Malgré leur victoire 2-1 face à Chelsea, les Parisiennes sont éliminées de la Ligue des Championnes. Cette année encore, les filles d’Olivier Echouaffni ne verront pas les demi-finales. La faute à ce match aller, où timorées, elles s’étaient inclinées 2-0, le 21 mars dernier.

Le rêve s’est envolé en toute fin de match. Comme pour les hommes. Hier soir, dans le bouillant stade Jean Bouin, le rêve d’une demi-finale de Ligue des Championnes s’est envolé à la 91ème minute lorsqu’une hésitation de la gardienne parsienne Endler, une réaction tardive de la défense et la Norvégienne Mjelde qui, sur ce coup, est celle qui y croit le plus, montre plus d’envie pour expédier le ballon au fond des filets. Une défenseuse centrale qui qualifie son équipe. Un symbole. 2-1 score final. 

Qu’ils auront fait mal les clubs anglais cette saison ! Parisiens éjectés par Manchester United dans le temps additionnel. Parisiennes sorties par Chelsea, à peu près au même moment de la partie. On goûte peu aux comparaisons hommes-femmes, dans le foot comme ailleurs, comparaison n’est pas raison, mais que le même scénario se produise dans ces deux formations interroge. Même si dans un cas, il s’agit d’une désillusion, d’un échec. Dans l’autre, c’est une déception. Qui pourrait, à ne pas y prendre garde, se muer en désillusion les saisons prochaines.  

Ça commence à devenir une (très) mauvaise habitude… (Crédit Twitter : @PSG_Feminines)

Chelsea trop fort pour le PSG ?

Indéniablement, les Londoniennes alignent une belle formation, avec des joueuses de classe internationale. Des Fran Kirby, Ramona Bachmann, Milie Bright, Jess Carter. Une coach à qui on ne la fait plus. Emma Hayes a fait ses armes aux Etats-Unis avant de prendre les rênes des Ladies de Chelsea en 2012.

Mais les Blues réalisent une saison moyenne, distancées en championnat par Arsenal et Manchester City (42 et 41 points, 35 pour Chelsea). À ce rythme, la saison prochaine, elles ne verront pas l’Europe. Les Parisiennes, elles, jouent le haut du tableau et talonnent les Lyonnaises. À seulement 2 points des filles de Pedros, elles ambitionnent d’être bien plus qu’un gravier dans les crampons des Lyonnaises.

Le but en caméra embarquée de M. Mjelde pour Chelsea (crédit Twitter : @ChelseaFCW)

Les Kadidiatou Diani, Marie-Antoinette Katoto se révèlent complètement cette saison. Les autres, Ève Périsset, Ashley Lawrence, Grace Geyoro confirment qu’elles sont des valeurs sûres. Et la vieille garde brésilienne, Formiga, reste fidèle au rendez-vous. Non, sur le papier, dans le jeu, Paris plus fortes que Chelsea. Alors où ça se joue ? 

De l’expérience, on ne peut plus dire que les Parisiennes en manque. Chaque saison, depuis 2014 (avec une seule exception en 2015/2016), les Parisiennes ont été de la partie, atteignant par deux fois la finale en 2015 et 2017, avec à la clé toujours le même scénario : la défaite. La première fois face à Francfort (2-1), la seconde face à… l’Olympique Lyonnais après une cruelle séance de tirs aux buts (0-0, 7-6).

C’est une histoire douloureuse que le Paris Saint-Germain entretient avec cette grande compétition. Et l’épisode d’hier soir ne fait qu’ajouter une ligne au chapitre de la poisse parisienne dans les compétitions européennes. La poisse, c’est le mot commun pour désigner pudiquement le petit plus qui se dérobe chaque fois que l’équipe en aurait grandement besoin. 

Qui est la patronne ?

Quand on regarde une équipe, on cherche sa patronne. Au PSG, on cherche Formiga. La Brésilienne est une joueuse hors pair. Oui elle a 41 ans, mais elle reste la pièce maîtresse de sa formation et de sa sélection. Une expérience comme la sienne ne se trouve pas sous toutes les semelles. À cette période de sa carrière, Formiga doit transmettre. On attend peut-être, côté parisien, l’émergence d’une nouvelle leader capable de porter le message de Formiga et de le diffuser à chaque ligne de jeu, à chaque match, en particulier dans les grandes compétitions. Une fille capable de hausser le ton et remettre à l’endroit la tête des joueuses qui peuvent parfois l’avoir à l’envers. C’est bien ce que l’on reproche au PSG. Fort contre les faibles. Faibles contre les fortes. 

L’indeboulonnable Formiga a joué le match face à Chelsea… avec une main cassée dès la sixième minute ! (crédit photo : L’Équipe)

Elles sont plusieurs à pouvoir endosser ce rôle. À commencer par Irene Paredes et Eve Périsset. Titulaires incontestables de la défense, ces deux internationales (espagnole et française) ont la maturité et l’expérience pour que leur voix soit crédible sur le terrain. Geroyo, Diani, Katoto ont peut-être besoin d’un peu plus de temps pour rayonner encore davantage.

Quand ça va mal aussi, on tombe sur l’entraîneur. Réflexe pavlovien. Le travail d’Olivier Echouafni en équipe de France n’a pas porté les fruits escomptés avec un Euro 2017 décevant et une élimination en quarts de finale par l’Angleterre. Mais au PSG, l’histoire est différente. Le classement en championnat l’illustre. L’éclosion de Marie-Antoinette Katoto (meilleure buteuse du championnat), de Kadidiatou Diani, sont des preuves éclatantes. Paris sait attirer de belles joueuses, d’un peu partout. La Canadienne Ashley Lawrence (arrivée en 2016), la Chinoise Wang Shuang arrivée cette saison, et plus récemment la jeune américaine Alana Cook.  

Battre Lyon, oui, mais en finale de Ligue des Championnes

De grands talents individuels qu’il faut faire marcher ensemble. Est-ce ici que le bât blesse ? La formation parisienne a produit de grands talents. On cite toujours le trio infernal Katoto, Geroyo, Morroni. Mais les dernières informations concernant la formation des filles du PSG ne poussent pas à l’optimisme. Ces trois belles pousses sont-elles l’arbre qui cache la forêt ? Le modèle lyonnais semble marcher sur deux jambes bien équilibrées : la formation et les talents internationaux. Et quoi qu’il en soit, un attachement fort au club et à celui qui aujourd’hui l’incarne : le président Aulas.

Une équipe du calibre du PSG, on l’attend au minimum en demi-finale. Pourquoi depuis quelques saisons ça ne marche pas ? Les Parisiennes ne sont pas suffisantes. Elles sont prêtes au combat. Et les supporters aussi sont au rendez-vous. Ingrédients essentiels qui font l’âme d’un club. Il faut sans doute à présent créer des générations de joueuses dont l’objectif premier n’est pas de battre Lyon en championnat mais battre Lyon en finale de la ligue des Championnes. 

C’est le chemin que prend Wolfsburg comme Alexandra Popp le soulignait dans une interview. C’est le chemin de tous les clubs qui veulent mettre à terre les « Lyonnes » indomptables de Pedros.