Véritable sensation ces dernières années, l’équipe d’Islande a bien du mal à se remettre dans le rythme. Entre difficulté défensive et offensive, cette équipe déçoit dans la Nations League et est d’ores et déjà reléguée.

L’après Euro 2016 avait été bien géré par les Vikings. Les premières rencontres étaient positives avec un nul contre l’Ukraine et deux victoires contre la Finlande et la Turquie. Les matchs post-mondial ne sont pas du même acabit. Ils n’ont en effet pas gagné un seul de leurs quatre parties disputées.

Un nouveau sélectionneur

Quelques semaines après l’élimination en phases de groupes de la Coupe du Monde, Heimir Hallgrímsson décide de partir. Certainement usé après quatre années sur le banc, d’abord adjoint puis sélectionneur principal, cet Islandais avait pu servir de passerelle avec l’ancien sélectionneur après l’Euro en France. C’est sans doute en partie grâce à cela que l’équipe islandaise a mieux réussi en septembre 2016.

L’ancien sélectionneur islandais (crédit photo : AS English – Diario AS)

Pour succéder à Hallgrímsson, la Fédération Islandaise a choisi de nommer le Suédois Erik Hamrén. Cet homme âgé de 61 ans a entraîné de nombreux clubs par le passé comme l’équipe norvégienne de Rosenborg. Son expérience et son palmarès ont sans doute joué en sa faveur. Il a par exemple remporté le championnat danois ou norvégien.

Outre sa carrière d’entraîneur, ce scandinave dispose du costume du sélectionneur. Il a été dans ce rôle durant sept années avec la Suède de 2009 à 2016. Hamrén a alors réussi à qualifier la Suède pour l’Euro 2012 et 2016. Il n’a toutefois pas dépassé les poules. Son début à ce poste est compliqué avec trois défaites et un match nul. Mais nul doute qu’avec son expérience, il arrivera à trouver des solutions pour relancer la sélection. Erik Hamrén s’appuie pour le moment majoritairement sur des joueurs présents durant la Coupe du Monde.

Erik Hamrén en conférence de presse (crédit photo : Ouest-France)

De gros soucis défensifs

Les principaux maux de cette équipe islandaise proviennent d’une défense bien trop perméable. En effet, ils ont encaissé onze buts en trois matchs de Nations League et treize si on ajoute le match amical contre la France. Cela fait plus de trois buts par rencontres. Par ailleurs, l’Islande a encaissé un set de tennis contre la Suisse avec ce score de 6-0, une première depuis 17 ans. Difficile de remporter un match international dans ces conditions.

Ces buts ne proviennent pas du réalisme froid de ces adversaires. Ils concèdent un très (trop ?) grand nombre de frappes. Assurément, depuis le début de la compétition, ils font face à 18 tirs de moyenne. Face à des attaquants de classe mondiale comme Romelu Lukaku ou Haris Seferović, cela se paye cash.

Les Vikings prennent de nombreux buts suite à des centres, aussi bien dans le jeu que sur coups de pied arrêtés. Pour essayer de résoudre ce souci, le sélectionneur a décidé de changer de charnière centrale au dernier match. Sans succès puisque les deux buts encaissés sont provenus d’un centre.

Les buts de l’Islande encaissés sur un centre (crédit vidéo : L’Equipe)

Si les islandais souhaitent retrouver des résultats positifs, ils vont devoir retravailler la défense. Un aspect de leur jeu qu’ils ont maîtrisé par le passé. En effet, ce pays aux 340 000 habitants n’avait encaissé que sept buts durant les éliminatoires de la Coupe du Monde avec des adversaires comme la Croatie, l’Ukraine ou la Turquie.

Une inefficacité offensive criante

Excepté l’inefficacité défensive, l’Islande est très inoffensive devant. Malgré un effectif qui se connait, ils ont bien du mal à marquer ou même se créer des semblants d’occasions. Ils n’ont marqué qu’un but dans la compétition par l’intermédiaire d’Alfreð Finnbogason grâce à un exploit personnel. Bien trop peu là aussi pour espérer des résultats positifs.

Alfreð Finnbogason, seul buteur islandais dans la Nations League (crédit photo : Augsburg FC)

Mais les attaquants ne peuvent pas s’exprimer dans de bonnes conditions. Par exemple, face à la Suisse, l’Islande a seulement tiré trois fois. Contre la Belgique, les islandais n’ont inquiété les Diables Rouges qu’à seulement quatre reprises. Les joueurs au milieu doivent alors apporter plus. À commencer par le dépositaire du jeu islandais, à savoir Gylfi Sigurðsson, capitaine de cette équipe. Le joueur d’Everton n’est en effet pas assez influent. Lors de ces trois matchs de la Ligue des Nations, il a touché moins de 50 ballons et distribué à peine 30 passes de moyenne. Durant les phases éliminatoires de la Coupe du Monde, ce dernier a marqué quatre buts et distribué quatre passes décisives. Preuve que ce joueur a la capacité de faire mieux.

L’Islande et ses attaquants ont une dernière chance de relever la tête ce jeudi soir dans un match anecdotique pour eux. Ce ne sera néanmoins pas simple puisqu’ils affrontent les Diables Rouges à l’extérieur. Cela sera un avant-dernier test pour le sélectionneur avant de disputer les qualifications pour l’Euro 2020, hautement plus important.