Le foot féminin français se développe de plus en plus dans les médias. Toutes les compétitions y sont en effet diffusées avec certains succès d’audience.

Quelques années auparavant, trouver du foot féminin en France à la télévision était une réelle galère. Le championnat de France était rarement diffusé alors que l’équipe de France féminine n’était pas toujours sur des chaînes en clair. Une période heureusement révolue.

Tous les matchs de D1 féminine sur Canal+

Le championnat de France féminin connaît un réel essor actuellement, aussi bien sur le terrain que médiatiquement. Celui-ci est en effet plus diffusé que par le passé. Acheté par le groupe Canal+ depuis cette saison, les téléspectateurs peuvent, s’ils le souhaitent, regarder tous les matchs d’une journée.

Le groupe détenu par Vincent Bolloré a notamment mis en place un multiplex le samedi après-midi pour voir chaque rencontre. Les buts des rencontres sont également diffusés durant la mi-temps du match de Ligue 1 de 17 heures. Au total, ce sont les 132 matchs qui sont visibles contre seulement une vingtaine lorsque Eurosport était le principal diffuseur les saisons passées. Un dispositif qui plaît à beaucoup de monde comme la présidente du Paris FC :

« C’est impressionnant ! Ça fait 30 ans que je cours derrière tout le monde pour promouvoir le foot féminin, alors quand je vois un dispositif pareil, c’est exceptionnel. Ça va être génial. On prend vraiment une autre dimension ».

Marie-Christine Terroni en mars 2018 (Le Parisien)
Marie-Christine Terroni satisfaite du dispositif (crédit Photo : Paris FC)

Des rencontres en prime-time

Certains matchs sont également mis au premier plan. Pour la première fois de l’histoire, un match de foot féminin a été diffusé un dimanche à 21 heures, case réservée généralement au foot masculin.

Cette mise en avant a payé puisque succès d’audience il y a eu. 487 000 personnes ont en effet visionné le choc PSG-OL en novembre dernier. Cela reste loin du match de la Ligue 1 qui dépasse en moyenne le million de téléspectateurs. Mais c’est tout de même très encourageant pour une première. La chaîne cryptée va retenter l’expérience ce week-end en diffusant ce match retour samedi soir, de nouveau à 21 heures.

Les droits télé de la D1 en constante augmentation

Pour pouvoir posséder cette compétition, Canal n’a pas lésiné sur les moyens. Ils ont en effet dépensé 6 millions d’euros sur cinq ans, soit 1.2 million d’euros chaque saison. À titre de comparaison, les droits TV s’élevaient à 110 000€ en 2011 et 200 000€ en 2012. Néanmoins, on n’est encore bien loin du prix de la Ligue 1 avec ces un milliard par saison. Mais pour y arriver, il faut bien passer par ça. Comme on dit, Rome ne s’est pas faite en un jour.

C’est tout de même une somme qui semble ravir quelques personnes dans le monde du foot féminin comme par exemple le président de Fleury, Pascal Bovis.

« C’est très positif pour le football féminin, ça va lui permettre de franchir un palier et de continuer à se structurer. Cette meilleure médiatisation peut amener plus de public, une plus grande visibilité pour se vendre auprès des sponsors et donc des recettes supplémentaires »

Pascal Bovis en mars 2018 (Le Parisien)

Une prochaine Coupe du monde davantage mise en avant

La couverture pour les coupes du monde n’en finit plus de grimper en France. L’intégralité des matchs étaient diffusés sur Eurosport en 2011 alors que seulement certains étaient en clair sur Direct 8. En 2015, Eurosport possédait de nouveau les droits mais a cette fois redistribué plus de matchs en clair. En effet, W9 a diffusé au total 22 des 52 rencontres, dont toutes les parties à partir des quarts de finale.

Pour cette huitième édition, la couverture médiatique de cette Coupe du monde va encore passer un cap. Le groupe TF1 a récupéré les droits pour les matchs en clair et va diffuser les 25 plus belles rencontres. Par conséquent, les matchs de l’Équipe de France seront diffusés sur la première chaîne d’Europe dont les trois matchs de groupe à 21h. Des reportages seront aussi montrés durant les journaux télévisés de 13h et 20h.

Des reportages seront montrés durant les JT de Tf1 (crédit Photo : LCI)

L’intégralité des matchs pourront aussi être vus sur Canal+ et Canal+Sport, un groupe qui possède plus de quatre millions d’abonnés. De quoi assurer une belle visibilité durant cette Coupe du Monde en France.

Un succès médiatique pour l’Équipe de France féminine

Lorsque l’équipe de France est diffusée à la télévision, c’est un mini-événement et beaucoup de personnes n’hésitent pas à regarder la rencontre. Et plus la Coupe du Monde se rapproche, plus les personnes se mettent devant leur écran de télévision. En l’espace de trois mois, les filles de Corinne Diacre ont gagné près de 400 000 téléspectateurs. Cela veut donc dire que l’engouement autour de cette équipe augmente. Alors, les chiffres peuvent paraître faibles mais ces rencontres ont été diffusées sur W9, chaîne qui ne dépasse que très rarement le million de téléspectateurs.

Les audiences des derniers matchs de l’EDF féminin

Si pour les matchs amicaux, les Françaises parviennent à dépasser difficilement le million de téléspectateurs, ce n’est rien par rapport aux compétitions officielles. Durant le précédent Euro en juillet 2017, les quatre matchs de l’EDF ont attiré plus de trois millions d’individus avec un record de 3.7 millions pour le quart de finale perdu contre l’Angleterre.

Et que dire de la Coupe du Monde 2015 au Canada avec un audimat qui montait crescendo avant d’atteindre des sommets sur W9. Démarrée à 1.5 million pour leur premier match contre l’Angleterre, l’audience est ensuite grimpée vers les 4.1 millions pour la défaite en quart de finale contre les Allemandes. C’était alors un record pour la TNT, aujourd’hui battu par du handball masculin.

Une audience crescendo

L’audience était alors folle à l’époque, d’autant que certains matchs commençaient à 22 heures comme ce quart de finale. Je vous laisse imaginer le futur audimat avec un match sur TF1 pendant un mondial sur le sol français. Oui, on peut donc dire que le foot féminin peut intéresser les Français et les Françaises. Les médias l’ont bien compris.