En moyenne, les équipes de MLS ont joué entre dix et douze matchs chacune en 2019. Entre surprises et déceptions, une tendance s’affirme dans la course aux play-offs.

On dit souvent que le sprint final d’une saison est un des moments les plus importants de l’année. En réalité, il se trouve que les dix premières rencontres du championnats permettent d’établir un classement qui sera décisif à la fin de l’exercice. En effet, 75% des formations étant en position de se qualifier en play-off après dix semaines, s’y retrouvent bien après les 34 matchs disputés. Voyons aujourd’hui quels enseignements tirer de ce début de MLS.

Exemple à l’Est, ces dernières années, où les équipes en tête après une dizaine de matchs se sont quasiment toutes qualifiées pour les playoffs (Crédit image : TVA Sports)

Conférence Est : tout est encore possible

La conférence Est est pour le moment dominé par un duo : Philadelphia Union et D.C. United. Cependant, comme bien souvent dans les classements de MLS, il est nécessaire de s’attarder sur le nombre de matchs joués. Ainsi l’Impact, troisième, à une rencontre de plus et des équipes comme Atlanta ou Toronto peuvent aisément revenir sur la tête en cas de victoire dans leurs matchs en retard.

Le classement de la conférence Est
(Crédit image : MLSsoccer.com)

Philadelphie et D.C. restent sur leur bonne lancée de l’année dernière et enchaînent les bons matchs. L’équipe de la capitale peut compter sur un Rooney toujours motivé et auteur de six buts. Quant à l’Union, l’équipe ne dispose pas de star mais surfe sur un collectif bien huilé.

Montréal est la bonne surprise de ce début de saison à l’Est. L’équipe de Rémi Garde avait raté les PO l’année dernière malgré une bonne fin de championnat. Les progrès constatés sont aujourd’hui encore remarquables. L’entraîneur français a enfin pu mettre en place le jeu qu’il souhaitait avec le type de joueurs qu’il voulait. De plus, l’équipe a joué dix de ses treize matchs à l’extérieur, ce qui rend la performance du club québécois encore plus louable. Et puis Nacho Piatti, meilleur joueur de Montréal mais blessé depuis le 16 mars, devrait bientôt refouler les pelouses pour aider le Bleu-blanc-noir à maintenir sa place au classement.


L’impact de Montréal lors de la présentation de leur nouveau maillot n’imaginait sûrement pas un si bon début de saison (Crédit photo : Impact Montreal)

Léger retard à l’allumage pour les deux derniers champions, le Toronto FC et Atlanta United. Leurs récentes bonnes performances permettent cependant à ces deux favoris de remonter au classement. Fortes d’effectifs de grande qualité, il est probable de les retrouver en play-off.

Petite déception pour les New York Red Bulls, que l’on avait habitude à voir plus haut, et pour le Chicago Fire dont on attendait mieux. New York paie sans doute légèrement son virage stratégique visant à utiliser plus de jeunes de l’académie plutôt que de miser sur des stars.

Chicago, qui a signé l’ancien du Benfica Nico Gaitan sur le tard, peine encore à trouver un jeu efficace. Mais rien n’est perdu pour l’équipe de l’Illinois car elle est toute proche des places qualificatives.

Ce n’est pas réellement une surprise mais on ne s’attendait pas à les retrouver si bas : le New England Revolution va avoir du mal à réaliser une bonne saison 2019 avec un tel départ et une telle défense, la moins bonne de la ligue. La franchise de Boston a d’ailleurs changé d’entraîneur et nommé Bruce Arena pour tenter d’inverser la tendance. Dernier de la conférence, leur seul espoir réside dans l’homogénéité du classement à l’Est ou seulement 12 points séparent le premier du dernier.

Bruce Arena, l’homme qu’il faut ? (Crédit Twitter : @NERevolution)

Pour sa part, le FC Cincinnati apprend en MLS, non sans mal. Avec autant de points que les Revs, les play-offs semblent compliqués à aller chercher pour les novices de Cincy qui est la pire attaque de la MLS. Comme New England, un nouveau coach à pris les rênes de l’équipe : le Français Yoann Damet devient le plus jeune coach de l’histoire de la MLS et commence son bilan par une victoire face à Montréal.

Classement des meilleurs buteurs et passeurs de MLS
(Crédit image : MLSsoccer.com)

Conférence Ouest : la domination de LA, les Rapids en perdition

L’Ouest est dominé par les deux équipes de Los Angeles : le LAFC et le Galaxy. Les deux clubs s’appuient sur des effectifs d’une grande qualité sublimés par des joueurs désignés tels que Carlos Vela (actuel meilleur buteur avec douze réalisations) ou Zlatan Ibrahimovic. Le Los Angeles FC est un très sérieux prétendant à la succession d’Atlanta avec pour le moment la meilleure attaque et la meilleure défense de la MLS.

Classement de la conférence Ouest
(Crédit image : MLSsoccer.com)

Mais attention car Houston est en embuscade. Avec trois matchs en moins que les formations de la cité des anges, le Dynamo peut espérer reprendre les commandes de la conférence. Les Texans ont d’ailleurs le meilleur ratio points par match de la ligue (2,38). C’est une bonne surprise de retrouver les oranges en si grande forme. Eux qui étaient très irréguliers l’année dernière semblent enfin avoir trouvé leur rythme. Porté par le trio Manotas-Elis-Rodriguez qui compte plus de 75% des buts de l’équipe, Houston peut désormais espérer se mêler à la course au titre.

Le Houston Dynamo est en grande forme grâce à son trio Manotas-Elis-Rodriguez
(Crédit photo : Football Ace)

Seattle et Dallas restent fidèles à eux-mêmes. Bien placés et en lice pour les play-offs, les deux formations peuvent cependant espérer mieux. Seattle a réagi récemment sur le marché des transferts en enrôlant un nouveau joueur désigné en la personne de Xavier Aerraga en provenance du club équatorien du Barcelona SC et en recrutant également Joevin Jones, un ancien du club.

Les deux nouvelles recrues du Sounders (crédit Twitter : @SoundersFC)

Minnesota a digéré ses deux premières saisons très moyennes en MLS et semble aujourd’hui mieux armé pour atteindre les séries.

On attendait mieux de Portland qui reste dans la course mais pas franchement flamboyant depuis le début de la saison. Les Timbers ont donc signé Brian Fernandez du club Mexicain de Necaxa comme nouveau joueur désigné pour les aider à remonter au classement et accrocher le top 7.

L’homme providentiel ? (Crédit Twitter : @TimbersFC)

L’énergie dépensé par Kansas City en CONCACAF Champions League s’est faite ressentir dans le jeu et les choix du Sporting. Mais comme Portland, ils restent au contact de la zone des play-offs.

Vancouver déçoit également. Avec le renfort de Montero, on pensait que les Whitecaps allaient franchir un cap et enfin voir le haut du tableau. Il n’en est rien. Sans une bonne série et sans plus de but marqués, l’équipe canadienne risque de vivre une saison sans, une fois de plus.

Colorado n’avait pas été une équipe brillante l’année dernière, c’est encore pire cette année. La moins bonne équipe de la ligue ne compte que deux points en onze matchs et peut presque déjà enterrer ses espoirs pour 2019.

La détresse de Tim Howard, capitaine malheureux des Colorado Rapids
(Crédit photo : Last Word on Soccer)

Alors quel pronostic ?

En soccer, tout est possible, et les récents résultats en Ligue des champions nous en ont donné la preuve. Des tendances se dégagent mais des équipes sont à la relance, et l’élargissement à sept qualifiés par conférence laisse de nombreuses possibilités. Alors continuons de suivre ce championnat passionnant pour voir qui parviendra en MLS Cup et qui pourra espérer soulever le trophée tant convoité. Pour savoir qui succédera à Atlanta.