Auteur d’un début de saison catastrophique, Monaco et Jardim vivent pour le moment la saison la plus difficile sous l’ère russe. Il est alors légitime de se demander si l’entraîneur portugais ne connaît pas la saison de trop pour sa cinquième saison.

Avec seulement 6 points en 8 journées, l’AS Monaco connaît son plus mauvais départ depuis la remontée en Ligue 1 en 2013. Ils n’ont en effet plus gagné depuis la première journée du championnat début août à Nantes. Entre blessures à foison et méforme des cadres, Leonardo Jardim peine à trouver des solutions pour relancer une machine enrayée. Ce dernier avait tout de même anticipé ce départ raté avant le début du championnat.

Nous allons connaître la saison la plus difficile depuis mon arrivée.

Un problème de préparation

En raison de la coupe du monde, Leonardo Jardim a vu sa préparation tronquée. Les joueurs ne sont pas revenus en même temps et donc n’ont pas eu le même degré de préparation. Par exemple, la reprise a démarré le 29 juin alors que certains étaient en lice pour remporter le mondial. D’un point de vue pratique, l’entraîneur portugais opte pour une préparation différente de ses confrères. Depuis l’été 2014, date de son arrivée, Jardim opte pour un entraînement avec ballon. C’est à dire que la préparation physique n’existe pas, il n’y a pas de courses par exemple. Tous les exercices préparés doivent se faire avec un ballon pour familiariser les joueurs. Son entraîneur adjoint en a d’ailleurs parlé en janvier 2016.

Nous ne faisons pas de préparation physique avant la saison, nous avons une période d’adaptation.

Ce type de préparation peut en revanche surprendre des joueurs plus habitués à un entraînement classique. C’est le cas de jeunes joueurs qui ont fait toute leur formation avec une préparation physique. Avec un effectif aussi jeune cette année, ce type d’entraînement est peut-être l’une des raisons de ce début raté. Mais Monaco a surtout beaucoup de mal à terminer les matchs. Ils ont d’ailleurs encaissé 5 buts dans le dernier quart d’heure de la rencontre. Ce manque de préparation physique cause également beaucoup de blessures aux joueurs de la principauté. Outre l’année du titre, le club de la Principauté n’est pas épargné avec des douleurs principalement musculaires ; cette année ne dérogeant pas à cette règle.

Un souci d’effectif

Depuis le début de la saison, Monaco est impacté par un nombre de blessures importantes, plus ou moins graves. Nous pouvons recenser Stevan Jovetic, Rony Lopes, Pietro Pellegri, Willem Geubbels. Toutes ces absences proviennent d’un souci musculaire qui les rendent indisponible depuis presque le début de saison. D’autres blessures sont causées par des chocs en match ou durant les entraînements. C’est le cas par exemple de la recrue phare Aleksandr Golovin qui a manqué un mois et demi de compétition suite à une entorse de la cheville. Par conséquent, Leonardo Jardim doit composer un 11 compétitif tout en prenant compte du calendrier chargé. Il a en effet dû utiliser 10 compositions différentes en autant de matchs !

Mais ce qui est le plus inquiétant, ce n’est pas tant les compositions en elles-mêmes, c’est plutôt normal au vu de son effectif. Ce sont surtout les systèmes de jeu qui étonnent. En seulement 10 matchs, le coach portugais a déjà dû s’en servir de trois. Il y a eu tout d’abord l’utilisation du 4-4-2 lors du début de saison. Ensuite, Leonardo Jardim a décidé d’utiliser le même système que l’année passée avec le 4-2-3-1. Enfin, pour gagner en stabilité, le lusitanien a choisi un 5-4-1 lors du dernier match. Avec trop peu de réussite pour le moment …

Monaco en 4-4-2 (2ème journée)
Monaco en 4-2-3-1 (7ème journée)
L’AS Monaco en 5-4-1 (8ème journée)

Un fond de jeu pauvre

Lors des précédentes saisons, on connaissait le style de jeu des monégasques : jeu défensif et contres attaques en 2014-2015 ou jeu sur les côtés lors de la saison du titre. Pour le moment, c’est difficile de cerner la façon de jouer que veut imposer Leonardo Jardim. On ne peut pas non plus dire que le jeu de Monaco soit très enthousiasmant à regarder. Le match à domicile contre Angers est une preuve parfaite du jeu monégasque. Avec une multitude de passes ratées et aucune frappe cadrée, Jardim a certainement entraîné l’un de ses plus mauvais matchs. Aucune once de danger sur la cage adverse n’a été procurée.

Les statistiques de Monaco-Angers

Outre les statistiques de match peu flatteuses pour Jardim et ses joueurs, c’est surtout la « heatmap » qui est frappante. On peut donc voir que les joueurs monégasques n’étaient presque jamais dans la surface adverse et se cantonnaient à rester au milieu de terrain.

La zone de chaleur des joueurs de Monaco face à Angers

Enfin, certains joueurs semblent perdus avec la façon de jouer du coach portugais. Par exemple, Youri Tielemans – excellent avec la Belgique ou à Anderlecht – est fantomatique sous la diagonale. La charnière centrale se sent quant à elle obligée d’envoyer de longs ballons. Ces ballons empêchent de construire proprement une attaque. Quant à Radamel Falcao, il est également trop esseulé devant et peu de ballons arrivent dans la surface adverse.

Aussi compliqué en Ligue des Champions

A l’aube de la deuxième journée de Champions League, Monaco se retrouve déjà au pied du mur, jaune en l’occurrence. En effet, ils ont concédé une première défaite sur son terrain face à l’Atletico Madrid. Aujourd’hui, Leonardo Jardim va devoir trouver des solutions pour battre le Borussia Dortmund, leader de Bundesliga et en pleine confiance actuellement. Il devra soit opter pour une composition défensive avec le même schéma tactique que face à Saint-Etienne au dernier match, soit faire un système plus classique. Ce qui est sûr, si Monaco veut s’en sortir et remonter au classement, Leonardo Jardim va devoir trouver des solutions assez rapidement, sous peine d’être remplacé. La cruauté du football.