Après avoir vu leurs folies dans les terrains de football, nous allons maintenant voir pour qui leur cœur bat très vite. Alors quel blason est le plus aimé ? Acte II sur les supporters turcs, c’est parti !

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Lors du coup d’état en 2016, nous avons pu voir à quel point le drapeau turc est important pour ce peuple ! (crédit photo : Franceinfo)

Mais quel avenir pour les supporters turcs dans le football ? Voici la question que plusieurs personnes au pays se posent. Sans aucun doute, la communauté turque est fidèle à la sélection, mais nous pouvons avoir l’impression que les supporters sont plus passionnés par leur équipe de cœur. Cela peut être choquant pour certains et normal pour les autres. À vous de choisir votre camp maintenant.

La sélection en deuxième plan

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Voici un sondage réalisé par le site « Süper Lig France » : les Turcs préfèrent leurs clubs (crédit Twitter : @TurcFootball)

Ce sondage réalisé par TurcFootball, compte Twitter qui divulgue des informations sur le championnat turc le 1 mars dernier, a délivré des résultats assez surprenants. Après avoir obtenu 186 votes au total, nous pouvons voir une grosse supériorité ayant choisi la colonne “équipe de cœur” qui devance largement la catégorie “sélection nationale”. Cependant, plusieurs amoureux du football made in Turkey partagent le même amour pour les deux blasons car 36% ont voté « les deux ». Un suffrage partagé donc. De plus, quand on vérifie les commentaires en dessous du vote, on découvre qu’un bon nombre de personnes trouve cela assez « grave » que la nation passe en deuxième plan mais tout le monde n’est pas de cet avis. La preuve, 21% seulement ont voté avoir un plus grand amour pour le blason rouge et blanc, les couleurs de la Turquie. Assez choquant pour certains.

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Pour certains , « la nation passe avant tout » ! (crédit Twitter : @aalibicer)

Après le commentaire d’Ali Bicer dans le premier volet de notre dossier, fan de Galatasaray, nous n’avons pas hésité à le contacter pour qu’il puisse préciser ses pensées concernant ce sujet. Ce dernier a fait part de ses opinions sur son choix de supporter l’équipe nationale, beaucoup plus que de supporter les Lions :

« Un club de foot, ce n’est pas ce qui soude une nation mais bel et bien la sélection. La preuve : lorsqu’un club turc joue en Europe, tous les autres supporters des clubs du pays espèrent le fait qu’il fasse des mauvais résultats malgré le classement UEFA. À ce rythme-là, on va perdre la place de 10ème et être donc à la 11ème du classement UEFA, ce qui entraînerait la perte de qualification automatique en LDC pour le premier du championnat. Le magnifique parcours de l’Ajax cette saison en Ligue Des Champions nous ferait perdre une place. Le seul moment où tout un peuple est uni c’est pour la sélection nationale. Imaginez si la Turquie gagne la Coupe du Monde ou la Coupe d’Europe, je ne vous dis pas quelle sera l’ambiance… Les supporters de Besiktas, Fenerbahçe, Galatasaray et même de tous les autres clubs turcs se réuniront et partageront leur joie ensemble ! À quoi bon gagner le championnat ou une coupe d’Europe si seulement une petite partie d’entre nous peut être heureux alors que tout notre peuple peut le devenir avec un sacre de notre sélection ? »

Ali Bicer, supporter de Galatasaray

Mais attention, après le discours très réfléchi d’Ali Bicer, vous pouvez croire que les amoureux du football turc ne sont pas assez investis lors des matchs de l’équipe de Turquie. Que nenni ! On peut vous assurer qu’ils sont très excités lors des matchs de la sélection car les Turcs adorent leur drapeau et veulent, plus que tout, que le monde entier connaisse les gloires de leur nation. Le plus gros souci a été évoqué précédemment. Les Turcs ne veulent pas que l’équipe rivale connaisse des bonnes performances en Europe car ils peuvent avoir tendance à se vanter et rabaisser l’autre club qui lui, n’a pas été performant. Et cela peut conduire souvent à des disputes entre les supporters des équipes et donc une grosse haine qui ne s’effacera jamais des cerveaux. Jugez du peu.

Quand les supporters de Besiktas et Galatasaray se battent… (crédit vidéo : YouTube Besiktasli ve Galatasrayli Taraftarlari)

L’équipe nationale et les dirigeants : les plus gros fautifs

La passion dépend souvent des résultats de l’équipe et pour la Turquie, cela peut être la raison. La sélection turque peine depuis des années à se qualifier aux grandes compétitions. Même si le dernier Euro disputé par la nouvelle équipe de Senol Gunes, l’actuel sélectionneur de la Turquie, date de 2016, le Milli Takim (surnom de l’équipe nationale) a disputé sa dernière Coupe du Monde… en 2002. Inquiétant pour un peuple qui se nourrit que du football.

La question suivante est comment peut-on aimer une sélection qui ne joue que deux fois tous les trois mois et qui peine à se qualifier pour les grandes compétitions internationales ? Certains vous diront que c’est le drapeau le plus important de la planète, d’autres vous diront que non. En effet, le blason rouge et blanc est le plus important mais il y a un désaccord avec les dirigeants qui gouvernent le championnat et la sélection. Certains supporters des deux camps avouent être lassés par l’incompétence de ces derniers selon eux. En Turquie, on monte vite dans les aiguës.

Le 20 novembre dernier, alors que la Turquie et l’Ukraine devaient se confronter à Antalya, le groupe de supporter « 07 Genclik » (faisant partie de l’équipe d’Antalyaspor) avait protesté contre le fait que les dirigeants de la fédération turque avaient distribué plusieurs billets aux sponsors à défaut d’une grande partie des supporters d’Antalyaspor pour un match depuis les tribunes. Et cela avait conduit à un grand broie d’énervement de la part des supporters du club. Le groupe avait réalisé un communiqué où il indiquait que les tribunes du club appartenaient à eux et que c’était leur plus grand droit de participer à ce match pour encourager la nation.

Juste pour dire que la fédération turque fixe des limites et ne permet pas au peuple turc de supporter leur pays. De 2012 à 2019, le football turc a été dirigé par des mauvaises personnes et nous pouvons mettre au sommet Yildirim Demirören qui a été le premier fautif. Pour une grande partie de la population, la démission ce jeudi de l’ex-raïs de la Fédé et de Besiktas est un grand soulagement. Demirören était vivement critiqué à la suite d’une controverse due à l’acquisition par une holding qui détient des droits de gestion d’Iddaa, l’unique société de paris sportifs en Turquie. L’homme d’affaires turc est blacklisté par le peuple car il est soupçonné de tuer le supporterisme et la ferveur du pays. Les soupçons de possibles conflits d’intérêt étaient d’autant plus vifs que la holding de ce richissime homme d’affaires, proche du pouvoir Erdogan, contrôle aussi le principal groupe privé de médias en Turquie (Doğan Holding) pour plus d’un milliard de dollars en mars 2018.

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« Nous venons pas ! » Le groupe 07 Genclik d’Antalyaspor avait protesté avec cette photo sur les réseaux sociaux (crédit Twitter : 07genclik1981)

« Je ne me reconnais pas dans l’équipe nationale »

Ce fléau gouvernemental et managérial du football turc nous montre le danger et la raison de l’antagonisme des Turcs à préférer davantage la sélection nationale que leur club de cœur. Un paradoxe renforcé par un autre supporter des Lions, qui est lui plutôt épanoui par son équipe de cœur. Préparez-vous à lire les mots de Tolga Anil qui a donné tout ce qu’il avait pour nous expliquer son avis concernant ce sujet. Une réaction pouvant être assez choquante pour certains supporters :

« La question ne se pose même pas entre Galatasaray et l’équipe de Turquie… Je préfère que Galatasaray gagne la Ligue des champions que la Turquie soit championne du monde ! Parce que moi je suis amoureux de Galatasaray, pas de l’équipe nationale. Mon pays c’est la Turquie. On vit, on meurt pour notre pays, notre drapeau. Mais je ne me reconnais pas dans cette équipe nationale. Puis peut-être que c’est le fait que je sois fou de Galatasaray qui explique que je pense comme ça. Galatasaray ce n’est pas qu’un club, c’est une façon de vivre, une façon de voir les choses. C’est en quelque sorte un mode de vie. Tu vis et tu dépends de Galatasaray. Moi c’est comme ça. Quand Galatasaray gagne, je suis un homme heureux ! Quand Galatasaray perd, je suis abattu… Mais ce qui est fou, c’est que lors d’une défaite tu retombes encore plus amoureux de ce club, des couleurs jaune et rouge. Être supporter de Galatasaray, c’est être vu comme l’ennemi de tous les autres supporters. Pourquoi ? La raison est simple. Les adversaires nous envient. C’est nous le club le plus titré, le club qui a le plus de fans, le club le plus reconnu en Europe. Dans le monde, va en Argentine. Tu demandes à un Argentin de dire deux trucs sur la Turquie et il va dire : ‘Ataturk et Galatasaray’. D’ailleurs, celle-là va énerver les supporters de Fenerbahçe mais un journaliste avait demandé à l’ancien joueur italien Christian Vieri, s’il connaissait Fenerbahçe. Sa réponse a choqué. Il avait dit : ‘non je connais pas, il joue à Galatasaray ?’ Juste pour vous dire que j’aime ce put*** de club plus que l’équipe nationale ».

Tolga Aslan – Europe UltrAslan (groupe de supporter de Galatasaray)
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Jusqu’à la mort les supporters turcs supporteront leur équipe de coeur ! (crédit Twitter : TurcFootball)

Juste pour vous dire, qu’on ne peut pas vraiment dire quel blason est le plus important. En s’appuyant sur le sondage, nous avons pu voir que les fans turcs ont un plus gros amour pour leur équipe de cœur. Mais comme évoqué et vu précédemment, les supporters rivaux sont toujours en train de se taquiner et on a pu le voir dans le discours de Tolga Anil. Ne croyait pas cependant que le peuple turc n’est pas derrière la sélection, ils sont à fond derrière la Turquie. Ils ont juste une préférence !