L’Impact de Montréal vit un joli début de saison 2019 en MLS et nourrit de grandes ambitions pour la suite de la compétition et les années à venir.

À la suite d’une année 2018 compliquée, l’équipe entraîné par Rémi Garde semble aujourd’hui capable de jouer sa carte dans la course aux playoffs. La philosophie et la structuration imposées par l’ancien technicien de l’OL commencent à porter leurs fruits d’un point de vue sportif. Présentation de la French Connexion de Montréal qui contribue aux bons résultats de l’Impact.

La traversée de l’Atlantique

Ils sont sept joueurs et neuf membres du staff technique à l’Impact. Soit seize personnes étroitement liées à la nation des lumières qui oeuvrent pour les meilleurs intérêts de l’équipe québécoise. Montréal et la France, ça ne date pas d’hier. Les liens forts et historiques entre le Québec et l’hexagone existent depuis le débarquement de Jacques Cartier dans la Belle Province en 1534. La ville montréalaise connaît, aujourd’hui encore, une influence culturelle extrêmement francophone.

À Montréal, on trouve des boulangeries, du foie gras et Bacary Sagna. C’est sans doute ce mode de vie hybride américano-européen qui a motivé cette escouade tricolore à franchir l’Atlantique. Ça et les projets de Rémi Garde pour le club bleu-blanc-noir.

Montréal, une ville multiculturelle extrêmement accueillante (Crédit photo : QuébecOriginal)

Rémi Garde, capitaine du navire

Le 8 novembre 2017, Joey Saputo, alors président de l’Impact de Montréal, annonce que Rémi Garde sera le nouvel entraîneur-chef pour 2019 de l’équipe évoluant en MLS. Il devient alors le premier coach français de l’histoire du club. L’ex-technicien de l’Olympique Lyonnais et d’Aston Villa arrive au Canada avec ses adjoints Joël Bats et Maxence Flachez (qui ne sera resté qu’un an) ainsi que son préparateur physique Robert Duverne. Le seul adjoint du dernier entraîneur (Mauro Biello) conservé est le Français Wilfried Nancy. Il complète une équipe de coach 100% made in France qui sera encore renforcé en 2019 par Rémy Vercoutre, en charge des gardiens de buts, et venu remplacé numériquement le départ de Flachez.

Rémi Garde présente ses adjoints en 2018
(Crédit photo : André Pichette, LA PRESSE)

Rémi Garde veut s’inscrire dans la durée dans ce club. Il a signé un contrat de trois ans et compte bien s’appuyer sur ce qu’il connaît. Ses équipes sont généralement composées de jeunes joueurs prometteurs mixés à d’anciens briscards qui connaissent le métier. À Montréal, il travaille à faire progresser le plus rapidement possible les jeunes du club. Le directeur de l’académie est d’ailleurs lui aussi un frenchy : Philippe Eullaffroy. Ajoutons à cela deux autres compatriotes de l’entraîneur : le thérapeute en chef, Julien Lamblin, et l’ostéopathe, Renaud Dumortier.

Reste ensuite à trouver ses relais sur le terrain. Les anciens cadres Bush et Piatti sont ainsi confortés dans leur rôle de leader. Garde s’appuiera aussi énormément sur Cabrera et Raitala, deux hommes de confiance. Mais via un recrutement pertinent, il ira chercher des hommes d’expérience, des joueurs pouvant faire franchir un cap à l’Impact de Montréal.

Un recrutement très francophone

L’arrivée de Bacary Sagna à Montréal en 2018
(Crédit photo : Radio-Canada.ca)

En deux mercatos, plusieurs noms familiers dans l’hexagone ont circulé du côté du fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui, ils sont sept à entretenir un lien avec la France et à porter le « chandail » de l’équipe québécoise : le gardien de but Clément Diop (ancien du LA Galaxy et de l’ES Vitry), les défenseurs Rudy Camacho (Waasland-Beveren et CS Sedan), Zachary Brault-Guillard (OL), Zakaria Diallo (Stade Brestois), Bacary Sagna (on ne présente plus l’ancien international), le milieu Saphir Taïder (Grenoble Foot 38, Inter Milan, Bologne) et l’attaquant Harry Novillo (OL, Melbourne City, la Malaisie).

Des parcours et des motivations différentes qui créent une synergie redoutable. Il y a là des joueurs qui veulent enfin prouver qu’ils ont le niveau d’une ligue compétitive (Camacho, Novillo), un autre qui souhaite relancer sa carrière et montrer son talent (Taïder) et celui qui cherche un dernier beau défi (Sagna).

« Avant même que j’arrive, il y avait pratiquement 30 % de l’effectif qui quittait l’équipe […] Je dirais qu’on en a payé le prix en début de saison. Aujourd’hui, le chantier est moins important en quantité. Il est très important en qualité, mais différent. »

Rémi Garde, le 1er novembre 2018, sur sa première saison en MLS

Le contingent français aurait même pu être plus important à Montréal. Rod Fanni, joueur montréalais en 2018, n’a pas été conservé pour 2019. On peut voir là une volonté de rajeunir l’effectif et de donner sa chance à Zakaria Diallo. Jimmy Briand a été tout proche de s’engager avec l’Impact à l’été 2018. Suite à sa bonne saison avec Guingamp, les négociations avec le joueur étaient très avancées mais ont malheureusement capoté de manière assez inexplicable (avantages en nature concernant entre autres la scolarité de ses enfants) à la dernière minute. Il a alors signé aux Girondins de Bordeaux. Qu’importe les pertes et les ratés, Rémi Garde a construit son équipe dans un seul but : atteindre à nouveau les playoffs.

Zakaria Diallo est devenu un pilier de la défense bleu-blanc-noir (Crédit photo : Impact de Montréal)

Des résultats attendus

Après une première saison mitigée, Garde a aujourd’hui une équipe qu’il a entièrement façonnée. L’ancien joueur d’Arsenal impulse un style de jeu conquérant basé sur les duels et la force physique. Ajoutons à cela la technique raffinée de Piatti et Taïder et voilà une équipe qui engrange des points.

En effet, le début de saison des hommes en bleu-blanc-noir est excellent. Obligé de jouer pendant un mois et demi à l’extérieur en attendant la fonte des neiges pour l’utilisation de leur Stade Saputo, l’Impact a plutôt bien négocié cette période délicate. Avec deux victoires et deux nuls en six matchs, tous joués à l’extérieur, l’équipe est alors en milieu de tableau.

L’impact est deuxième au classement de la MLS (crédit Twitter : La MLS en français)

À partir du 13 avril, les joueurs retrouvent enfin leur stade. Deux victoires à domicile (le premier but au Stade Saputo est l’oeuvre de Novillo) plus un bon coup chez les New England Revolutions font oublier le 7 à 1 subi sur la pelouse de Kansas City. Malgré l’absence sur blessure de leur maître à jouer Nacho Piatti, l’Impact de Montréal est à l’heure actuelle deuxième de la conférence Est avec autant de points que le leader DC United.

Le premier but à domicile en 2019 est signé Harry Novillo (Crédit vidéo : YouTube Impact de Montréal)

Un classement qui enchante les fans et laisse présager une saison intéressante pour les Québécois. Les Français de Montréal arriveront-ils à qualifier l’équipe pour les séries ? Et peut-être créer la surprise en remportant la première MLS Cup de l’histoire du club ? Les voyants sont en tout cas au vert, ou plutôt au bleu.