Même si les joueuses turques ne représenteront pas leur pays lors de la prochaine Coupe du Monde féminine dans 62 jours, nous avons quand même pensé à elles. Les femmes turques ont elles aussi une histoire que nous ne pouvons pas négliger. Focus.

Gloire, histoire, victoire, premier… ces mots sont aussi connus pour qualifier aussi le football féminin. Cependant, nous peinons à voir leur succès et cela surtout en Turquie, car aujourd’hui, aucun média n’est capable de retransmettre un match où nous voyons des femmes courir derrière un ballon. Une bouffée d’air frais médiatique en moins, bien dommage car beaucoup pensent qu’elles aussi ont le droit de montrer leur savoir-faire dans le football. N’oubliez pas que même dans ce sport, « l’avenir de l’homme est la femme ».

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Un arbitre turc qui distribue des fleurs aux joueuses avant le match. Très beau geste ! (crédit photo : CNN Turk)

Une équipe de Turquie créée en 1995

Ne nous mentons pas entre nous car plusieurs personnes (et particulièrement les fans turcs) ne savaient même pas qu’une équipe de football féminin de Turquie existait. Maintenant, vous le savez ! En effet, une sélection féminine a été créée en 1995 mais malheureusement elles n’ont jamais connu la gloire. De plus, ce que nous pouvons encore dire sur cette sélection, c’est qu’elle n’a toujours pas connu une participation à une grande compétition. Et cela est sûrement la première raison qui explique pourquoi les matchs des femmes en Turquie ne sont pas transmis par les chaînes du pays. Un désintérêt.

Par exemple, aujourd’hui, les matchs de basket de l’équipe féminine du pays sont retransmis en direct à la télé nationale, tout comme les matchs de championnat car elles représentent la Turquie lors des championnats d’Europe mais aussi lors des Coupes du Monde. Aujourd’hui, les femmes qui pratiquent ce sport sont connues comme Isil Alben, basketteuse de Galatasaray et de la sélection nationale.

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Voici Isil Alben, la sportive féminine turque la plus connue en Turquie. (crédit Twitter : FanIsilAlben)

Par conséquent, il manque juste une petite qualification pour une grande compétition de football féminin pour qu’elles soient regardées par des millions de téléspectateurs. Mais cela s’avère très difficile. Pourquoi ? Tout simplement car les quatres grands du foot masculin turc (Fenerbahçe, Galatasaray, Besiktas et Trabzonspor) n’investiront pas sur le football féminin, la faute a des dettes pharaoniques. Par ailleurs, seul Besiktas a une équipe féminine à ce jour. Cependant, il faut rappeler que depuis 2006, la sélection turque féminine est en train de se reconstruire. Elles sont aujourd’hui classées à la 60ème place au classement FIFA. Vous allez dire qu’aujourd’hui nous sommes en 2019. Patience. Cela prend un peu plus de temps quand un pays peine à investir dans cette branche. Que la chance soit avec elles pour la suite.

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Voici la photo la plus récente que nous pouvons trouver quand nous tapons sur Google  » équipe de Turquie féminine  » en français. Pour rappel, les maillots datent de 2017… (crédit photo : Hurriyet)

Pour compléter notre dossier, nous n’avons pas hésité à contacter une grande supportrice de Fenerbahçe qui nous a partagé son avis concernant le football féminin turc :

« Honnêtement, le foot féminin ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse (à noter que je ne fais pas de foot). Je suis déjà tombée sur des matchs et je n’ai pas accroché. De plus, je savais qu’il y avait une équipe de foot féminine et si jamais cette équipe est en Coupe du Monde, je pense que je regarderais les matchs de mon pays »

EU (initiales de la personne) – Supportrice de Fenerbahçe

Quand Yeniad lutte pour le football féminin turc

Installée dans le football depuis de nombreuses années, Yeniad continue sa carrière en tant qu’entraîneuse de Hatay Buyuksehir Belediyespor (actuellement en division 2 du championnat turc féminin). Son objectif est de faire un nom à son club actuel mais sa mission principale est de faire connaître l’équipe de football féminine turque mondialement.

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Voici l’équipe de Yeniad, qui elle, figure à la droite de la photo. (crédit photo : Fanatik)

Elle a rappelé à plusieurs reprises à un média turc (AA)que l’objectif était que le football féminin puisse connaître le succès comme le basket féminin en Turquie. De plus, elle a indiqué qu’elle travaillait avec une grande intensité afin de monter son équipe au sommet de la Turquie dont en division 1.

« Le football pour moi est une passion ! Je cours derrière cet amour depuis 20 ans maintenant. Je veux représenter à la fois mon équipe Hatay mais aussi mon pays. Je fais tout mon possible aujourd’hui pour faire connaître le football féminin turc au monde entier ».

Yeniad, entraîneur d’Hatay et professeur de sport.

Yeniad a débuté sa carrière de footballeur pendant ses années universitaires et a poursuivi son aventure dans le football pendant plus de 20 ans. Elle y a commencé son travail d’entraîneur, il y a un an et demi précisément, et a repris l’équipe avec un handicap de -6 points en raison d’une pénalité infligée par la fédération. Cependant, aujourd’hui nous sommes dans un autre contexte. Pour elle et ses joueuses. Car son équipe est assurée de jouer les play-offs. Après cette qualification, l’équipe féminine d’Hatay a déclaré qu’elles voulaient se faire un nom en Turquie et en Europe. En gros, vous pouvez voir que Yeniad est la plus grande guerrière pour faire connaître le football féminin turc et travaille énormément pour faire aimer ce sport de plus en plus aux filles. À voir maintenant si le travail va payer !

Aylin Acur, l’arbitre turc d’Allemagne

Aylin Acur, une étudiante universitaire âgée de 22 ans, est arbitre depuis neuf ans. Elle a par la suite expliqué à une correspondante de AA comment elle est devenue arbitre. Sans oublier ses objectifs personnels et ses recommandations pour les femmes.

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Voici Aylin Acur qui rêve de devenir une très grande arbitre dans le futur (crédit photo : AlemiHaber.com)

Dans son enfance, Aylin jouait au football avec les hommes. Ensuite, elle avait été « contrainte » de jouer avec les femmes. Logique. Cependant, elle n’avait pas continué car elle n’aimait pas partager ce sport avec les filles en raison de leur niveau qui avait un trop grand écart avec les personnes du sexe masculin. Par la suite, c’est grâce à l’ami de son père et ses recommandations qu’elle est devenue arbitre.

« Depuis mon enfance, je suis une amoureuse du football. Après l’école, j’allais toujours jouer au football avec mon petit frère. Une fois, l’ami de mon père m’a dit ‘tu peux être arbitre’ et c’est à partir de cette idée que j’ai commencé à m’initier à l’arbitrage »

Aylin Acur

Par la suite, elle avait avoué à plusieurs reprises que ce métier permettrait à elle de prendre des décisions plus faciles dans sa vie. Elle a invité toutes les femmes d’être courageuse et de pratiquer ce sport ou de devenir arbitre car selon elle, « le football est quelque chose de très beau ». Outre l’arbitrage, Aylin Acur continue ses études dans l’administration publique et finit son école cette année. Cependant, elle a déclaré à plusieurs reprises que son plus grand rêve était de devenir la deuxième femme à arbitrer en Bundesliga.

La sécurité du football assurée par des femmes !

La gent féminine exerce aussi ses talents footballistiques en dehors du rectangle vert. En effet, la sécurité de l’unique représentant de la ville d’Izmir en Süper Lig, Göztepe, est assurée par des femmes. Le chef de la police du district de Bornova (commune d’Izmir), Gulden Turkal, et son assistante Aysel Uyar, assurent la sécurité des environs. Sevgul Hayal, responsable de la sécurité des entraînements du club, s’efforce de garantir la sécurité de l’arrivée et du départ de l’équipe de football du club de sport Göztepe au stade Bornova Doganlar, qui est le stade actuel du club.

Serap Aslan, directeur du bureau de contrôle de la circulation, a une mission qui vise à protéger les tribunes du stade. Oui, les femmes peuvent elles aussi assurer la sécurité des hommes !

La sécurité du club est entre les mains de ces femmes. (crédit photo : Fotomac)

Malgré ces légères évolutions dans les mœurs, aujourd’hui nous ne pouvons même pas qualifier les joueuses de l’équipe de la Turquie comme des professionnelles. La plupart sont soit en formation, soit en situation d’emploi. 95% de la population turque ne saurait même pas reconnaître les joueuses de la sélection dans les rues. Ce qui est dommage pour un pays qui aime tant le football. Un paradoxe. Le travail de diversification doit donc débuter : placer les femmes aussi en avant comme les garçons. Patience est mère de raison.