Comme chaque année c’est la Rivalry Week en MLS ! La semaine des rivalités est un moment phare de la saison attendu avec impatience par les fans et les diffuseurs TV.

En France nous avons PSG-OM ou Sainté-Lyon, en Espagne le Clasico Real-Barça, en Angleterre les derbies, etc… Dans tous les championnats du monde, des rivalités existent, qu’elles soient territoriales ou sportives. Il en est de même en MLS et voire plus encore. En effet on compte plus d’une quinzaine de rivalités dans l’élite du soccer Nord-Américain. Et chacune d’entre elles ont leur histoire et leurs enjeux. Vraies concurrences ou simple coup marketing ? Tour d’horizon de ces matchs pas comme les autres qui ont chacun leur nom et voire même un trophée.

La grande rivalité entre les Red Bulls et DC United s’exprime bien souvent en tribune
(Crédit photo : MLS)

Une suprématie régionale

Comme partout, la guerre des territoires fait rage en MLS et beaucoup d’équipes revendiquent être la meilleure de la région ou de l’état. Deux grandes rivalités naissent dès la première saison de la MLS en 1996. La première se déroule à l’Est entre les Red Bulls de New York et DC United, c’est l’Atlantic Cup. Cet antagonisme provient principalement de la proximité des deux clubs au lancement de la ligue mais c’est aussi le match du gouvernement contre les financiers. Chaque année la meilleure équipe sur les deux matchs de saison régulière se voit récompenser d’un trophée symbolique. La seconde rivalité de 1996 est à l’Ouest, le Cali Clasico qui oppose LA Galaxy à San José Earthquakes. C’est le match entre la Californie du Nord et celle du Sud. C’est là une des plus grosses rivalités de l’histoire de la ligue.

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Le club de San José fait de ce match une priorité
(Crédit image : San José Earthquakes)

De l’autre côté de la frontière, les supporters de Toronto et de Montréal attendent également avec impatience chaque année les matchs entre les deux villes canadiennes, le fameux Canadian Classique. Il y a sur ces matchs une vraie concurrence nationale, et même politique entre le Québec francophone et l’Ontario anglophone.

Le Canadian Classique est souvent très rugueux
(Crédit photo : TSN)

La dernière équipe canadienne a également droit à sa bataille. Celle-ci est un peu particulière car elle met aux prises non pas deux mais trois équipes : les Whitecaps de Vancouver, les Seattle Sounders et les Timbers de Portland. C’est la Cascadia Cup, du nom de la région des trois villes. Pour déterminer le vainqueur, un mini classement est calculé en fonction des résultats des matchs entre ces équipes sur la saison. Les rencontres entre Seattle et Portland sont souvent animées que ce soit sur le terrain ou en tribune, les supporters se taquinant régulièrement de manière créative, tout en restant corrects.

La Timber Army, supporters de Portland, sont souvent très créatifs
Encore un exemple de la dévotion des fans de Portland contre les Sounders
(Crédit photo : Fox Sports)

Notons aussi les plus classiques Texas Derby entre le FC Dallas et le Houston Dynamo, la Rocky Mountain Cup qui voit s’affronter les Colorado Rapids et le Real Salt Lake, et enfin, le Hell Is Real Derby de l’Ohio qui fait ses débuts cette année en 2019 avec la franchise d’expansion le FC Cincinnati et le Columbus Crew. Nous aurons droit l’année prochaine à encore une nouvelle rivalité régionale entre Orlando SC et le nouveau club de David Beckham, l’Inter Miami. Il viendra remplacer le Florida Derby qui mettait à l’affiche le Miami Fusion au Tampa Bay Mutiny avant la disparition de ces franchises.

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Hell is Real, le premier derby de l’Ohio en MLS en 2019
(Crédit photo : WCPO.com)

La fierté d’une ville

Mais plus fort que la concurrence régionale, il y a également les clubs qui “cohabitent” dans une même ville. Deux “vrais” derbies, dont l’histoire est récente, se disputent chaque année dans la ligue. Sans surprise, ce sont les deux villes les plus importantes du pays, New York et Los Angeles. L’Hudson River Derby à l’Est, du nom du fleuve qui sépare les stades des deux clubs,  tend à redéfinir la couleur de la Grosse Pomme entre les Blues du City FC et les Rouges des Red Bulls.

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L’Empire State Building s’éclair aux couleurs du vainqueur du derby New-Yorkais
(Crédit image : MLS)

Encore plus récemment l’El Trafico a fait ses débuts en MLS en opposant le LA Galaxy au Los Angeles FC. Il tire son nom du trafic automobile infernal de la cité des anges et vient remplacer le SuperClasico disparu en même temps que le club Chivas LA. Le premier El Trafico était aussi le premier match de Zlatan Ibrahimovic en MLS. Alors que le LAFC menait 3 à 0 à la soixantième minute, Zlatan entre en seconde mi-temps, et grâce notamment à son doublé, contribue à la victoire 4 à 3 du Galaxy. La légende de ce derby commence alors à s’écrire.

Le premier but de Zlatan en MLS permet au Galaxy de revenir à 3 partout contre le LAFC
(Crédit vidéo : FOX)

Une histoire commune

D’autres matchs ont un autre enjeu que la géographie. La Brimstone Cup est naît d’une rivalité sportive entre le FC Dallas et le Fire de Chicago. Au début des années 2000, en MLS, les deux équipes s’affrontaient 4 ou 5 fois dans l’année. C’est ainsi que les supporters ont commencé à compter les points exclusivement sur les matchs des deux clubs pour établir une supériorité. Historiquement, c’est la seule rivalité qui provient vraiment d’une concurrence sportive récurrente même si aujourd’hui ces deux franchises peinent à jouer les premiers rôles. L’Heritage Cup est instauré par les fans de Seattle et de San José. Elle pérennise la concurrence des deux équipes qui était déjà présente en North American Soccer League (NASL). Le FC Dallas et le Columbus Crew ont en commun d’avoir eu pendant 18 ans le même propriétaire : le Hunt Sports Group. La rivalité entre les deux entités a alors donné naissance à la Lamar Hunt Pioneer Cup.

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La carte des clubs de la MLS 2019 permet de visualiser les rivalités géographiques
(Crédit image : Sport League Maps)

Et pour finir, la Trillium Cup oppose Toronto à Columbus (encore une fois). Ce nom provient du Trille Blanc, Trillium en anglais, qui est une plante typique de la région des grands lacs entre les deux cités. La particularité de ce derby est l’engouement qu’il suscite chez les politiciens locaux. En effet, le maire de la ville perdante doit porter le maillot des gagnants. Un amusement qui ravit les supporters.

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Le trophée de la Trillium Cup
(Crédit image : MLS)

Les rivalités, une aubaine pour la MLS ?

Comme vous le voyez, il y a énormément de matchs à “enjeux” lors de la saison. Ils ont un nom, un classement, des statistiques et même un vrai trophée. Il est souvent expliqué que la naissance de ces rivalités vient de groupes de supporters. C’est vrai que dans bien des cas, ce sont les fans qui ont initié ces affiches. Mais il est clair que cette compétitivité accrue est une chance pour la MLS de développer de l’engouement, de l’attrait et donc des revenus supplémentaire. La ligue pousse la mise en scène de ces matchs au maximum afin de profiter des droits de diffusion plus onéreux, de remplir les stades et faire tourner le merchandising à plein régime. Une manne financière inespérée sur certains matchs qui ne sont pas vraiment sexy sur le papier.

La MLS a alors, comme ses ligues cousines d’Amérique du Nord, instauré la Rivalry Week. Le but étant de jouer un maximum de match à rivalité sur une semaine. Ces fonctionnements sont uniques au monde dans le soccer. Imaginez une journée de ligue 1 avec à l’affiche OM-PSG, OL-St Etienne, Monaco-Nice, Bordeaux-Toulouse, etc… Ce serait palpitant n’est-ce pas ? La MLS le fait et scénarise les avant-matchs pour susciter l’envie. Mais finalement on est en droit de se demander si ces derbies seraient autant suivis et auraient autant d’impact chez les fans si la ligue ne pesait pas autant dans la communication de ces rivalités. Bien sûr les clubs surfent également sur cette vague pour réaliser des profits supplémentaires mais n’oublions pas qu’en Amérique du Nord, la ligue et les franchises sont plus qu’étroitement liées.

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La MLS crée beaucoup de contenu pour promouvoir les rivalités, comme cette série d’affiches en 2015
(Crédit image : Footy Fair)
La ligue n’hésite pas à inventer des scénario avant les matchs pour faire monter la pression
(Crédit image : MLS)

Et même les rencontres qui n’ont pas d’antagonisme officiel, mais qui sont malgré tout sujettes à une concurrence exacerbée, sont placées cette semaine. Par exemple un Orlando/Atlanta est prévu car pour ces deux équipes, c’est le match qui s’apparente le plus à un derby tout comme Los Angeles FC contre San Jose Earthquakes qui sont toutes deux en Californie mais sans rivalité réelle.

La  ligue pousse également pour engendrer un antagonisme officiel entre l’Union de Philadelphie et le DC United qui se rencontrent ce weekend. Ce qui est pour le moment une simple rivalité géographique de deux villes historiques des USA, en plus de faire partie des derbies de l’autoroute I-95 avec les Red Bulls (New-York) et New England (Boston) qui aurait pu avoir son propre nom. Quatre propositions ont été faites au fans en 2016 : la I-95 Cup, la Capital Cup, la Freedom Cup ou la Colonial Cup. Malheureusement rien n’a pris, et ce match montre qu’il est fort difficile de créer de la concurrence de toutes pièces entre deux équipes.

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Les fans des Red Bulls chambre les joueurs vedettes de New-York City FC, Franck Lampard et Andrea Pirlo
(Crédit photo : Sports Illustrated)

En résumé, la Rivalry Week est un vrai show à l’Américaine sur un sport européen. Sans oublier les enjeux économiques d’une telle promotion, c’est assez grisant de découvrir ces matchs, leur histoire et de se prendre au jeu. Alors ce weekend, allumez votre TV ou prenez vos billets pour le stade car il va y avoir du spectacle !