Compétition sacrée en Angleterre, la FA Cup n’a absolument rien à envier aux autres coupes nationales du monde.

Bien qu’en janvier 2019, l’entrée en lice des grandes équipes anglaises coïncide avec celui des équipes françaises en Coupe de France, force est de constater que les deux tournois n’ont pas du tout le même prestige. Pourquoi peut-on considérer la FA Cup comme bien plus qu’une simple coupe ?

Le Berceau du football

En 1863, la Fédération anglaise de football (FA) voit le jour. C’est la première association chargée d’organiser le sport. Sous son impulsion, apparaît la FA Cup en 1871. À ce moment-là, le professionnalisme n’est pas encore autorisé (1885) et le championnat n’existe toujours pas (1888-1889). Les premières équipes sont amateurs.

Lors de la finale de 1872, opposant les Wanderers de Londres aux Royal Engineers, 2000 personnes se pressent dans l’enceinte du Kennington Oval, un stade connu pour accueillir des matchs de cricket, pour voir l’emporter les Wanderers grâce au but de Morton Betts, à jamais le premier.

L’équipe des Royal Engineers en 1972. La première à exploiter le jeu de passe (Crédit Photo : Wikipédia.org)

La FA Cup est la plus vieille compétition nationale au monde. Pour la comparer aux autres grands pays de football, la coupe nationale est apparue en Espagne en 1907, en France en 1917, en Italie en 1922, en Allemagne en 1935. La FA Cup est donc un symbole. Celui de la création du football. Tout au long de son histoire, elle va refléter l’effervescence croissante pour ce sport.

Une affluence monumentale

La FA Cup et la Coupe de France n’ont absolument rien à voir en terme d’affluence. Quand les stades français sonnent creux pour un Lille – Sochaux, le sol gronde près des enceintes anglaises. Événement national, la finale attire un nombre mirobolant de spectateurs, et ce depuis le tout début.

Les premières finales de FA Cup, dans les années 1870, accueillent quand même quelques milliers de spectateurs. On arrive en 1885 à la dizaine de milliers. Et en 1893, déjà, 45 000 personnes assistent à l’intérieur du Fallowfield Stadium à la victoire 1-0 de Wolverhampton sur Everton.

À travers les affluences de cette coupe, on comprend la progression du football dans la société anglaise. Un sport qui explose à l’entrée dans le XXème siècle. La centaine de milliers de spectateurs est atteinte en 1900 à Crystal Palace, lors du match entre Tottenham et Sheffield United soldé par la victoire des Spurs.

Mais s’il y avait une seule finale à retenir, cela ne fait aucun doute, ce serait celle de 1923 entre Bolton et West Ham à Wembley. Une rencontre ancrée à jamais dans l’histoire du football anglais. Et, chose étonnante, ce n’est pas le match en lui-même qui est entré dans la prospérité, mais l’agitation autour. Quelques heures avant que le coup de sifflet soit donné, le trop grand nombre de spectateurs à l’enceinte du stade provoque des bousculades importantes. Les gens sont obligés de se réfugier sur la pelouse, faute de place. La police est obligée d’intervenir et l’image du cheval blanc «Billie», monté par un policier, rentre à jamais dans l’histoire du sport anglais. On estime au final 300 000 spectateurs lors de ce match, tenu à Wembley pour la première fois de l’histoire de la FA Cup.

Billie, le cheval monté, symbole de l’effervescence d’un peuple pour une finale de FA Cup (Crédit Photo : Sofoot.com)

De 1935 à 1985, le nombre va pratiquement être toujours à 100 000 spectateurs en moyenne. Un chiffre qui va lentement baisser jusqu’à 71 000 au Millénium Stadium de Cardiff en 2006 (tout simplement parce que le stade était plus petit) pour être maintenu à environ 90 000 spectateurs depuis 2007, dans l’enceinte mythique de Wembley.

Un peuple et des équipes beaucoup plus concernés

Si l’on peut voir en France des équipes qui délaissent la Coupe de France, avec des exploits de « petits poucet s» fréquents (on pense à la présence en finale de Quevilly en 2012 ou des Herbiers en 2018), les clubs de Premier League prennent beaucoup plus à cœur la compétition. Les finalistes sont dans la majorité du temps des équipes du Big Four. Au XXIème siècle, on compte comme seules surprises en finale les formations de Millwall en 2004 et Cardiff en 2007 qui s’inclineront toutes les deux.

Les clubs jouent vraiment le jeu à la manière d’un match de Premier League, en alignant souvent les 3/4 de l’équipe première. Ce qui pousse inévitablement les supporters à suivre de près ces rencontres. L’objectif n’est pas de faire tourner mais vraiment d’assurer la victoire. Ainsi, les derniers vainqueurs de la FA Cup sont les grosses écuries de Chelsea, Arsenal et Manchester United. Comme par hasard.

Le but mythique de Roberto Di Matteo face à Middlesborough, à la première minute de la finale 1997. (Crédit : Youtube)

La FA Cup est déjà une récompense extraordinaire pour les vainqueurs. Mais il faut ajouter que l’équipe gagne également deux billets : un Community Shield (équivalent du Trophée des Champions en France mais qui se dispute en Angleterre) ainsi qu’une place en Europa League.

Le règlement unique fait également la particularité de la compétition. La demi-finale se joue en aller et retour, sur terrain neutre. Et avant les demi-finales, si les deux équipes font match nul, il n’y a pas de prolongation, le match est rejoué. Cela pousse les équipes à se battre pour arracher la victoire et ne pas se taper un nouveau match dans les jambes.

Par son histoire, son importance dans le coeur des supporters et son prestige, la FA Cup se montre comme bien plus qu’une simple coupe, un véritable symbole du football anglais. Pensez-y la prochaine fois que vous verrez un match de FA Cup !