Atteinte d’une infection pulmonaire grave l’été dernier, Dzsenifer Marozsan, « Maro » comme la surnomment ces coéquipières, vient à peine de faire son retour sur les pelouses. Cinq mois qu’on ne l’avait plus vue toucher un ballon. Elle réapparait dans le panorama footballistique à point nommé : l’attribution du premier Ballon d’or féminin aura lieu le 3 décembre.

Maro guérie, Maro revenue. Dans le dos le numéro 10. Celui qui fait battre nos petits cœurs de footeux. Qui dit 10 dit dribbles, passes venues de nulle part, inspirations fulgurantes, passements de jambes, enfumage de l’adversaire. Dans son style bien à elle, Maro c’est un peu tout ça. Un pied droit merveilleux, force et finesse.

Maro pour Dzsenifer Marozsan. Allemande née à Budapest en avril 1992, Lyonnaise depuis 2016, attirée en Rhodanien par un Jean-Michel Aulas alléché par son titre de Championne Olympique avec la Mannschaft (2016) et avant cela, ses nombreux titres décrochés avec Francfort.

Maro, ce n’est pas n’importe qui. Elle compte déjà à son actif trois Ligues des championnes, deux titres de championne d’Allemagne, deux titres de championne de France. Elue meilleure joueuse UNFP 2016-2017 et 2017-2018, elle est également nominée pour le Ballon d’or France Football, comme la moitié de l’effectif lyonnais, qui sera décerné le 3 décembre prochain. Bref, Maro un petit monument de 26 ans.

Au cœur de l’été, au moment où les crampons se reposent, la nouvelle est tombée : Maro souffre d’une infection pulmonaire grave. On ne sait pas quand elle sera en mesure de reprendre l’entraînement. On est le 18 juillet, le championnat reprend le 25 août. Au stage de Miami, préparation pour la saison qui commence, Maro passe son tour.

Lorsque revient le temps des matchs, pas de Maro. La coupe d’Europe commence sans elle.

Ce n’est pas que Pedros soit sans solution : Henry, Kumagai, Fishlock, Christiansen. Toutes sont dans leur registre des joueuses d’immense talent. Mais Maro a ce petit plus, ce petit éclair de génie capable d’illuminer un match aussi terne qu’un dimanche automnale à regarder les feuilles mortes se détacher une à une des arbres. Et c’est peut-être pour cette raison qu’elle est la chouchou de Reynald Pedros dixit ses coéquipières Hegerberg et Le Sommer.

À quoi ressemble Lyon sans Maro ?

C’est redoutable et ça gagne évidemment. Mais peut-être quand même que Lyon avec ou sans Maro, ce n’est pas tout à fait pareil. Alors le 15 octobre, lorsque le coach Pedros a lui-même annoncé le retour de sa protégée, inscrite sur la feuille de match de ce 1/8ème de finale aller face à l’Ajax Amsterdam, on a tout de suite senti que la campagne européenne lyonnaise allait hisser plus haut ses couleurs.

Lors de ce match, Maro est effectivement entrée sur le terrain, et nous a gratifiés en fin de match d’un petit pont-effacement-passe-décisive geste qui nous a fait réaliser à quel point elle nous avait manqué.

Elle a depuis retrouvé sa place de titulaire dans le jeu lyonnais. Elle retrouve ses sensations, comme lors du match contre Dijon en championnat, où, tout à coup, à la 38ème, Maro a fait sa Maro décochant une frappe somptueuse de l’extérieur de la surface de réparation.

Elle est comme ça Maro. Parfois on a l’impression qu’elle a de supers pouvoirs. Et lorsque la saison dernière, elle portait un masque pour protéger sa pommette brisée lors d’un choc, on pensait nous plutôt à l’attribut d’une tenue de héros à la Marvel.

Bientôt le Ballon d’or ?

Guérie Maro, de retour. Elle revient de cette longue absence avec énormément d’envie, un jeu dense, compacte. Le jeu de celle qui a été en manque. Pourtant elle a renoncé au rassemblement avec la Mannschaft, ne s’estimant encore qu’à 60-70% de ses capacités.

Ces 30% manquants feront peut-être la différence pour décrocher le premier ballon d’or de l’histoire du football féminin.

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