Les Sounders de Seattle sont sans conteste un club à part dans le paysage footballistique Américain. S’appuyant sur une fanbase incroyable, la franchise a su se développer en conséquence.

Le soccer est encore loin de jouer les tous premiers rôles dans le monde sportif des USA. Loin derrière la NBA (basketball) et la NFL (foot US), la MLS tente déjà de combler son retard sur la MLB (baseball) et la NHL (hockey), avec un certain succès. Mais à Seattle, le soccer fait partie des sports majeurs et compte d’innombrables adeptes. Ces nombreux supporters sont un facteur prédominant dans le développement marketing et sportif des Sounders de Seattle et même du soccer Américain plus généralement. Focus sur l’importance des supporters et sur cette franchise pas tout à fait comme les autres.

La fanbase, une source de revenus

Le terme fanbase est régulièrement employé dans le jargon marketing du monde sportif. Cette anglicisme nomme le nombre plus ou moins élevé et plus ou moins initié des supporters d’une équipe ou d’un sport. Le développement de la fanbase est primordiale pour un club. En plus d’un soutient indispensable dans les stades, il engendre de nombreuses retombées économiques qui permettront ensuite des investissements sur le plan sportif. 

La fanbase agit directement sur trois type de revenus. Tout d’abord plus un organisme possède de suiveurs ou de supporters, plus sa notoriété est grande, et il peut donc négocier à la hausse ses droits de sponsoring. Les partenaires étant des revenus non négligeables, il est de bon ton de pouvoir tirer un maximum de profit de ces droits commerciaux. Il va également sans dire que plus on a de fans, plus le merchandising rapporte. La vente de maillots et autres produits du club sur internet ou en boutique peut donc être une belle source de profit. Enfin les revenus des jours de match peuvent aussi être conséquents en fonction de l’affluence dans le stade est des habitudes de consommation des fans. Les places vendus, les hot-dogs et pintes de bière sont bien à prendre en considération dans le budget d’un club.

Le merchandising est de plus en plus développé dans le soccer
(Crédit photo : Seattle Sounders FC)

Coup de soccer à Seattle

Seattle, état de Washington, sur la côte Ouest Américaine près de la frontière Canadienne. Une ville progressiste, à contre-courant, qui a bien souvent été précurseur dans de nombreux domaines tels que les libertés et la tolérance. Seattle c’est aussi la ville des Sounders, l’un des meilleurs club de soccer de la MLS. Le ballon rond est une vieille histoire dans la cité émeraude. Au 19ème siècle, lors de l’essor industriel, l’immigration Européenne ramène ce sport dans l’état. Mais aujourd’hui, ça joue au ballon dans tous les parcs et ce sont bien les locaux qui frémissent lors des matchs des Sounders.

Les Sounders dans leur traditionnel maillot vert
(Crédit photo : Sounder at Heart)

Les exploits de la franchise (une MLS Cup en 2016 et quatre US Open Cup) sont surtout dus à un homme : Paul Allen. Il est l’un des co-fondateur de Microsoft et un des propriétaires de l’équipe de football Américain des Seattle Seahawks. Il est à l’origine de la création des Sounders en 2007 et de sa stratégie de développement si efficace.

La même ferveur qu’à Anfield Road…

Paul Allen a vu l’intérêt du soccer dans la ville. Là où il y a de la bière et des hipsters à Seattle, il y a bien souvent du soccer à la télévision. Et l’entrepreneur qu’il est a puisé dans cette force. Il a construit son club sur la fanbase existante. Il a réussi à réunir tout un peuple derrière ses couleurs. L’alchimie a rapidement pris. La mutualisation de certains équipements entre Seahawks et Sounders est également un vrai plus, comme par exemple le stade Centurylink Field.

Le Centurylink Field à guichet fermé lors d’un match des Sounders
(Crédit photo : Marie Hui)

En effet l’affluence moyenne des Sounders est un argument de poids. La ferveur du soccer s’est installé dans l’enceinte généralement habitué à voir un Quarterback prendre un ballon oval à la main. Depuis ses débuts en MLS, Seattle possède une moyenne d’environ 40 000 spectateurs par match. Ahurissant aux USA ! Le club fait tomber plusieurs records d’affluence de la ligue. Entre 2011 et 2015, les moyennes annuelles de près de 44 000 personne par rencontre font (presque) jeu égal avec les chiffres de Liverpool à Anfield. Les Sounders marquent déjà le soccer Américain de leur empreinte.

Les affluences moyennes annuelles des Sounders depuis leur début en MLS
(NB il manque encore 7 matchs pour la dernière saison)
(Crédit tableau : Tansfermarkt)

Il est intéressant de constater ici que la fanbase existait avant la franchise. Il leur fallait juste un but commun pour se réunir sous un même blason. Paul Allen et ses équipes ont magnifiquement bien opéré et ont pu compter sur un soutien massif. Donc comme expliqué au début de cette article, bénéficier du meilleur public du pays est une bonne nouvelle économique.

Ambiance à l’Anglaise dans les travées du Centurylink Field de Seattle
(Crédit vidéo : EmeraldCitySupporter)

Une croissance régulière

Le club a alors pu croître sainement. Ces nombreux bénéfices ont entre autre permis de signer quelques grands joueurs tels que le légendaire Clint Dempsey ou le spectaculaire Obafémi Martins. Aujourd’hui encore, l’équipe possède dans ses rangs des joueurs de grand talent comme le buteur Raul Ruidiaz ou le meneur de jeu Nicolas Lodeiro. Ils contribuent au maintient de l’équipe dans les premières places. Malgré des salaires inégaux dans l’effectif, la formation semble équilibrée et sereine dans les objectifs collectifs et individuels.

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Clint Dempsey et Obafémi Martins ont marqué la jeune histoire de la franchise
(Crédit photo : Seattle Sounders FC)

Grâce à ce modèle, les Sounders sont valorisés en 2018 à 310 M$. La franchise se classe 3ème en MLS derrière Atlanta United (330 M$) et le LA Galaxy (320 M$). De plus le club enregistre quasiment chaque année des résultats positifs variants entre 5 et 10 M$. Des chiffres extrêmement prometteur pour un club sportif, eux qui n’arrivent que rarement à s’autofinancer.

Le 12ème homme n’est pas qu’une expression à Seattle
(Crédit photo : precisionpress.com)

Un exemple à suivre ?

La fanbase géniale de Seattle permet au Sounders de faire parler d’eux et du soccer US partout dans le monde du ballon rond. Ce club est un étendard pour la MLS. Il a d’ailleurs été une source d’inspiration lorsque Atlanta est entré dans la ligue. On peut remarquer des similitudes entre les deux franchises qui attirent les foules dans leurs stades. Et si c’était ces clubs qui détenaient le “bon” modèle ? Nos clubs Européens, souvent déficitaires, et les ligues les regroupant, vont-il finir par tendre vers un modèle proche de Seattle, Atlanta et la MLS ? Il y a sûrement un juste milieu à trouver pour la pérennité et le développement de ce sport qui nous est si cher.