le portugais pour avoir la nationalité lusitanienne, mais surtout, obtenir une place d’extra-communautaire. Beaucoup de joueurs sud-américains utilisent cette démarche, c’est le cas de Luis Suarez qui à la double nationalité uruguayenne/italienne grâce à sa femme avec les avantages. On adhère ou pas.

La Liga n’acceptant pas plus de trois joueurs extra-communautaires, Herrera s’empresse d’apprendre le Portugais. Par intérêt ? (Crédit Twitter : @fcportopagefan1)

Son arrivée imminente sera aussi en compagnie de son coéquipier brésilien, le latéral gauche Alex Telles. Un Atletico visant, par ailleurs, des emplettes au Portugal. En gardant un œil attentif sur le défenseur central de… Benfica, Rúben Dias. La gageure de vouloir réunir des joueurs de Porto et du Benfica sous le même toit…

Finir le boulot et partir sans regrets

Dans tous les cas de figure, Herrera sera libre en fin de saison et un nouveau cycle commencera pour lui. Dans lequel, sa volonté de progresser et d’atteindre les sommets passera par une équipe forcément plus côté sur la scène européenne. Avec un championnat plus visible. Et pour bien finir cette histoire d’amour entre un joueur de devoir et un club à tradition tel que Porto, quoi de mieux que de la terminer en apothéose.

La fin de saison s’y prête et est idéale. Pour montrer à tous, notamment au Mexique, que désormais, il faudra compter sur une nouvelle idole. Ce lien générationnel permettant de relier l’histoire d’un pays, par le football. Un joueur peut-être pas le plus flamboyant mais avec un gros cœur et une volonté de réussir hors norme. L’essence des plus grands. Et tel “Zorro” avec son masque, Herrera surgira toujours pour protéger, secourir et partir à l’assaut. Pour son bien et celui de son club. Sans abandonner sa mission. Jamais.