Ce soir à 21 heures (heure française) au stade d’Ismaïlia aura lieu le dernier huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Le Ghana affrontera la Tunisie en comptant fermement sur les frères Ayew.

Ce soir donc aura lieu la dernière rencontre des huitièmes de finale entre deux équipes en plein doute. Cumulant en six matchs cinq nuls et une seule victoire seulement, celle du Ghana contre la Guinée-Bissau lors du troisième match de leur poule. Pourtant Ghanéens et Tunisiens sont dans l’incertitude à l’heure de ce match décisif. Dans une compétition où les surprises sont régulières et les actions difficiles à concrétiser, le Ghana misera sur sa fratrie. André et Jordan Ayew, dignes successeurs de leur père Abedi, vainqueur de la CAN en 1982.

Les frères Ayew (à gauche André et à droite N°9, Jordan) – (Crédit photo : Africa Top Sports)

Ghana VS Tunisie : deux équipes qui doutent de tout

En ce mois de juillet footballistique à plus d’un titre, les compétitions continuent pour notre plus grand bonheur. Après la fin hier soir de la Coupe du monde féminine (USA victorieuse) et de la Copa America (Brésil), la dernière compétition en cours est la Coupe d’Afrique des Nations en ce bel été. Gorgées de surprises et d’éliminations baroques ou inattendues, celle-ci attise désormais la curiosité des suiveurs.

André Ayew, la meilleure chance du Ghana (Crédit photo : BBC)

Dans cette optique, la rencontre Ghana-Tunisie prendra tout son sens ce soir en permettant de voir à l’œuvre deux équipes en plein doute. Doutes au sujet de la sélection, de l’encadrement, du jeu pratiqué et des résultats du premier tour. Le tout est à l’avenant, et, Ghanéens et Tunisiens partiront au moins sur un pied d’égalité. Celui de ne pas savoir où en est réellement leur sélection sur ce tournoi 2019.

« La Tunisie a une bonne équipe et personne ne peut les sous-estimer. Nous devons faire en sorte à notre niveau de faire du mieux que nous pouvons pour gagner ce match. Le plus important est de prendre les matchs comme ils viennent et les rencontres perdues par l’Égypte et le Cameroun le démontrent, rien n’est acquis… »

Le sélectionneur James Kwesi Appiah dans l’incertitude de la compétition (Goal)

Certes, les Tunisiens peuvent compter sur un milieu de terrain de talent et à tout faire. Cependant, les Ghanéens ne sont pas en reste et ont des arguments à faire valoir. Misant sur une fratrie qui représente le pays de Kwame Nkrumah (héros de l’Indépendance ghanéenne, NDLR). André (29 ans) et Jordan Ayew (27 ans), buteurs et créateurs d’une équipe en manque de repères. Le danger viendra donc de ces deux attaquants, meneurs d’une équipe qui aura besoin d’une performance de choix de leurs leaders.

André et Jordan, une saison en prêts

En effet, les deux frères sont devenus des cadres des « Blacks Stars » (surnom de la sélection ghanéenne, NDLR) mais leurs saisons respectives ne plaidaient pourtant pas en leur faveur. Si André (5 buts) est parti exercer ses talents en Turquie au sein de Fenerbahçe pour finalement avoir été malmené au sein d’une équipe bancale, Jordan n’a pas fait mieux non plus.

Ghana-Bénin soit Ayew FC VS Bénin (Crédit vidéo : YouTube – CAF TV)

Au sein de Crystal Palace bien installé en milieu de tableau, le jeune frère du capitaine ghanéen n’aura pas marqué de son éclat le championnat anglais. Un seul petit but, des bouts de matchs et une saison traversée en ombre chinoise n’auront pas permis à Jordan Ayew de continuer à donner la pleine mesure de son talent entrevu à l’OM. Désormais, les deux joueurs montrent leur faim de jeu et de buts.

En témoigne le premier tour de la CAN où sur les quatre buts marqués par le Ghana, trois l’ont été par les frères Ayew (2 Jordan et 1 André). Grâce à eux, en grande partie responsables de la qualification du Ghana en huitièmes de finale avec pourtant trois matchs nuls successifs. Une importance dans le dispositif immuable et montrant le degré de confiance de l’équipe envers les Ayew.

La sélection, LA priorité des Ayew

Néanmoins, si les performances en club d’André et Jordan Ayew sont discontinues d’une saison à l’autre, il n’en est pas de même en sélection. Piliers du groupe depuis plus d’une dizaine d’années pour l’un (André) et bientôt 10 ans pour l’autre (Jordan), la fraterie Ayew correspond à des animateurs de l’attaque, pourvoyeurs de ballons et dynamiteurs de défense. Les deux frères constituent la meilleure chance de qualification du Ghana.

Abedi Pelé, N°10 du Ghana, le digne père de son fils (Crédit photo : Courrier des Afriques)

Une priorité rendue nécessaire par l’histoire familiale puisque les fils du grand Abedi Pelé n’ont jamais rompu avec la sélection. Une sorte de sacerdoce permettant de se ressourcer en représentant le pays de leur père. Mais surtout une envie de se lâcher de saisons frustrantes alors que les deux frères regorgent de talents balle au pied. Mais n’arrivant pas à durer sur la longueur dans leurs championnats.

La victoire du papa des frères Ayew en 1982, année du sacre du Ghana (Crédit vidéo : YouTube – Tracker 11)

Dès lors, rien d’étonnant que les numéro 9 (Jordan) et 10 (André) soit placés dans les meilleures conditions par leur sélectionneur. Que ce soit en 4-2-3-1 avec Jordan devant et André derrière lui en meneur de jeu ou en 4-4-2 avec Jordan et André en attaque. Tout est fait pour leur permettre de s’exprimer le mieux possible à travers leur talent respectif.

Les boss de France (Abedi Pelé à gauche et son président Bernard Tapie) en 1993 après la victoire de Marseille face au Milan AC (1-0) – (Crédit photo : So Foot)

Passerelle générationnelle

Cependant peut-être plus que leurs statistiques, le lien le plus important des Ayew est leur capacité à concentrer sur eux l’histoire du Ghana, à travers leur père Abedi mais également leurs expériences de la sélection. Une capacité à hisser haut le groupe en faisant profiter au maximum leurs partenaires. D’ailleurs mise en valeur à travers les entraîneurs quelle que soit l’époque.

Le gardien Richard Kingson et le milieu Stephen Appiah, piliers de leur sélection hier, dans l’encadrement aujourd’hui (Crédit photo : Ghana Celebrities)

Toutefois, si le sélectionneur actuel James Kwesi Appiah est contesté au pays, le staff technique comporte deux joueurs avec lesquels André a joués. L’immense milieu de terrain passé par la Juventus Turin et… Fenerbahçe Stephen Appiah d’un côté, manager de la sélection. Mais également l’ancien gardien ghanéo…turc Richard Kingson passé lui à… Galatasaray et désormais entraîneurs des gardiens des « Blacks Stars ».

Uruguay-Ghana en 2010 avec la fameuse main de Suárez devant Stephen Appiah (N°10 rouge) – (Crédit photo : So Foot)

Deux joueurs avec lesquels André aura participé notamment à la campagne de 2010 en Afrique du Sud. Une Coupe du monde durant laquelle le Ghana aura été éliminé en quart de finale, match rendu par ailleurs célèbre par la fameuse main de l’Uruguayen Luis Suárez (1-1 puis 4-2 après TAB) dans sa surface. Une meurtrissure toujours vivace mais des liens indéfectibles pour cette génération. Pourtant, celle qui aura malgré tout donnée toutes ses promesses à ce pays de football qu’est le Ghana.

Fin de parcours ce soir ou début d’un cycle ?

Quoi qu’il en soit, la rencontre de ce soir sera décisive et le couperet tombera pour le vaincu. Si le Ghana réussit une performance en se qualifiant pour les quarts de finale, les frères Ayew en prendront une part prépondérante. Pour une sélection considérée comme une des meilleures sur le continent africain, ce ne serait que justice finalement.

La Macarena ghanéenne ? (Crédit photo : l-frii)

Enfin que ce soit André ou Jordan, tous deux caressent également le rêve secret de succéder à leur père. En espérant inscrire leur nom au palmarès de la compétition africaine phare. Pour cela rien de mieux qu’une victoire convaincante contre la Tunisie pour espérer rêver. Dans tous les cas, les coéquipiers du milieu tunisien Wahbi Khazri devront se méfier de la famille Ayew. En effet, si ce n’est pas André qui fera des siennes sur le terrain, le danger se nommera Jordan… et vice et versa.