Si les Bleues semblent tombées dans un groupe très relevé avec la Norvège et le Nigéria en plus des Sud-coréennes, un autre groupe semble encore plus corsé.

La Coupe du Monde féminine arrive à grands pas. Le 7 juin, l’équipe de France ouvre les hostilités contre la Corée du Sud. Cependant, le groupe D, composé de l’Angleterre, de l’Écosse, du Japon ainsi que de l’Argentine, se révèle être le véritable groupe de la mort. Une rencontre 100% british, la revanche des Anglaises contre les Japonaises (championnes du monde 2011), une équipe d’Argentine qui fait son retour dans la compétition… Mélangeons le tout et voilà concocté un groupe qui respire le suspens à plein nez.

Le mur d’Hadrien à l’Allianz Riviera

Le premier match du groupe fait rêver plus d’un fan. Une rencontre entre deux équipes rivales, deux équipes d’un même pays. Bien que l’Écosse participe à la première Coupe du Monde de son histoire, l’affiche contre les Three Lionesses cache un fort désir de revanche.

Lors de l’Euro 2017, l’Écosse est plus forte que jamais, après des matchs tests très prometteurs comme une victoire 2-0 contre la Roumanie, une défaite sur le fil contre la Suède 0-1, ou encore une belle victoire contre l’Irlande 1-0. Avant qu’il ne prenne de l’ampleur, l’Angleterre prend soin d’éteindre le feu de joie écossais avec un sévère et cinglant 6-0.

Les joueuses écossaises se relèveront après une courte défaite contre le Portugal et une victoire face à l’Espagne. Si elles finissent troisième avec autant de points que le deuxième et le dernier, l’humiliation du premier match a raison du goal-average et l’Ecosse rentre chez elle.

Une équipe d’Angleterre qui enterre l’Ecosse dès le premier match de l’Euro 2017 (Crédit vidéo : Youtube, Al Ahly Women’s)

Aujourd’hui vingtième équipe au classement FIFA, l’Écosse semble encore très forte à l’aube de la Coupe du Monde. Les derniers matchs amicaux attestent du niveau plus que prometteur de l’effectif. Avec une série de quatre matchs sans défaites, les Écossaises ont battu l’Islande, le Danemark ainsi que le Brésil. Leur dernière défaite remonte au 1er mars dernier, où elles ont perdu d’un petit but contre le Canada.

Un collectif composé d’attaquantes à surveiller comme Jane Ross ou Lizzy Arnott, une gardienne Lee Alexander qui est à seulement quatre buts encaissés sur les six derniers matchs, voilà ce qui pourrait mettre à mal l’équipe d’Angleterre qui est également sur une très belle série. Vainqueurs de la « She Believes Cup 2019 », les Anglaises sont plus fortes que jamais avec des attaquantes redoutables comme Beth Mead et une défense très solide.

Pour autant, cette première rencontre ne scellera en aucun cas la qualification de l’une ou l’autre équipe : un autre adversaire risque de jouer les troubles-fêtes.

Le Japon, bourreau de l’Angleterre

Le désir de revanche n’atteint pas seulement l’Écosse en réalité. En effet, l’équipe d’Angleterre n’a pas encore digéré la difficile défaite en demi-finale de la dernière Coupe du Monde contre le Japon.

Les Japonaises ne sont autre que les vainqueurs de la Coupe du Monde 2011 et les finalistes de l’édition 2015. Outre ce statut de favori incontestable pour 2019, le pays du soleil levant a prouvé qu’il était toujours en forme ces dernières années, en témoigne la victoire des deux dernières éditions de la Coupe d’Asie en 2014 et 2018. Huitièmes au classement FIFA, elles font figure de favori dans leur poule. Mais…

Mais voilà, aujourd’hui, le Japon est loin d’être rassurant. Les derniers matchs de l’équipe nationale font très peur aux supporters nippons en vue de la Coupe du Monde en France. Si le pays est passé à côté de sa She Believes Cup en se faisant humilier par l’Angleterre lors du dernier match (3-0) et ne parvenant pas à se défaire des États-Unis, les deux derniers matchs amicaux n’ont pas fait taire les critiques et les inquiétudes. Le Japon s’est ainsi incliné 3-1 face à la France et a concédé le match nul face à l’Allemagne 2-2.

L’équipe du Japon, vainqueur de la Coupe du Monde 2011, après une finale dantesque contre les USA d’Abby Wambach ! (Crédit Photo : REUTERS/Wolfgang Rattay)

La raison des performances en demi-teinte de l’effectif est sûrement à aller chercher dans le vieillissement des héroïnes de 2011 : huit ans après la légende aux 105 capes, Aya Sameshima a 31 ans, la Lyonnaise Saki Kumagai, 29 ans. Elles forment avec Mizuho Sakagushi (31 ans) les derniers morceaux de l’exploit de 2011.

Par opposition à ces pilliers, l’effectif est extrêmement jeune avec seize joueuses de moins de 24 ans. Le manque d’expérience d’une grande partie de l’effectif se fait inévitablement sentir. Le Japon fait donc partie des grands favoris, mais de grosses inquiétudes planent au-dessus du Mont Fuji.

Le petit poucet sud-américain

À côté des deux mastodontes que représentent l’Angleterre et le Japon, à côté d’un outsider très crédible qu’est l’Écosse, apparaît une nation qui semble avoir peu de chances de s’en sortir : l’Argentine.

Trente-sixième équipe au classement FIFA, l’Albiceleste n’a jamais dépassé les phases de poule en deux participations au Mondial. En cumulant les six matchs joués par l’Argentine en Coupe du Monde, on atteint un résultat peu glorieux : deux buts marqués pour trente-trois encaissés…

Si l’équipe est parvenue à se qualifier en Coupe du Monde avec de belles victoires contre l’Équateur, le Panama, le Vénézuéla ou encore la Colombie dans sa phase de qualification, elle n’a pas autant flambé face à de gros morceaux comme le Brésil ou le Chili. Elle s’est inclinée scores cumulés 9-0 face au Chili et 6-1 contre le Brésil. Cela dénote évidemment une faiblesse saillante dès que l’on s’attaque à des grands gabarits.

C’est un fait, l’Argentine ne fait pas le poids face aux grosses équipés comme le Brésil (Crédit photo : Buenos Aires Times)

Les matchs amicaux attestent de cette incapacité à rivaliser avec les outsiders de la Coupe du Monde 2019. Le 28 février, l’Albiceleste encaisse un douloureux 5-0 face à la Corée du Sud, avant de perdre 2-0 contre la Nouvelle-Zélande et 3-0 contre l’Australie. Une lueur d’espoir a montré le bout de son nez lors du dernier match amical de la sélection nationale avant de partir en France. C’était une victoire 3-1 contre l’Uruguay.

Le 23 de l’Argentine semble totalement éclaté, sans réelle cohérence tactique, conséquence d’un choix limité. De très jeunes joueuses comme l’attaquante Danila Ippolito et la défenseuse Millagros Otazu (chacunes 17 ans) jouent à côté de fossiles tels Mariela Coronel (37 ans) ou encore la gardienne Vanina Correa (35 ans). L’Argentine fait ainsi figure de petit poucet, avec un niveau de jeu très faible qui contraste totalement avec les écuries britanniques et japonaises. Il faudra un miracle pour l’Albiceleste pour passer le premier tour. À priori.

Le Groupe D est finalement une poule où personne ne voudrait jouer. Deux places pour trois grosses équipes, avec une équipe argentine déjà (sur le papier ?) condamnée. L’équipe qui finira deuxième se verra le travail compliqué par un huitième de finale face au premier du groupe E, à savoir soit le Cameroun, le Canada, la Nouvelle-Zélande ou les Pays-Bas, vainqueur de son Euro 2017. Entre revanches et « derbys », ce fameux Groupe D se montre déjà haletant et irrespirable.