Il est un des meilleurs joueurs de l’histoire du football français. Attaquant rapide et technique, Thierry Henry a connu de nombreux succès dans sa carrière qui l’ont emmené jusqu’au pays de l’oncle Sam.

À New-York, « Titi » est venu faire ce qu’il a toujours fait : gagner. Alternant le haut et le bas, son expérience américaine aura en fin de compte été profitable pour l’homme et pour la MLS malgré l’absence de titre. Beaucoup ont cependant envie de croire que l’histoire de Thierry Henry dans la Grosse Pomme n’est pas encore finie…

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Henry et Djorkaeff, deux champion du monde ayant portait le maillot des Red Bulls
(Crédit photo : Cnews)

La légende s’écrit en Europe

Un 17 août 1977, naquit aux Ulis un petit Thierry dont le destin était d’émerveiller les gens sur un terrain de football. Il commença ses classes dans sa ville natale, un passage à l’INF Clairefontaine et un premier contrat pro à l’AS Monaco à seulement 17 ans. Il joue alors en tant qu’ailier gauche, rentrant sur son pied droit pour enrouler ses frappes au second poteau : sa spéciale. Sur le rocher, Thierry devient champion de France en 1997 avant d’être champion du monde avec la France en 1998. Ce titre lui donne une autre dimension et lance définitivement la carrière d’un jeune prodige. Il file donc en 1999 à la Juventus. Passage éclair à Turin car il rejoint Arsenal six mois plus tard pour ce qui sera la plus belle partie de la carrière du Français. Après avoir remporté l’Euro 2000 avec son pays, il gagne avec les Gunners deux championnats d’Angleterre (dont un sans aucune défaite en 2004) et trois coupes nationales. Il n’y a que les coupes européennes qui lui résistent avec deux défaites en finale (une en Coupe UEFA et une en Ligue des Champions). Henry aura marqué Arsenal de son empreinte.

Étant repositionné dans l’axe par Arsène Wenger, il est devenu l’un des meilleurs attaquants du monde et marquera au cours de ses 451 matchs avec Arsenal 262 buts et délivrera 109 passes décisives. Il possède même sa statue devant l’Emirates Stadium et vient d’être cette année élu meilleur joueur étranger de la premier league par la BBC. Toutes les belles histoires ayant une fin, Titi décide, en 2009, de continuer sa carrière au FC Barcelone avec pour objectif d’enfin remporter la Ligue des Champions. Chose faite dès sa première saison en Catalogne avec un sextuplé inédit (Ligue des champions, championnat d’Espagne, Coupe d’Espagne, Supercoupe d’Europe, Supercoupe d’Espagne et Coupe du monde des clubs). Il remportera encore un championnat d’Espagne l’année suivante et s’envolera pour la Coupe du Monde 2010 pour ce qui sera ses derniers matchs internationaux. Il s’arrêtera avec les Bleus en étant meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France.

Titi et Arsenal, une grande histoire d’amour

Le choix du coeur

Le 22 juin 2010, Thierry Henry et le FC Barcelone mettent fin au contrat les liant après une dernière saison où le joueur semblait perdu autant sur le terrain que dans sa vie personnelle. Le 14 juillet 2010, New-York Red Bulls annonce la signature de l’attaquant français. Au passage, jolie coup de “com” pour le timing de l’annonce, le jour de la fête nationale française. Cette signature n’a jamais été une évidence. On savait Henry fan de la ville qui ne dort jamais, où il a passé de nombreuses vacances, mais peu se doutaient qu’il y continuerait sa carrière. Rejetant des offres financières plus intéressantes de la part de Manchester City ou Fenerbahçe, Henry justifie son aventure new-yorkaise comme un choix du coeur. Une volonté de venir jouer aux USA et de continuer de gagner dans un nouveau championnat. Il suit ainsi l’exemple de son ancien coéquipier en bleu Youri Djorkaeff qui avait décidé de venir finir sa carrière chez les Red Bulls quatre ans avant la venue de Titi.

« Je viens ici pour gagner. À ce que je sache, ma carrière n’est pas terminée. Je suis ici pour le plaisir de jouer et je suis un grand amoureux de la ville de New York où je viens passer mes vacances depuis 1996 ».

Thierry Henry, le 15 juillet 2010, lors de sa présentation officielle

Henry, catalyseur de développement

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Henry et Beckham font la renommée de la MLS
(Crédit photo : Zimbio)

Thierry Henry devient donc le neuvième joueur désigné de l’histoire de la MLS. Il devient ainsi, avec David Beckham, la tête d’affiche d’une ligue qui cherche de plus en plus une notoriété européenne. Après plus de dix ans à avoir peaufiner son modèle, la MLS souhaite s’ouvrir au monde. Solide sur ses bases de ligue “à l’américaine”, elle tente donc d’attirer de grands joueurs en fin de carrière en Europe pour promouvoir son soccer. Sans le succès rencontré avec le Spice Boy, la venue de Thierry Henry n’aurait pas pu se faire.

En 2010, « Becks » et « Titi » sont les ambassadeurs de luxe de la ligue nord-américaine. Et cela fonctionne. En France, grâce à Thierry Henry, le médias commencent doucement à parler des matchs du Français. Et même si la majeure partie du championnat est occultée, c’est un début. À New-York, Thierry Henry a permis d’améliorer de 17% l’affluence moyenne au Red Bull arena, passant de 16 000 de moyenne sur les années avant l’arrivée du joueur à 19 000 spectateurs après.

Le club a pu bénéficier de l’aura du striker français pour engranger des revenus plus importants sur tous les secteurs mais surtout sur le merchandising avec notamment les ventes de maillots et les partenariats. Il ne fait pas de doute que Thierry Henry a boosté le développement de la MLS et des New-York Red Bulls. Il deviendra d’ailleurs le joueur le mieux payé de la ligue en 2012 devant David Beckham avec 4,5 millions d’euros annuel.

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Henry contribue au développement des Red Bulls de New York
(Crédit photo : Major League Soccer on Youtube)

Les Red Bulls manquent d’ailes

Sportivement, en revanche, les premiers pas du Français aux États-Unis ne sont pas fabuleux. À la suite d’une Coupe du Monde désastreuse en Afrique du Sud, Henry manque de condition pour peser sur le championnat américain. Les Red Bulls terminent malgré tout premiers de la conférence Est, mais en onze matchs, le natif des Ulis n’aura marqué que deux buts et réalisé trois passes décisives. L’influence du tricolore se fait ressentir au sein du vestiaire new-yorkais. Sa mentalité de vainqueur donne une nouvelle posture au club. Cependant, Thierry ne parviendra pas à faire outrageusement progresser l’équipe en terme de résultats sportifs. Un Supporter’s Shield en 2013 et c’est tout.

Les Red Bulls continuent d’enchaîner les qualifications en play-offs et de se faire éliminer très souvent en demi-finale de conférence (quatorze fois en 22 ans dont quatre fois avec Henry). Avec un bilan de 135 rencontres disputées pour 52 buts et 49 passes décisives, Titi a adapté son style de jeu pour devenir plus passeur que buteur. Son âge et les exigences physiques de la MLS ont fait de lui un redoutable maître à jouer tout en restant un attaquant efficace. Il aura tenu sa promesse de faire tout ce qu’il pouvait pour faire gagner son équipe. Il performait tellement que sa franchise à accepter un prêt de deux mois à Arsenal en 2012 pour pallier les départs à la coupe d’Afrique de nombreux attaquants de l’équipe d’Arsène Wenger. Il aura le temps d’ajouter deux unités supplémentaire à son nombre record de buts marqués avec les Gunners. Il termine sa carrière en 2014 après une saison où il aura terminé meilleur passeur avec 14 assists.

Une transition pas si évidente

Le rôle d’entraîneur n’est pas si simple
(Crédit photo : AFP)

La suite de sa carrière se fera sur le terrain en tant qu’entraîneur. Même s’il est rapidement passé par un poste de consultant auprès de la télévision anglaise, c’est bien sur un banc que Thierry Henry officiera. Il débute “chez lui” à Arsenal en 2015, prenant les U16 en main et en restant proche de son mentor, Arsène Wenger. Il collabora ensuite en 2016 avec Roberto Martinez pour la sélection nationale de Belgique, dans l’encadrement tout d’abord puis comme adjoint. Le clin d’oeil du destin sera son élimination en demi-finale du mondial 2018 par la France, futur vainqueur. Après ces années d’apprentissage, Henry se sent paré pour endosser le rôle de numéro 1.

Cette chance lui sera donné à Monaco, son premier club. En début de saison 2018/2019, l’AS Monaco de Leonardo Jardim, peine et se retrouve en situation de relégable, loin des objectifs du club. L’entraîneur portugais est débarqué et Henry est nommé le 13 octobre 2018. Sa signature avec le club de la principauté enflamme énormément de suiveurs et de spécialistes.

« Sa connaissance du football, sa passion du jeu, son exigence du plus haut niveau et son attachement à nos couleurs font de sa nomination une évidence. Thierry est à la fois conscient de la tâche qui l’attend et impatient de débuter dans ses nouvelles fonctions. Il peut compter sur notre confiance et tout notre soutien pour apporter une nouvelle dynamique à l’équipe et mener à bien sa mission. »

Vadim Vailyev, vice-président de l’AS Monaco, le 13 octobre 2018

Ses débuts sont très attendus. Ils seront cependant plus que délicats. En effet, l’ASM reste une équipe “malade” qui ne parvient pas à trouver ses marques. Henry modifiera largement l’équipe-type en y incluant bon nombre de jeunes joueurs issus du centre de formation. Il suit les principes de son modèle, Arsène Wenger, en s’appuyant sur la jeunesse et en leur faisant rapidement confiance. Mais la magie n’opère pas et trois mois et demi plus tard, Monaco est toujours au plus bas. Ironiquement, la direction rappelle alors Jardim pour remplacer Thierry Henry.

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Henry n’aura tenu que trois mois et demi sur le banc de l’AS Monaco (Crédit photo : Football365)

Le come-back ?

Aujourd’hui, certains joueurs monégasques commentent le passage de Titi. Il ressort surtout le portrait d’un homme peu assuré et parfois même agacé. Un homme ne sachant comment mener son équipe. Tout simplement un homme qui n’était pas prêt pour un tel défi. Il est probable que la situation dans laquelle Henry est arrivé à Monaco était d’une trop grande complexité pour un entraîneur débutant. Le stress, les attentes et les médias ont eu raison du technicien français. Il est plus probable qu’il revienne sur le banc d’un club ou la pression sera moindre, ou l’ambiance sera plus propice à son évolution en tant que coach.

Un club comme le New-York Red Bulls par exemple. L’équipe américaine a mal commencé sa saison et l’entraîneur Chris Armas est en ballotage. Il pourrait retrouver son ancienne place d’adjoint qu’il a connu lorsque Jesse Marsch était aux commandes laissant à Henry le numéro un. Le fait que la relégation soit impossible (car le championnat est une ligue fermée) rendrait la tâche moins stressante et plus sereine pour le Français. L’éloignement de l’Europe l’aidera aussi certainement à grandir tranquillement dans son nouveau costume. À l’image d’un Patrick Vieira qui a fait ses armes au New-York City FC, Henry pourrait bien prochainement signer pour son ancien club et continuer d’appliquer ses principes de jeux en faisant confiance aux jeunes de l’académie Red Bull qui fonctionne très bien.

Henry s’appuiera-t-il sur l’académie new yorkaise ?

Ce serait une belle histoire, que de revoir un joueur qui a marqué la MLS, prendre le poste de manager d’une franchise. Cela montrerait encore une fois les belles avancées de la ligue américaine de soccer. Mais attention, manager et entraîneur sont deux rôles légèrement différents. Thierry Henry aura-t-il les épaules pour remonter les Red Bulls et faire décoller sa carrière d’entraîneur ? Selon les rumeurs relayées par ESPN, nous devrions très bientôt le savoir bien que l’information de son arrivée ait été démentie par le club…