La Liga NOS propose un nouveau chassé-croisé entre le Benfica et le FC Porto cette saison. Pour les hommes de Sergio Conceição, l’objectif sera de récupérer le titre des mains de leurs rivaux. En comptant pour cela sur l’inusable Jesús Corona.

Dans le match-phare de la quinzième journée de Liga NOS, le FC Porto aura réussi à ramener trois points précieux. En déplacement face au Sporting de Bruno Fernandes, les hommes de Sergio Conceição auront réussi à s’imposer deux buts à un. Cependant, au-delà du match en lui-même, un homme aura mis en lumière sa capacité d’adaptation à n’importe quelle situation.

Jesús Corona, un des cadres du FC Porto (Crédit photo : Be Soccer)

Un milieu multidimensionnel

Dans la vie d’un footballeur, il arrive parfois qu’avec le temps certains se positionnent à d’autres postes. Tel milieu de terrain peut changer du tout au tout et passer en défense comme Laurent Blanc à Montpellier. Tel attaquant peut se recentrer sur un côté ou un tel arrière latéral peut finir ailier (Jérémy Pied à Nice, Jesus Navas à Séville). Cependant, il est assez rare qu’un joueur réussisse à combiner tous ces postes dans un même corps.

C’est la gageure qu’a réalisée le milieu à tout faire du FC Porto. Lors de la rencontre au sommet de la quinzième journée de championnat face au Sporting donc, le Mexicain Jesus Corona aura débuté la rencontre en tant que latéral droit. Un positionnement étonnant mais pas tant que cela lorsque l’on connaît l’histoire du joueur. Surtout un choix payant pour son entraîneur puisque le numéro dix-sept de Porto n’aura mis que six petites minutes pour se mettre en valeur.

Jesus Corona n’a pas perdu de temps (Crédit vidéo : Youtube – VSPORTS – Liga Portuguesa)

Dès la sixième minute, sur le côté droit donc, Corona fera une belle passe décisive du… gauche. Une bonne transversale qui permettra finalement à l’attaquant malien Moussa Marega de marquer. Une bien belle mise en perspective de la polyvalence pour le natif d’Hermosillo (à 270 km de la frontière américaine, NDLR) qui effectue une bien belle saison. Lui qui, avec six passes décisives à son compteur se situe derrière les inamovibles Pizzi (Benfica) et Bruno Fernandes (Sporting).

Le Mexicain qui danse le Vieux-Continent

Né en 1993 à Hermosillo, formé au CF Monterrey, Jesús Corona est le prototype du joueur mexicain. Petit en gabarit mais d’une vivacité hors normes doublé d’une technique complète, Corona suivra en ce sens le destin d’un certain Carlos Salcido. Un bien beau parcours que celui de cet ancien défenseur du PSV Eindhoven durant quatre saisons. En effet, Salcido est en quelque sorte lié à Corona à un double niveau.

Jesús Corona sous le maillot du FC Twente (Crédit photo : Mais Futebol)

D’une part, son parcours aux Pays-Bas qui balisera probablement celui de Corona qui sera transféré à FC Twente de 2013 à 2015 (51 matchs, 13 buts, NDLR). Durant deux saisons, ce dernier effectuera un bon parcours dans ce club du nord-est des Pays-Bas. D’autre part, en équipe nationale car en 2014 lorsque Salcido arrêtera sa carrière internationale, Corona débutera la sienne. Dans un match et une victoire face aux… Pays-Bas avec une passe décisive du débutant pour l’attaquant Carlos Vela.

« Sur les dix dernières années, Jesús Corona a réussi à déloger James Rodríguez de son trône de meilleur passeur au FC Porto (40 vs 36 pour le Colombien, NDLR). Il est simplement devancé par Alex Telles (48) »

Jesús Corona, bien plus qu’un joueur (Be Soccer)

Par la suite, le Mexicain signera en 2015 au sein du FC Porto afin de poursuivre son évolution contre 10,5 millions d’euros. Des cadres idéaux dans des championnats peu médiatisés mais où le football est roi. Une certaine idée d’une progression jamais démentie depuis lors pour un joueur solide et fiable en toutes circonstances.

Une histoire de noms et de boissons

Mais ce qui rend l’histoire de Jesús Corona assez incroyable est l’histoire de son surnom. Il arrive souvent que les joueurs mexicains se trouvent des surnoms souvent baroques. Personne ne peut oublier « Chicharito » pour l’ancien mancunien « petit pois » Javier Hernández. Sans compter l’ancien gardien de l’AC Ajaccio, « Memo » Ochoa. Jesús Corona lui a eu droit cependant à un surnom par obligation. En effet, celui que l’on appelle parfois surnommé « Tecatito » tire son surnom à travers une histoire de marques.

Jesús Corona en action avec la sélection du Mexique (Crédit vidéo : Youtube – GOO Films)

Corona étant une marque de boissons à ne pas mettre entre les mains des moins de 18 ans, c’était également le nom d’une marque concurrente. Voulant éviter à tout prix de prononcer le nom du milieu de terrain lors des rencontres afin de ne pas faire de la publicité, les dirigeants du CF Monterrey trouvèrent la parade. Plutôt que Corona, ces derniers demandèrent au joueur de prendre celui de « Tecatito ». Du nom de la gamme de boissons produites par le sponsor de son club.

Une histoire bien singulière mais qui démontre sur le fond l’incroyable capacité de résilience de Jesús Corona. Capable d’endosser des surnoms comme de jouer à tous les postes sans rechigner. Un vrai bonheur pour ses dirigeants, coéquipiers et entraîneurs finalement.

Un cadre bien assumé à Porto

Au sein d’une équipe de Porto en manque de leaders, Corona a pris le leadership. En effet, entre le départ du milieu à tout faire Héctor Herrera (Atletico de Madrid) ou les problèmes de santé de Iker Casillas, le latéral droit prend sur son compte le rôle de chef de groupe. Présent dans l’équipe depuis 2015 maintenant, le numéro dix-sept est désormais un cadre établi. Un joueur sur qui tout le monde peut compter et qui montre l’étendue de son talent.

Bien plus qu’un nom, une marque (Crédit photo : Dirty South Soccer)

Seule ombre au tableau, une histoire de blessure survenue l’an passé et qui aura mis un peu de distance entre le sélectionneur et lui. Corona, blessé avec Porto à l’époque, n’était pas venu faire constater sa blessure. Ce qui provoquera l’ire de Gerardo « Tata » Martino envers lui. Toutefois, rien de rédhibitoire loin de là pour, là encore, un cadre « d’El Tri » (surnom de la sélection mexicaine, NDLR).

En ce sens, la saison actuelle peut être charnière pour Jesús Corona. Sur le plan national, il aura pour mission d’emmener le FC Porto vers les cimes du succès face à un Benfica flamboyant. Pour une équipe souvent critiquée à travers son entraîneur pour son manque de fond de jeu, Jesús Corona est la matrice essentielle. Celle qui permet de huiler les rouages en colmatant les brèches. Afin que son équipe réussisse à avancer et empocher des points. Un retard de quatre unités à surmonter et une finale avant l’heure. Le 9 février prochain, le FC Porto recevra le Benfica. D’ici là, Jesús Manuel Corona alias « Tecatito » réussira sans doute à se faire mousser. Pour le plus grand bonheur des supporters de Porto, du moins jusqu’en 2022.