Les jeunes peinent à percer en MLS, les ligues et divisions en Amérique du Nord ne sont pas très claires : il était temps que le soccer outre-Atlantique perfectionne sa mue pour continuer son bon développement.

La MLS est sans conteste un championnat grandissant qui attire aujourd’hui les regards des observateurs et des plus grands joueurs. Néanmoins, le système reste perfectible. La formation des jeunes talents n’est pas encore au niveau espéré et les “youths” nord-américains ont majoritairement du mal à trouver leur place, ce qui handicape les sélections nationales (américaine et canadienne). Ainsi, dans ces deux pays, les fédérations espèrent régler ce problème en partie grâce à la restructuration de leurs championnats. Explications.

Des jeunes qui ne s’affirment pas

Le constat est clair, les États-Unis et le Canada ne parviennent pas à former beaucoup de jeunes talents qui percent sur la scène internationale. Malgré quelques rares réussites comme Matt Miazga, Alphonso Davies ou Tyler Adams, la MLS a du mal à mettre en lumière ses jeunes footballeurs locaux. Chez les moins de 23 ans, la plupart des joueurs ayant un temps de jeu régulier sont bien souvent les Sud-Américains.

Mais alors pourquoi les « babies Yankees » n’arrivent pas à s’affirmer au plus haut niveau ? La MLS a pris le problème à la source en perfectionnant les académies et en formant ses éducateurs auprès de la FFF. Notre modèle français a été pris en exemple et un partenariat entre la FFF et la MLS a même été signé. Mais un autre problème apparaît maintenant. Il manque une étape dans la finalité de la formation : les jeunes n’ont pas l’occasion de s’aguerrir dans une équipe adulte avant de goûter aux joutes de la MLS. Alors à moins qu’ils aient un talent immense ou un physique impressionnant, il est difficile de passer d’un match de U19 à une rencontre de l’élite nord-américaine.

Les éducateurs de la MLS en stage formation à Clairefontaine (Crédit photo : FFF)

L’USL, le chaînon manquant ?

Là où en France, les équipes professionnelles ont bien souvent une équipe réserve en National 2 ou en National 3, il n’est pas établi que ce système soit généralisé au pays de l’oncle Sam. La MLS avait lancé en 2005 la MLS Reserve League afin d’anticiper ce problème mais c’est surtout la United Soccer League (USL) qui va apporter de nouvelles solutions. En 2013, l’USL et la MLS deviennent partenaires et les équipes réserves joueront dorénavant dans la USL Pro, l’équivalent à l’époque de la troisième division derrière la MLS et la NASL.

L’USL va connaître un excellent développement aidé par l’intérêt croissant des Américains pour le soccer. Le branding (marque) est bon, la compétitivité est excellente et cette ligue permet à des villes de posséder elles aussi leur équipe de soccer. Beaucoup de nouvelles franchises sont d’ailleurs passées par ce championnat avant d’être acceptées en MLS.

Sacramento pourrait être une des nombreuses franchises à être passée par l’USL avant la MLS

Le déclin de la NASL va permettre à l’USL de progresser encore. L’USL Pro devient alors officiellement la deuxième division américaine et profite d’une exposition majeure juste derrière la MLS. Cependant, cette nouvelle gloire va pousser progressivement les équipes de MLS à arrêter leurs équipes réserves, les exigences et les charges associées étant devenues trop importantes. Un système de partenariat a alors vu le jour entre des équipes indépendantes l’une de l’autre afin de créer un lien entre USL et MLS.

Le FC Montréal, club école de l’Impact de Montréal entre 2015 et 2016, a cessé d’exister à cause de charges financières trop importantes
(Crédit photo : Impact de Montréal)

Une pyramide de niveaux plus étoffée

Mais un partenariat ne vaut pas une équipe réserve ou un club école. Il permet certes de prêter de bons jeunes joueurs mais il n’y a aucune certitude sur leur traitement et leur temps de jeu. Il fallait donc trouver une nouvelle alternative pour les franchises de MLS afin d’aguerrir leurs jeunes joueurs. L’USL a rapidement donné un début de solution en adaptant une ligue qu’elle possédait depuis bien longtemps : la Premier Development League (PDL). Initialement amateur, cette ligue est devenue semi-professionnelle à partir de 2009 afin de permettre aux joueurs de moins de 23 ans et aux universitaires de perfectionner leur développement et de bénéficier d’une nouvelle exposition. Beaucoup de clubs professionnels ont alors inscrit une équipe U23 dans cette ligue. Néanmoins, le niveau reste encore assez éloigné de l’élite MLS.

Les joueurs du Calgary Foothills FC en PDL
(Crédit photo : Total Soccer)

2019 marque un tournant dans l’histoire des championnats américains. Que ce soit aux États-Unis ou au Canada, les fédérations ont poussé pour perfectionner leurs compétitions et retrouver un niveau plus que correct avant la Coupe du Monde 2026 qui sera joué à domicile. Ainsi la Canadian Premier League (CPL) est née afin de faire monter le niveau des joueurs canadiens. Et l’USL a revu sa structure pour avoir un plus large éventail de niveaux.

La CPL est le seul championnat national canadien. Même s’il est étiqueté première division, il est compétitivement parlant du niveau de la deuxième division nord-américaine. Les équipes canadiennes engagées en MLS ne se posent donc pas, à l’heure actuelle, la question de savoir si elles doivent rejoindre ce championnat. En revanche, Ottawa Fury, qui évoluait jusqu’à présent en USL Pro, pourrait bien migrer prochainement vers la CPL sous la pression de la CONCACAF.

La Canadian Premier League a débuté en 2019 avec de grandes ambitions

Pour briller en 2026 ?

Côté USL, on a désormais trois niveaux distincts : L’USL Pro devient l’USL Championship, création de l’USL League 1 (troisième division nord-américaine, NDLR), et la PDL devient l’USL League 2. L’USL League 1 vient donc compléter une structure dans laquelle il manquait ce niveau compétitif national à faible coût. Une division qui devrait attirer les équipes réserves et club école des franchises de MLS.

La nouvelle structure du soccer professionnel et semi-professionnel en Amérique du Nord

Les fédérations et la MLS espèrent donc que cette nouvelle pyramide du soccer permettra à leurs jeunes de s’épanouir en temps et en heure. Ainsi, les sélections américaines et canadiennes pourront peut-être briller dans leur rendez-vous capital de 2026.