Top départ vers la Coupe du monde féminine qui se déroulera en France (7 juin-7 juillet). L’Australie connaît désormais ses 23 élues pour cette compétition et sera guidé par Lisa De Vanna. Une joueuse qui aura marquée tout un pan du football australien.

Plus que trois semaines avant le début de la Coupe du monde féminine pour une compétition s’annonçant passionnante. Pour l’équipe nationale d’Australie, il s’agira de bien se lancer au sein d’un groupe abordable. Pour cela, les “Matildas” pourront compter sur leur monument national, Lisa De Vanna. Une joueuse-symbole de l’histoire du football féminin à elle seule.

Lisa De Vanna en action (Crédit photo : worldfootball)

Un atout-maître

L’Australie se prépare à sa Coupe du monde (Groupe C) qui commencera par le match contre l’Italie le 9 juin prochain (13h) à Valenciennes. Le nouveau sélectionneur Ante Milicic s’appuiera forcément sur la nouvelle star du pays, l’attaquante Sam Kerr. Toutefois la sélection a connu des quelques soubresauts ces derniers mois et un brusque changement de sélectionneur.

Quel pied gauche ! (Crédit photo : Bleacher Report)

Cependant, il en faudra plus pour arrêter une attaquante ultra-rapide et tenaillée par une féroce envie d’avancer. Une personnalité bousculant les idées-reçues et ayant tout fait pour arriver au firmament. Lisa De Vanna, ailière gauchère talentueuse, possède un esprit de compétition chevillée au corps. Un amour indéfectible pour sa sélection qui lui fait penser que rien n’est impossible.

Les quatrièmes rugissantes

4, ce chiffre résume à lui seul le lien entre l’équipe australienne et Lisa De Vanna. Pour leur quatrième Coupe du monde d’affilée après 2007, 2011 et 2015, les Matildas compteront grandement sur leur idole. Une joueuse représentant à elle seule tout le chemin parcouru pour le football féminin au pays de l’acteur Hugh “Wolverine” Jackman. Des années qui permirent au football féminin de s’intégrer dans le paysage sportif australien définitivement malgré les turpitudes de la vie.

Lisa De Vanna donc, dotée d’une grande expérience des compétitions et un juste retour des choses pour celle qui du haut de ses impressionnantes statistiques est considérée comme une légende vivante. Capable de folies techniques ébouriffantes sur les côtés dans un rôle d’ailière dynamique. Mais surtout, à une époque où voir du football féminin peut sembler normal, celle-ci en fut une des pionnières.

Un but plein de classe de Lisa De Vanna (Crédit vidéo : Youtube – OzGoals)

Technicité et lutte envers tous

Née il y a 34 ans à Perth au sud-ouest du pays, à une époque où pratiquer du football était une gageure pour une jeune fille, De Vanna n’a jamais baissée les bras faisant fi des préjugés et malgré les difficultés rencontrées. Un défi pour celle qui commença à jouer au football avec ses frères dans la rue et qui aura bien menée sa barque. Celui de s’accrocher à une volonté farouche de pratiquer un sport considéré comme ceux des hommes.

De Vanna (à gauche, N°11) lors de l’hymne australien (Crédit photo : womenssoccerunited)

Malgré une taille semblant rédhibitoire (1,56m), De Vanna possède une agilité et une habilité naturelle balle au pied. Grâce à quoi, combinée à une pointe de vitesse exceptionnelle, les défenses se renversent sur son passage. Une qualité de course qui la fera remarquer assez rapidement et lui permettra de franchir les étapes une par une. Pour devenir une star avant l’heure dans un pays où la multitude de sports et de champions aurait pu la faire passer à côté de son destin national et international.

“Matilda” mon amour

Participant à la vie de la sélection australienne depuis maintenant une quinzaine d’années, Lisa De Vanna est devenue un pilier de celle-ci. Une technicité hors norme et une joie de vivre communicative au sein du groupe à toutes les époques. Sur le terrain, la gauchère a cette capacité à faire remonter un bloc permettant de libérer de l’espace pour ses partenaires. Un jeu de transition qui ferait fondre tous les techniciens.

L’âme d’une équipe en somme bien utile dans une compétition si importante pour l’Australie. Cet amour du maillot national est inscrite dans son A.D.N. et lui a fait franchir toutes les marches du succès. Une démarche rendue également possible par l’éthique de la joueuse et sa volonté de réussir à tout prix. Bref, tous les attributs d’une leader qui a toujours fait passer sa sélection avant sa carrière en club.

But… avec un beau pointu du gauche bien sûr (Crédit vidéo : Youtube – U.S. Soccer)

Une célébrité dépassant le football

Dans cette optique, pour mesurer le poids d’une personne, la télévision est finalement l’outil le plus utile. Afin de toucher une plus grande audience nationale à travers des émissions et des invitations. Comme chaque pays, l’Australie ne fait naturellement pas exception à cette règle immuable dans le paysage audiovisuel à travers la petite lucarne.

C’est pourquoi, au pays de Nicole Kidman existe une sorte de jeu mixte où des célébrités s’affrontent dans ce qui s’apparente à un parcours du combattant moderne. Effectivement, la vision de ce genre d’activités peut rebuter toutefois. Il n’en fut rien pour Lisa De Vanna qui s’y est illustrée brillamment.

Fort Boyard australien ? (Crédit vidéo : YouTube Rebel Sport)

En regardant les épreuves, dans la boue, avec une roue de camion, en franchissant des obstacles, rien n’a pu arrêter la numéro 11. Gagnante avec son partenaire de jeu de ce concours olympique des temps modernes. Finalement, une présence médiatique d’une attaquante qui dépasse le simple cadre du football. En outre, cela permet d’avoir une lisibilité par ricochet pour le football féminin ainsi qu’une visibilité nationale.

Un dernier tour et puis au revoir ?

C’est un fait acquis : la Coupe du monde française sera également la quatrième compétition à laquelle participera De Vanna. Pourtant malgré son âge avancé (34 ans), il se peut que ce ne soit pas la dernière. En effet, avant même le début du tournoi, l’attaquante ne semble pas avoir encore dit son dernier mot et mènera plusieurs fronts pour tenter de battre des records.

Ce numéro fétiche, le 11 (Crédit photo : justrichest)

Seconde joueuse australienne en termes de sélections, De Vanna aura pour objectif à minima d’atteindre la recordwoman du pays. En effet, la gauchère n’est plus qu’à quatre rencontres de Cheryl Salisbury – ancienne défenseure des “Matildas” – durant 15 ans elle aussi (147 contre 151). Un objectif dans les cordes de la pile australienne puisqu’elle aura l’occasion entre le prochain match amical face aux Pays-Bas et les trois rencontres de groupe face au Brésil, à l’Italie et la Jamaïque, d’atteindre ce score.

« Ce serait fantastique si je pouvais continuer jusqu’en 2023 et si nous pouvions obtenir l’organisation de la prochaine Coupe du monde à la maison. J’y participerai avec joie, que ce soit comme joueuse ou dans l’encadrement, peu importe. J’ai énormément donnée à mon pays et je laisse un héritage important pour les filles. Dans un sens, j’ai été une pionnière en Australie et ce serait génial et un juste retour des choses »

Lisa De Vanna n’en a pas finie avec les “Matildas” (The Sydney Morning Herald)

De plus, la n°11 pourra également conforter sa première place au classement des buteuses (47 buts) et prendre le large. Mais surtout un autre objectif lui trotte dans la tête, celui de participer à la Coupe du monde…2023 qui se déroulera en Chine. En tout cas, le totem national n’a pas l’intention de laisser tomber sa sélection.

Dépasser les quarts de finale

Les chiffres sont éloquents pour les Matildas à tous points de vues. Finalement une illustration statistique faisant de la sélection un adversaire redoutable mais manquant de constance. En effet, sur les trois derniers tournois, jamais l’équipe n’a pu dépasser les quarts de finale. Butant souvent sur ce plafond de verre qui pourrait faire changer de dimension une équipe solide et compacte.

Pour y remédier, une alliance entre expérience et jeunesse semble plus que jamais nécessaire. De ce fait, l’Australie pourra compter sur les deux phares de la sélection et qui se connaissent après avoir disputées ensemble le tournoi en 2011 et 2015. De plus, la combinaison entre la fougue de Sam Kerr et la vision du jeu de Lisa De Vanna permettraient à l’équipe de pouvoir varier les possibilités en attaque. À partir de là, cette diversité serait source pour l’équipe de davantage de solutions.

Attention à l’Australie ! (Crédit vidéo : Youtube – The Football Coffee)

D’ailleurs le match amical en avril dernier épique entre les “Matildas” et les Américaines (5-3) en fut la preuve. Certes, avec une défaite à la clé, mais malgré tout, cette rencontre a matérialisée toute la bonne disposition des deux attaquantes avant des rencontres au couteau dans le groupe C. Désormais, la doublette de Perth sera très dangereuse pour ses adversaires brésiliennes, italiennes ou jamaïcaines, le danger venant de partout.

Une transition en douceur ?

Joueuse la plus capée donc (147 sélections) du groupe, ce tournoi aura une saveur particulière pour la gauchère puisqu’elle aura de nouvelles responsabilités. Une sorte de gardienne du temple auprès de celle qui a récupérée le brassard à sa suite, Sam Kerr. En clair, Lisa De Vanna sera en mission et même si ces objectifs personnels sont élevés, ce ne sera jamais au détriment du collectif.

Lisa De Vanna est prête pour sa quatrième Coupe du monde (Crédit photo : Twitter – Lisa De Vanna)

Finalement, pouvoir combiner les deux et aider à la transition entre la génération Kerr et elle ne pourraient que mieux permettre aux Matildas de parvenir vers le chemin du succès. Il faudra compter sur l’envie, la volonté et la patte gauche de celle qui n’a jamais eu peur de rien. C’est ainsi que Lisa De Vanna pourra fermenter définitivement sa légende dans le football australien.