Aujourd’hui, les plus grands clubs de Turquie sont victimes d’une crise qui est due au surendettement. À cause de ce problème, le football turc est en recul et les clubs peinent à investir pour construire des équipes qui peuvent concurrencer les plus grands cadors du monde.

Et malheureusement, la crise est en train de s’aggraver de jour en jour. Les équipes de la Süper Lig peinent à trouver une solution pour diminuer les écarts qui sont aujourd’hui très importants. Carrément, Fenerbahçe demande de l’aide à ses supporters et a commencé une campagne qui permet aux fans de verser de l’argent dans le compte du club. Et bientôt, les autres clubs seront dans l’obligation de commencer cette campagne pour assurer la pérennité de leur club de cœur !

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Les supporters du club sont l’espoir de Fenerbahçe ! (crédit image : Haberport)

Les banques : les plus grandes victimes du football turc

Les clubs des « Big Four », qui comprennent également Besiktas et Trabzonspor aux deux autres largement connus, ont beaucoup dépensé ces dernières années pour attirer des stars étrangères. Les mauvais résultats sur le plan national et international ont exacerbé les dettes qu’ils ont accumulées. À cause de cette crise, les médias turcs ont annoncé que le prêteur d’État, Ziraat Bank (banque turque), restructurerait les dettes des 18 clubs turcs de Süper Lig. Cependant, l’Association turque des banques (TBB) a déclaré qu’aucune d’entre elles ne sera remboursée même si les clubs peinent à verser les intérêts qui doivent aux sociétés financières, et a assuré par la suite que toutes les banques auraient dû anticiper les risques de crédit. En gros, on préfère la pérennité des clubs de football que la pérennité des banques en Turquie. C’est par pour rien qu’on avait dit que le football pour les Turcs représente leur « deuxième religion « .

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Une réunion devrait avoir lieu entre ces deux institutions dans les prochains jours à venir. (crédit image : HaberTurk)

À l’instar de nombreuses entreprises turques ayant contracté d’importants emprunts en devises, les clubs ont également souffert d’une crise monétaire qui a entrainé une perte de près de 30% de la livre turque par rapport au dollar en 2018. Cependant, il existe tout de même un point positif à cela. En effet, en décembre dernier, les actions des géants d’Istanbul (Galatasaray, Besiktas et Fenerbahçe), ont augmenté de 5 à 8%, tandis que celles de Trabzonspor ont progressé de plus de 3%. Aujourd’hui, elles sont encore cotées autour de ces pourcentages.

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Voici les 4 plus grands clubs de Turquie même si Basaksehir arrive en force. (crédit image : Sabah.com.tr)

Enver Erkan, économiste chez GCM Securities, a déclaré que les marchés avaient réagi de manière positive en partie parce que les banques d’état étaient censées offrir des taux d’intérêt plus bas pour les prêts restructurés.

« Il y a une défaillance du marché et une défaillance administrative. Les bilans se sont effondrés par des dépenses imprévues, des contrats mal conclus avec des acteurs étrangers. La livre turque est en difficulté par rapport aux autres monnaies et cela a été le cauchemar du football turc… »

Enver Erkan – Économiste

En PLS depuis le début de saison

Le champion actuel de la dette est… Fenerbahçe. L’équipe canari a récemment annoncé que les dettes du club avaient largement dépassé les chiffres précédemment divulgués, atteignant 3,2 milliards de livres turques, soit 621 millions d’euros.

« La dette avait été divulguée à 400 millions d’euros. Au 31 mai, notre dette totale s’élevait à 621 millions d’euros. La plus grande partie de cela est la dette financière. Il y a aussi des dettes dans nos activités sportives et envers l’État ».

Ali Koç – Président de Fenerbahçe à FB TV (chaîne du club)

Les principaux revenus de Fenerbahçe proviennent de la vente de billets, des guichets professionnels, des abonnements, des revenus de la télévision et des compétitions. Et comme évoqué précédemment, Fenerbahçe a commencé une campagne de crown-funding qui leur permet d’apaiser le compte du club. L’objectif des dirigeants est de pouvoir récolter 60 millions d’euros d’ici le 31 mai. Il convient également de signaler que les Canaris ont également été impliqué dans le fameux scandale de corruption dans le sport turc en 2011, qui a conduit à une interdiction des compétitions européennes la saison suivante et à une réduction des revenus importants.

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Ali Koç, le président de Fenerbahçe (crédit image : newsbeezer.com)

Galatasaray, actuel champion en titre de la Ligue turque, a révélé que la dette totale s’élevait à 2,8 milliards de livres turques. En 2016, les Lions ont été frappé d’une interdiction d’un an pour ne pas satisfaire aux exigences de l’UEFA en matière de Fair-play financier. Deux ans plus tard, en juin 2018, le club a été condamné à une amende de 6 millions d’euros pour non-respect du seuil de rentabilité fixé par l’UEFA. En vertu du nouvel accord, Galatasaray sera autorisé à enregistrer un déficit maximal de 20 millions d’euros en 2019 et de 10 millions d’euros en 2020. Le club devra atteindre le seuil de rentabilité maximum d’ici 2021/2022. Cependant, si l’équipe chère à Fatih Terim ne respecte pas les conditions de l’UEFA, les Lions devront à nouveau payer une amende, cette fois-ci plus cher, à hauteur de 9 millions d’euros…

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Mustafa Cengiz, le président de Galatasaray. (crédit image : Hurriyet)

Besiktas, qui occupe la 3ème place du classement en championnat, a déclaré avoir une dette totale de 2,1 milliards de livres turques. Sous la direction de Fikret Orman, président actuel du club, Besiktas a connu un changement majeur. Le club, qui a remporté deux titres consécutifs et a atteint les huitièmes de finale de la Ligue des champions, a eu recours par le passé à une politique de transfert strict qui lui a permis de produire près de 480 millions de livres turques de plus-value. Le plus important a été la vente de l’attaquant Cenk Tosun à Everton pour 22,5 millions d’euros en 2017. De plus, l’ancien attaquant des Aigles Noirs a été remplacé par un ancien du club, Burak Yilmaz. Des recettes qui ont sauvé quelque peu les apparences.

Cependant aujourd’hui, c’est tout un autre contexte pour les Aigles Noirs, beaucoup de joueurs du club ont dénoncé Besiktas après la révélation de salaires impayés comme Loris Karius, le gardien de Besiktas. Nous pouvons aussi dire que le départ de Pepe cet hiver pour le FC Porto est dû aux problèmes financiers que traverse le club. Ce n’est pas pour rien que nous disons que le surendettement est le plus gros microbe du football turc car à cause de ce fléau, les plus grandes équipes perdent les joueurs majeurs et peine à investir.

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Fikret Orman, l’un des meilleurs présidents de l’histoire de Besiktas pour la majorité des supporters (crédit image : www.aa.com.tr)

En soi, pour résumer tout cela, le seul point positif est le fait que les clubs turcs – à cause de leurs dettes – n’achètent plus de joueurs « gourmands » financièrement et reste dans le raisonnable, c’est-à-dire la formation et la plus-value. Ils sont dans l’obligation par la suite de piocher des joueurs dans leur centre de formation comme Abdulkadir Omur, Yusuf Yazici ou encore Cengiz Under de l’AS Roma.

Ekrem Imamoglu, le nouveau maire d’Istanbul à la rescousse

Très peu connu en Turquie avant de se lancer pour les élections municipales le 31 mars dernier, Ekrem Imamoglu (49 ans) et opposé au président actuel Recep Tayyip Erdogan est devenu le nouveau maire d’Istanbul. Invité au plateau de FOX TV, le nouveau commandant de l’ancien Constantinople a répondu à plusieurs questions et il n’a pas hésité à annoncer qu’il allait aider les plus grands de Turquie d’Istanbul… sauf l’équipe de Tayyip Erdogan, Basaksehir.

« Je suis maintenant le maire d’Istanbul. Je suis l’homme le plus chanceux de la terre. Il y a des équipes comme Besiktas fondées en 1903, comme Galatasaray fondé en 1905 ou encore comme Fenerbahçe fondé en 1907. Je pense qu’on fera du bon travail pour pouvoir les relancer et pour qu’il puisse nous représenter au mieux en Europe. Mon but n’est pas de créer un club mais de l’encourager à aller par l’avant ».

Ekrem Imamoglu – Maire d’Istanbul
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Ekrem Imamoglu, le nouveau maire d’Istanbul. (crédit photo : France 24)

Si nous voulons que le championnat turc soit reconnu aux yeux du reste du monde, il faut impérativement trouver des solutions pour réduire les écarts trop importants liés au surendettement. Les aides comme la campagne de Fenerbahçe ou encore par les plus grands hommes d’affaires du pays peuvent aider le football turc à se relancer. Attendons de voir, et en attendant, restons branchés sur l’actualité du football turc et son ambiance si particulière.