La saison 2019/2020 de Ligue 1 commence ce vendredi 9 août avec le choc entre l’AS Monaco et Lyon. À l’aube de cette nouvelle saison, nous avons tenté d’imaginer à quoi pourrait ressembler le championnat cette année.

Les années se suivent et se ressemblent. Alors que le championnat reprend ses droits vendredi soir, les spectateurs se posent les mêmes questions à chaque début de saison. Est-ce qu’un club parviendra à détrôner le PSG ? Les Lillois vont-ils performer à nouveau ? Qui de Metz ou Dijon parviendra à éviter la relégation ? Est-ce que l’OM tient enfin son “grantatakan” ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

Un podium à deux places et beaucoup de questions

On ne devrait pas tergiverser longtemps pour connaître le nom du champion. Double tenant du titre, le Paris-Saint Germain avance naturellement vers un neuvième succès en Ligue 1. Avec un effectif bien plus équilibré et bien plus intelligemment bâti, Thomas Tuchel aura cette saison tous les outils nécessaires pour confirmer son statut de top coach. Pourtant, c’est bien derrière le géant parisien que va se dérouler la vraie bataille. Quatre équipes semblent avoir les épaules pour porter le costume d’outsider et accrocher la Ligue des Champions. Les inévitables Lyon et Monaco, qui ont trusté la deuxième place à cinq reprises sur les six derniers exercices, devront lutter contre Marseille et Lille, aux moyens différents mais ambitions identiques.

Lyon et Monaco semblent être aujourd’hui les deux principaux outsiders du PSG dans la course à l’Hexagoal (Crédit photo : Foot Mercato)

Une statistique intéressante se dégage du championnat français cette saison et montre le changement de stratégie des clubs. Pour la première fois, les quatre plus grosses puissances financières ont choisi des entraîneurs étrangers (PSG, Lyon, OM, Monaco), alors que les Français occupent quatorze des seize autres postes. Jean-Michel Aulas a choisi de s’appuyer sur le tandem brésilien Sylvinho-Juninho pour palier le départ de Bruno Genesio. En fin de cycle, l’entraîneur brésilien compte marquer une véritable rupture avec son prédécesseur. Exit les schémas variables, place à un 4-3-3 pointe basse. Lyon veut « parisianniser » son jeu et contrôler le ballon. Ainsi, Thiago Mendes aura la lourde de tâche de faire oublier l’étincelant Tanguy Ndombele, véritable leader du milieu lyonnais l’an passé. Après une préparation décevante (1 victoire pour 4 défaites), les Gones auront à coeur de rectifier le tir contre Monaco.

« Si nous allons à Monaco avec cet état d’esprit, nous allons souffrir. À partir de vendredi, ce sera l’heure de vérité. »

Juninho, directeur sportif de l’OL, tire la sonnette d’alarme après le revers contre Bournemouth (L’Equipe)

Si à Lyon on s’apprête à vibrer au rythme de la samba brésilienne cette saison, Monaco prépare dans son coin sa révolution. Auteur d’une saison cauchemardesque l’an passé et à seulement deux petits points des barrages, l’ASM compte redevenir le club qu’il était. Revenu aux commandes, Leonardo Jardim a fait du Leonardo Jardim : reconstruire une équipe capable d’être à nouveau compétitive. L’ASM a levé l’option d’achat du génie portugais Gelson Martins, explosif depuis janvier, avant de jeter son dévolu sur Benjamin Lecomte, qui gardera les cages monégasques longtemps sinistrées par un Danijel Subasić sur le déclin. Les autres départs ont été palliés numériquement et la principauté attend encore un renfort de renom sur le front de l’attaque. Monaco applique une recette qui a déjà fait ses preuves et devrait accrocher le podium aux côtés de Lyon.

Les places pour l’Europa League plus chères que jamais

Si l’inamovible PML semble encore promis au podium cette année, beaucoup tenteront néanmoins d’accrocher l’Europa League. Et pour continuer dans la spéculation, nous pouvons prédire assez aisément que le PSG aura à cœur d’asseoir à nouveau sa suprématie et devrait ramener les deux coupes domestiques dans la capitale, libérant ainsi deux places européennes pour les cinquièmes et sixièmes du championnat. Trois places donc, pour une multitude de candidats. Et pour notre plus grand plaisir.

Dogues et Phocéens mèneront une lutte acharnée pour jouer l’Europe la saison prochaine (Crédit photo : LCI)

Logiquement, ce sont les Phocéens qui semblent le mieux armer pour une qualification directe en C3. Malgré un mercato décevant où les dossiers traînent, les Olympiens possèdent pourtant un des meilleurs effectifs de France. André Villas-Boas a longtemps cherché la recette miracle en préparation. Après avoir opté pour un 4-2-3-1 aux L1 Games, AVB semble préféré un 4-3-3 classique, avec Luiz Gustavo en sentinelle pour dicter le tempo. Peu de changement dans le onze de départ, mais l’arrivée de Darío Benedetto est prometteuse et pourrait permettre à l’OM de grappiller de précieux points. De plus, Marseille est cette saison orphelin de toutes compétitions européennes. Ce qui semble être un avantage décisif sur son voisin du nord.

« Je veux faire des grands matchs, marquer beaucoup de buts. Je veux tout faire pour mon équipe, pour mon staff. Après, on ne sait jamais, on peut gagner la Ligue 1, et peut-être la Ligue des Champions. »

Timothy Weah, ex-PSG et nouvelle recrue des Dogues, affiche des ambitions gargantuesques. Il sera en concurrence avec Loïc Rémy, très affûté en préparation, pour le poste de numéro 9 (BFM TV)

Cet été, les outsiders du dernier exercice ont tenu leur rang. Le LOSC a confirmé son récent changement de dimension malgré les départs de ses joueurs cadres (Nicolas Pépé, Youssouf Koné, Thiago Mendes, Rafael Leão). Les Lillois se sont offerts trois succès avec notamment une réalisation de leur nouvelle recrue, Benjamin André, qui s’est illustrée face à Portimonense.

Les Nordistes ont achevé leur pré-saison avec une défaite contre la Roma, mais ont montrés de belles choses. En somme, un bilan positif. Les hommes de Christophe Galtier abordent sereinement cette nouvelle saison. Seule complication en vue : la Ligue des Champions. Le LOSC est assuré de jouer au moins les six matchs de groupe jusqu’en décembre. Pour un club qui n’a plus connu les phases finales de Coupes d’Europe depuis cinq ans, les jambes risquent de peser bien lourdes en novembre. Nous misons sur une honorable cinquième place.

La bataille des ambitieux

Cette nouvelle saison de Ligue 1 sera celle des “Actes Deux“. Beaucoup ont montré de belles choses l’an dernier et doivent maintenant faire le plus dur, confirmer. En tête de liste des ambitieux figure Saint-Étienne. Pas de recrutement clinquant mais un mercato maîtrisé. Thimothée Kolodziejczak, Ryad Boudebouz, William Saliba (acheté puis prêté par Arsenal) et Sergi Palencia, pour ne citer qu’eux.

Les Verts avanceront également en Ligue Europa avec une réelle carte à jouer. Mais le constat est le même que pour Lille, il sera difficile d’assurer une même quatrième place en ayant des ambitions européennes. Autre bémol, il manque à l’ASSE un véritable tueur à la pointe de l’attaque. Ghislain Printant a toutefois la chance d’avoir un effectif abondant, où tous les autres postes sont doublés. La saison devrait être belle mais longue.

Téji Savanier et Jordan Ferri défendront les mêmes couleurs cette année après avoir été associés à Nîmes en fin de saison dernière. (Crédit photo : Allez Paillade)

Après une longue traversée du désert, Montpellier a été l’une des belles surprises l’an dernier. Auteur d’une sixième place, Michel Der Zakarian compte réitérer ce genre de performance, et il s’est donné les moyens de réussir. Le MHSC a réinventé complètement son milieu de terrain en recrutant Téji Savanier, meilleur passeur de l’exercice précédent à Nîmes, et Jordan Ferri, ancien lyonnais et également prêté à Nîmes la saison dernière. Andy Delort a lui été définitivement transféré de Toulouse et tentera de faire mieux que les seize buts inscrits l’an dernier. Entre renouveau et cohésion, vieux briscards expérimentés et jeunesses ambitieuses, Montpellier pourrait en surprendre plus d’un cette saison.

En bas, « qué pasa » ?

Si l’heure est aux réjouissances et aux ambitions pour certains, d’autres s’inquiètent. S’il y a des promus, il y a des relégués. Et un entraîneur avoue très volontiers que sa saison sera rude, Alain Casanova. Toulouse attaque pourtant sa dix-septième saison dans l’élite, non sans peine. Le TFC nous a habitués ces dernières années à des fins de saison à suspense. Jamais très loin de la zone rouge, les garanties manquent plus que jamais la Ville Rose.

Les Verts ont soulevé la Gambardella au détriment de Toulouse l’an passé, mais les deux équipes affichent une jeunesse débordante de talent (Crédit photo : Football365)

Orphelin de Yannick Cahuzac, Andy Delort, Firmin Mubele et autres Jimmy Durmaz, Toulouse s’appuiera donc cette saison sur effectif très restreint. Si Casanova veut tenter d’inclure progressivement des jeunes très prometteurs, finaliste de Gambardella l’an dernier, la stratégie semble périlleuse. Surtout après avoir perdu autant de cadres. De plus, un départ de Max-Alain Gradel n’est pas à exclure, l’international ivoirien est courtisé en Arabie Saoudite et au Qatar. Plus que jamais, Toulouse sera mis à l’épreuve cette saison.

« Il faut être dans le bain tout de suite et ne pas perdre de temps. C’est un très bon premier match, face à une équipe solide. C’est la Ligue 1, tout simplement. Chaque week-end, il y a de belles affiches. »

Marvin Gakpa, joueur de Metz, a conscience de la difficulté des matchs en Ligue 1 (Républicain Lorrain)

Enfin, s’il y avait un pari à prendre cette saison, ce serait la relégation de Metz. Dix-huitième l’an dernier, on peine à trouver des signes d’optimisme en Lorraine. Alors que la quasi-totalité des attaquants a filé cet été, les Messins doivent tout reconstruire. La défense est tout aussi problématique. Ayant encaissé 191 buts sur les trois dernières saisons, Metz affiche le troisième pire bilan d’Europe pour un club jouant en première division. Par ailleurs, les recrues tardent à arriver et les dirigeants essuient nombre de refus. Rien n’est évident et le club semble bien sur le point d’écrire une nouvelle page de son histoire dans l’antichambre de la Ligue 1.

Et les autres alors ?

Le fan de Ligue 1 le sait, le championnat français regorge de belles histoires pour celui qui prend la peine de les chercher. Néanmoins, difficile de proposer un tour d’horizon exhaustif des clubs en un seul papier ! S’il ne fallait en choisir que quelques-unes, ce serait les suivantes. D’abord, le cas d’Amiens.

Après le départ de Christophe Pélissier, parti à Lorient (Domino’s Ligue 2), les Braqueurs ont sorti un nom inattendu de leur chapeau : Luka Elsner. Franco-Slovène de 37 ans qui exerçait la saison dernière à l’Union Saint-Gilloise, un club de deuxième division belge. Lors de sa présentation à la presse, Elsner a indiqué qu’il ne fallait « pas s’attendre à une révolution » dans sa façon de faire. Celui qui avoue être fan de Napoléon Bonaparte pourrait être la bonne pioche du mercato pour les Amiénois.

« Je suis un homme qui prend des risques, aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan sportif. Cela m’a plutôt réussi jusque-là ! J’ai une envie extrême de réussir ici. »

Luka Elsner, évoquant sa nomination au poste d’entraîneur à Amiens (TV5 Monde)

L’énigme Bordeaux pourrait également en interroger plus d’un cette saison. Racheté l’an dernier par le fond d’investissement américain GSCP, les Bordelais n’ont pour l’instant pas fait de folie. Coaché cette saison par Paulo Sousa, ex-entraîneur de la Fiorentina, le FCGB peine à trouver ses marques. Adepte d’un 3-4-3 que les joueurs appréhendent difficilement, l’entraîneur de 48 ans affiche pourtant de réelles ambitions. En définitive, Bordeaux est une allégorie de la Ligue 1. Tous les deux ont un coaching ambitieux, une histoire passionnante, un stade neuf et des joueurs talentueux. Mais pour que tout fonctionne, il faut parvenir à conjuguer tout cela ensemble. Reste à espérer que quelqu’un trouve la solution à cette énigme avant la fin de la saison.