La MLS et ses clubs ont attirés et attirent encore quelques stars dans leurs effectifs. Mais aujourd’hui, la ligue à des objectifs sur le long terme grâce notamment à un bon système de formation qui se développe de plus en plus.

Depuis le lancement de la MLS, de nombreux joueurs talentueux sont venus répandre leurs dernières gouttes de génie au pays de l’Oncle Sam. Ce phénomène s’est même intensifier avec la loi Beckham, au moment de la signature du play-boy anglais. Ces cadors ont mis la MLS et notamment New-York City FC en lumière. Mais aujourd’hui qu’en est-il du développement des jeunes américains ? La formation a-t-elle la priorité sur la signature de joueurs vedettes vieillissants ?

Les stars mettent la MLS dans la lumière

Pour se familiariser avec la loi Beckham, le salary cap, le statut de Homegrown Player ou la MLS SuperDraft

David Villa, Frank Lampard, Andrea Pirlo. Ces noms représentent des souvenirs du beau football des années 2000. Ils ont en commun d’être venus finir leur carrière en MLS et plus précisément au New York City FC. Le club de la grosse pomme a été fondé en 2013 et le tout premier joueur à y signer n’est autre que David Villa. Dans sa première année, les Sky Blues font le buzz en signant de gros noms mais possèdent une équipe assez hétérogène. Il y a alors une dizaine d’excellents joueurs vieillissants comme par exemple Andoni Iraola l’ancien latéral basque de Bilbao, en plus de leurs trois têtes d’affiche. Mais derrière, la profondeur de banc est assez famélique. On pourrait qualifier de joueurs “bon marché” le reste de l’effectif. Il fallait bien rentrer dans les clous du Salary Cap.

« Nous avons pris très tôt la décision stratégique d’intégrer des joueurs reconnaissables et reconnus dans le monde du football… »

Claudio Reyna, le directeur sportif du club (ESPN)
Résultats de recherche d'images pour « pirlo lampard villa »
Les trois stars des débuts du NYCFC : Villa, Pirlo et Lampard (Crédit photo : SleterFC.com)

Néanmoins, cette prise de risque a permis au club de se faire connaître dans le monde du ballon rond. Un premier objectif atteint. Le parallèle est assez facile avec la plupart des équipes de la MLS. La quasi-totalité des franchises ont connu une période de rayonnement grâce à un ou deux joueurs avant de se focaliser sur les fondations d’un club : la formation.

« Mais maintenant, je pense que nous sommes dans une phase différente en tant que club. 
Nous avons mûri et nos fans sont conscients que plus que tout, ils veulent voir une bonne équipe qui donne 100% pour le club et pour le maillot. C’est en quelque sorte notre objectif, et c’est là où nous en sommes aujourd’hui avec cette équipe. »

Claudio Reyna, durant ce même entretien, explique le changement de stratégie de NYCFC

Voici le deuxième objectif d’un club comme le New York City FC : viser une compétitivité sportive, et économique via les transferts, sur le moyen et long terme. Mais maintenant que le club est connu et scruté, il ne reste qu’à prouver au monde qu’ils savent ce qu’ils font.

James Sands, de l’académie à l’équipe pro

Image associée
James Sands, premier Homegrown Player de NYCFC entre Claudio Reyna, directeur des opérations du club et Patrick Viera, entraîneur de l’équipe première. (Crédit photo : frontrowsoccer.com)

Prenons James Sands, 19 ans, en exemple. À New York, c’est un symbole. La vison du futur du City FC. C’est le premier Homegrown Player du club à signer un contrat professionnel. Le jeunot est né dans l’état de New York et fait ses classes au NY Soccer Club, club local affilié au New York City FC. Il participera aux ligues de jeunes pré-académie organisées par le club professionel. Il y est repéré et rejoint l’académie du NYCFC lors de sa création en 2015.

Depuis il est couvé par les éducateurs et choyer par tout le personnel. Jeune homme intelligent, dans le jeu et dans sa vie, Patrick Vieira lui fera confiance avec ce premier contrat pro en 2017. Le milieu défensif jouera ses premières minutes en MLS à 17 ans contre les Colorado Rapids. L’histoire retiendra qu’il a remplacé Monsieur Andrea Pirlo. Tout un symbole du tournant pris par la franchise.

https://twitter.com/NYCFC/status/1123239276836212737
James Sands, 17 ans, avec Andrea Pirlo : comme un passage de témoin ! (Crédit Twitter : @NYCFC)

Comment Sands en est arrivé là et quelles sont ses perspectives d’avenir dans le soccer ? La réponse à ces questions est le fruit d’un raisonnement et d’un travail de longue haleine réalisée par la MLS. L’une des initiatives les plus intelligentes de la ligue a été de vouloir structurer son championnat et faire progresser ses jeunes. Afin d’avoir une longue espérance de vie dans le soccer, il fallait prévoir l’avenir. C’est en ce sens que les académies sont apparues.

Elle s’inspirent grandement du système des centres de formation « à l’européenne » avec des équipes de jeunes propres à chaque club qui disputent des championnats régionaux. L’autre grand chantier de la MLS est la formation des éducateurs. Car ce sont bien eux, qui vont polir les diamants de demain. Encore une fois, la ligue s’est tournée vers l’Europe, et plus précisément la France (cocorico !). Un partenariat est signé entre la FFF et la MLS et des entraîneurs américains se retrouvent régulièrement en stage à Clairefontaine. La FFF va d’ailleurs ouvrir sa propre académie dans la grosse pomme prochainement. Des structures adaptées, des éducateurs compétents, voici donc les éléments de réponse sur la bonne progression de notre ami James Sands.

Résultats de recherche d'images pour « partenariat mls fff »
Le renouvellement du partenariat MLS-FFF en juillet dernier (Crédit photo : FFF)

Les autres voies

Si le cursus via les académies semble relativement classique pour un Européen, il n’en est rien en Amérique du Nord. Le système sportif passe quasiment exclusivement par les universités. Il n’existe pas d’académie en NBA (basket), NFL (football américain) ou NHL (hockey sur glace). Les athlètes talentueux obtiennent généralement une bourse d’étude pour étudier et représenter l’université dans son sport de prédilection. C’est aussi le cas pour le soccer mais il reste un sport mineur en NCAA, organisateur du sport universitaire.

Néanmoins chaque année, comme dans les autres ligues, la MLS organise sa draft. C’est d’ailleurs lors de la SuperDraft de 2016 que New York City FC, grâce à un échange avec Chicago, obtient le premier choix en la personne de Jack Harrison qui jouait à l’époque pour l’université de Wake Forest, et aujourd’hui joueur de Leeds United. C’est là une autre voie pour atteindre le monde du soccer professionnel aux USA.

Résultats de recherche d'images pour « jack harrison wake forest »
Jack Harrison sous les couleurs de Wake Forest en NCAA (Crédit photo : ESPN)

Dernière étape pour James Sands afin de gagner sa place dans le onze new-yorkais : montrer de quoi il est capable en match officiel. Difficile pour un “gamin” de 17 ans d’avoir très régulièrement sa chance avec l’équipe première. Il ne jouera que 23 minutes pour sa première année chez les grands. Il est donc prêté à Louiseville en USL (deuxième division) afin de parfaire sa formation. Et même si l’expérience n’est pas une franche réussite pour lui (il ne disputera que trois matchs, NDLR), elle a le mérite de mettre en lumière l’importance des liens entre les clubs de MLS et les divisions inférieures. Il est nécessaire pour un jeune joueur de terminer sa formation par un niveau intermédiaire entre les U19 de l’académie et les joutes de l’élite nord-américaine. C’est en cela que l’United Soccer League a développé ses divisions, offrant notamment des championnats adaptés au jeunes et très jeunes pour les mettre en bonnes conditions. Les franchises de MLS sont d’ailleurs nombreuses à y inscrire une réserve ou une équipe U23.

Les différentes divisions du soccer nord-américain offrent une fin de formation adaptée

Home sweet home

Le retour à la maison sera bénéfique pour notre cher James Sands. Il commence à s’imposer dans le groupe pour être titulaire régulier en 2019. Objectif atteint donc pour le joueur et pour le club. Claudio Reyna, directeur des opérations football du NYCFC, insiste : “James Sands est ici pour jouer“. Il met l’accent sur la volonté du club de former et faire jouer de bons jeunes joueurs. C’est une solution économico-sportive idéale. Vous ne payez plus de transfert exorbitant pour attirer de grands joueurs si vous parvenez à les former, et au contraire, vous pouvez réaliser des plus-values intéressantes qui seront utilisées pour continuer de développer le club.

Résultats de recherche d'images pour « academy nycfc »
Le parcours de James Sands jusqu’au NYCFC est assez similaire dans les autres franchises de MLS (Crédit : New York Soccer Club)

Un système d’avenir ?

Toutes les franchises de MLS embrassent maintenant cette philosophie, particulièrement le FC Dallas, le Real Salt Lake et New-York Red Bulls. Ils ont compris la viabilité de ce système qui amène patiemment des joueurs comme James Sands vers les sommets.

D’autres franchises, comme le rival New Yorkais, jette également leur dévolu sur la formation, avec beaucoup de réussite !

Justin Haak, même pas 18 ans, quatre minutes jouées en MLS avec le City FC, espère lui aussi faire une grande carrière grâce au bon travail de la ligue américaine et de son club. Il a fait ses débuts avec son club formateur en juin 2019 devenant le deuxième plus jeune à disputer un match sous le maillot de NYCFC derrière un certain.. James Sands ! Cette jeunesse nous la retrouverons sans doute au Mondial 2026 où la sélection US aura à cœur de se montrer à son avantage chez elle.