Six mois après son arrivée, Ricardo n’est déjà plus l’entraîneur des Girondins de Bordeaux. Des mauvais résultats et un jeu ennuyeux ont poussé Joe Dagrosa et les nouveaux investisseurs à le licencier.

Lorsque Ricardo arrive au poste début septembre, Bordeaux est avant-dernier du championnat. Mais ne possédant pas le diplôme d’entraîneur, il est nommé manager général. Le Brésilien laisse ainsi les conférences de presse et le nom sur la feuille de match à Eric Bédouet. Ce poste est un leurre puisque c’est bien Ricardo l’entraîneur du club.

Des résultats décevants

Que ce soit en Ligue 1, Ligue Europa et dans les coupes nationales, on s’attendait mieux du Bordeaux de Ricardo. Commençons par le championnat avec des résultats en dent de scie. De bons résultats (match nul contre Paris et victoire contre Saint-Etienne en trois jours) mais également des mauvais (deux nuls consécutifs contre Caen et Dijon par exemple) remplissent la saison girondine. Sous l’ère du coach passé par Paris, Monaco ou… Bordeaux, les Girondins ne sont que treizièmes pour sept victoires, huit nuls et sept défaites.

La Ligue Europa n’est guère reluisante pour l’équipe de Ricardo. Dans une poule abordable avec le Zénit Saint-Pétersbourg, Copenhague et le Slavia Prague, Bordeaux ne parvient pas à terminer dans les deux premiers. Ils échouent en effet à la troisième place à cause d’un départ catastrophique (un point en quatre matchs).

Le classement de Bordeaux en Europa League (crédit Photo : FlashRésultats)

Terminons par les coupes nationales. La Coupe de la Ligue s’est achevée en quarts de finale à Strasbourg. Bien que devant à la pause sur le score de 1-0, Bordeaux s’est écroulé en dix minutes en concédant trois buts. Le score final est finalement de 3-2. Concernant la Coupe de France, c’est Le Havre qui les a éliminés 1-0 dès leur entrée en lice en 32èmes de finale.

Des choix de joueurs parfois surprenants

Certains joueurs sont décevants cette saison mais malgré tout Ricardo a continué à les titulariser. On pense en premier lieu à Maxime Poundjé, latéral gauche. Il gagne notamment moins de 50% de ses duels (48.6%). À titre de comparaison, le joueur de 26 ans a remporté 59% des duels la saison passée. Malgré cela, il est le cinquième joueur le plus utilisé de l’effectif. Ricardo aurait par exemple pu faire jouer Youssouf Sabaly ou Sergi Palencia à son poste.

Maxime Poundjé, un des joueurs décevants sous l’ère Ricardo (crédit Photo : çameditsport.com)

Au milieu de terrain, Jaroslav Plasil a disputé seize matchs malgré des performances en dent de scie. Certes normal au vu de ses 37 ans. Au niveau de l’attaque, Andreas Cornelius (prêté parc l’Atalanta Bergame) a disposé d’un faible temps de jeu sous l’ère Ricardo. Et pourtant, le Danois a marqué trois buts et délivré une passe décisive en 781 minutes de jeu. Le titulaire à ce poste est Jimmy Briand alors qu’il n’a marqué que deux buts de plus malgré un temps de jeu deux fois supérieur.

Andreas Cornelius, un joueur qui aurait mérité plus de temps de jeu (crédit Photo : L’Equipe)

Enfin, les recrues achetées au mercato hivernal n’ont pas eu leur chance. Débarqué du PSG, Yacine Adli n’a disputé que 39 minutes alors que Josh Maja seulement 140.

Un jeu très pauvre

On ne va pas se le cacher : lorsque l’on regarde le Bordeaux de Ricardo, on s’ennuie très souvent devant les rencontres. Et cela se voit dans les travées du Matmut Atlantique puisque le stade n’est rempli que de moitié.

Le jeu bordelais prôné par Ricardo réside plus sur des individualités que sur un réel collectif. Ce sont plus les exploits individuels des attaquants qui ont légèrement porté Bordeaux au fil de la saison. Il pouvait notamment compter sur un François Kamano très performant mais qui n’a plus marqué depuis le mois de décembre.

Les Girondins ont d’ailleurs l’une des pires attaques sous l’ère de l’entraîneur brésilien avec 23 buts marqués en 23 rencontres, soit un par match. Cela s’explique tout d’abord par une équipe qui réalise peu de passes dans le dernier tiers du terrain. Ricardo et son équipe ne sont que la quatorzième équipe à se faire le plus de passes.

Cela peut ensuite s’expliquer par un manque criant d’occasions. C’est en effet l’une des équipes du championnat qui tire le moins de l’intérieur de la surface. Il n’y a qu’à regarder la heatmap des Girondins lors du dernier match de Ricardo sur le banc de touche. Sur ce match à Nantes, Bordeaux ne touche que dix petits ballons dans la surface adverse.

La heatmap des Girondins de Bordeaux lors du match à Nantes (crédit Photo : WhoScored)

Le match de trop pour les dirigeants qui décident de se séparer de l’entraîneur brésilien quelques jours après. Il laisse la place à Paulo Sousa qui va signer normalement en fin de semaine.