À deux journées de la fin, Monaco est dix-septième et se retrouve en grande difficulté pour le maintien. Si les joueurs ou les dirigeants sont bien évidemment en cause, Leonardo Jardim est sans doute le plus grand responsable de ce désastre.

Après avoir été limogé en octobre dernier et remplacé par Thierry Henry, Leonardo Jardim a été rappelé par le propriétaire russe, Dmitri Rybolovlev en janvier. La situation était alors compliquée puisque le club de la Principauté était alors dix-neuvième et les résultats étaient catastrophiques (défaite à domicile contre Strasbourg 5-1 ou en Coupe de France contre Metz 3 à 1).

On pourrait également accuser les dirigeants qui, la plupart du temps, ont passé l’attrait financier avant celui du sportif, mais l’effectif est bien supérieur à celui de Caen, Dijon ou Amiens.

Les supporters sont à bout de Leonardo Jardim (crédit Twitter : @LiveTeamASM)

Un retour réussi, grâce à Henry ?

Le retour de Leonardo Jardim était parfaitement réussi durant les deux premiers mois (quatre victoires et trois nuls). Ces résultats avaient permis de remonter à la seizième place avec une marge confortable de neuf points d’avance sur le dix-huitième. Mais ce retour réussi est plus dû aux apports des recrues et au travail de Thierry Henry que celui de l’entraîneur lusitanien.

Même si Henry n’avait pas eu les résultats escomptés, il a travaillé la partie physique durant sa présence au club. Une partie très souvent délaissée par Jardim comme l’a expliqué son adjoint en janvier 2016.

« Dans notre modèle d’entraînement, il n’y a pas une préparation physique. Il y a l’entraînement qui a pour objectif l’adaptation. […] Nous ne faisons pas de préparation physique avant la saison, nous avons une période d’adaptation. »

Nelson Caldeira, adjoint de Leonardo Jardim, en janvier 2016 (site officiel du club)

L’ancien adjoint des Belges évoquait souvent ce souci physique pendant les conférences de presse. Durant la première partie de saison, cela se voyait en effet que les joueurs monégasques piochaient physiquement lors de la fin des matchs. Au retour de Jardim, les joueurs étaient donc au top physiquement et pouvaient répéter les efforts.

L’autre point est l’arrivée de recrues qui ont fait la différence. C’est le cas de Gelson Martins flamboyant, enchaînant les buts et les passes décisives (trois buts et une passe lors de ses quatre premiers matchs).

Gelson Martins, buteur contre Nantes (crédit Photo : Sport.fr)

Puis plus rien ou presque depuis. Comment expliquer cela ? Certainement un manque de condition physique, lui qui a besoin de cela pour profiter de sa vitesse et percussion. Les autres recrues étaient aussi en forme et décisives comme Cesc Fabregas, Adrien Silva ou Carlos Vinicius.

Une trêve internationale coupant la dynamique

Mais depuis la victoire à Lille et après la trêve hivernale, l’ASM n’a réalisé aucune victoire. Qu’a-t-il bien pu se passer durant la trêve internationale de mars ? Qu’ont-ils fait durant ces deux semaines pour retomber dans la léthargie qui a porté les joueurs durant les six premiers mois ? Ce sont les questions qu’on est en droit de se poser.

Pour certains monégasques, les entraînements de Jardim sont la cause des maux du club (crédit Twitter : @LiveTeamASM)

Et Leonardo Jardim est sans doute l’un des principaux coupables de tout cela. Les joueurs sont redevenus amorphes sur le terrain et empruntés physiquement. Ils sont en effet incapables de jouer avec une grosse intensité durant toute une rencontre. Mais outre cette condition physique qui interpelle, que dire de ces choix de joueurs et de sa tactique. Elle repose en effet plus sur des exploits individuels qu’un quelconque jeu collectif.

À chaque match, le technicien portugais décide de mettre en place son fameux 4-2-3-1 avec Radamel Falcao seul en pointe. Une composition qui interpelle alors que l’on sait le Colombien est meilleur avec un attaquant à ses côtés. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que sa meilleure saison au club a été celle d’il y a deux ans où il évoluait avec Kylian Mbappé ou Valère Germain. Et sans surprise, cette formation ne marche presque jamais et Leonardo Jardim repasse à deux attaquants à la mi-temps. Mais le mal est fait puisque l’ASM se retrouve très souvent mené.

Le journaliste de Nice-Matin, Fabien Pigalle s’interpelle sur le schéma tactique de Leonardo Jardim (crédit Twitter : @FabPigalle)

Outre ce système de jeu, c’est le choix des joueurs qui interpelle. À commencer par Djibril Sidibé qui enchaîne des prestations allant de moyen à médiocre. Aleksandr Golovin ou Rony Lopes sont également très décevants. Mais pourtant, tous ces joueurs se retrouvent titulaires à chaque rencontre. Il ne fait par exemple pas confiance au latéral droit Ronaël Pierre-Gabriel ou à Kevin N’Doram, formé au club.

Recruté pour 5 millions d’euros de l’AS Saint-Étienne, Ronaël Pierre-Gabriel n’existe pas aux yeux de Leonardo Jardim (crédit Photo : Eurosport)

Lors de chacune de ses titularisations, il a toujours été bon mais se retrouve placardisé par Jardim, sans que l’on sache réellement les raisons.

Deux matchs pour sauver le club

Amiens et Nice. Voilà le calendrier compliqué de Monaco pour terminer la saison. Et Leonardo Jardim va donc devoir trouver les mots qui motiveront les joueurs et travailler durant la semaine d’entraînement. Mais sa dernière conférence d’après-match ne pousse pas réellement à l’optimisme.

« Il n’y a pas le feu. On n’a peut-être pas un effectif qui a les qualités mentales pour jouer le maintien. »

Leonardo Jardim hier soir en conférence de presse

Celui-ci semble donc très serein et ne semble pas mettre la pression à ces joueurs. Pas sûr que cela soit une bonne stratégie quand on sait que le maintien est avant tout une guerre. Mais une chose est sûre, une relégation serait dramatique pour le club et Leonardo Jardim n’en sortira certainement pas indemne.