Alors que la fin de saison se rapproche, l’Olympique de Marseille a de grandes chances d’être non-européen en fin de saison. Un très gros échec pour les dirigeants qui mettrait le club dans une situation complexe.

Ce samedi, aux alentours de 23h45, le PSG s’incline en finale de la Coupe de France suite au penalty raté de Christopher Nkunku. Les supporters marseillais pouvaient alors exulter. Mais cette joie aura été de courte durée puisque cette défaite signifie que la cinquième place n’est pas qualificative pour la Coupe d’Europe. Or, c’est la place qu’occupait Marseille ce week-end. L’OM est sixième aujourd’hui à cause de la victoire de Montpellier sur… le PSG (3-2) hier soir. À quatre journées de la fin, la Ligue des Champions est presque inaccessible (huit points d’écart sur Lyon) tout comme l’Europa League (cinq points d’écart sur l’ASSE). Et sans coupes d’Europe, l’OM Champions Project prend un sacré coup dans l’aile.

Un important problème budgétaire

L’absence de Ligue des Champions va coûter cher à l’Olympique de Marseille, d’un point de vue budgétaire.

On le sait, l’OM est un club très déficitaire à cause notamment de salaires incroyablement élevés (3.6 millions d’euros pour Adil Rami, 3 millions pour Aymen Abdennour, 6 millions d’euros pour Kevin Strootman, Dimitri Payet et Luiz Gustavo). En partie à cause de ça, le déficit du club s’élevait à 78.6 millions d’euros en juin dernier selon la DNCG. À noter de plus que le salaire de Kevin Strootman n’était pas compté. C’est alors un gouffre financier. C’était le club le plus déficitaire avec Lille qui, depuis, ont épongé les dettes.

Les résultats budgétaires des principaux clubs français saison 2017/2018

L’OM privé de Ligue des Champions, cela signifie environ 30 millions d’euros en moins dans les caisses (15 millions pour la participation et encore 15 millions de contrats télé et sponsors). Et bien plus en cas de qualification en huitièmes de finale puisque l’OM aurait reçu autour des 60 millions d’euros. Et si pas d’Europa League, ce sont environ 13 millions d’euros en moins en cas de qualification pour les huitièmes. De plus, les droits télévisuels seront moins importants en étant hors du podium. C’est en effet une perte de 2.6 millions d’euros (14.7 millions en étant troisième contre 11.1 millions en finissant cinquième).

Tout cela ne va pas les arranger auprès de l’Instance du Contrôle Financier des Clubs (ICFC). Ils sanctionnent les clubs dépassant les 30 millions de déficit au cours d’une année. L’ICFC avait par exemple sanctionné l’an passé l’équipe phocéenne de 100 000 euros d’amende. Mais ils s’étaient montrés conciliants car Marseille l’avait seulement dépassé de 8 millions d’euros. Avec toutes ces pertes financières, le déficit sera sans doute bien plus élevé et les sanctions également. Certaines équipes se sont notamment vues privées de compétitions européennes comme Malaga ou Belgrade.

De nombreux départs en perspective

Pour faire baisser cette dette, ils ne pourront que compter sur le départ de certains joueurs à forte valeur marchande.

Le premier joueur à venir en tête n’est autre que Florian Thauvin. Ciblé notamment par le Milan AC, sa valeur marchande s’élève à 45 millions d’euros selon Transfermarkt. Morgan Sanson est également bien côté sur le marché avec une valeur de 22 millions. Steve Mandanda et Dimitri Payet ont également de grandes chances de quitter le club.

Le cas Mario Balotelli est aussi très épineux puisqu’il arrive en fin de contrat au mois de juin. Voudra-t-il rester et le club aura-t-il moyen de le conserver pour ce joueur qui touche près de 600 000 euros brut par mois ? Il s’était exprimé à ce sujet en mars dernier et donne sa vision pour son avenir :

« Mon envie de rester est là, je veux rester. Après, c’est différent si tu joues la Ligue des champions ou la Ligue Europa. Si tu veux faire de grandes choses dans le football, tu dois jouer la Champions League. L’envie de rester à l’OM, je l’ai eue avant de signer, après avoir signé et j’en ai envie pour l’année prochaine. »

Mario Balotelli en mars dernier (La Provence)

Des joueurs – dits indésirables – sont également en fin de contrat. On pense notamment à Aymen Abdennour et Tomas Hubocan. Sur ce point, c’est plutôt positif pour Marseille. Même si ce n’est pas un indésirable, Rolando l’est également.

Et même si beaucoup de départs sont prévus, vont-ils parvenir à en faire partir certains ? Lors des années passées, ils avaient en effet bien du mal à vendre les joueurs qu’ils ne voulaient plus. C’est d’ailleurs pour cela qu’Abdennour est encore au club aujourd’hui. C’est le cas par exemple d’Adil Rami, sous contrat jusqu’en 2021 ou bien Kostas Mitroglou, qui pourrait revenir plus tôt que prévu de son prêt à Galatasaray.

Une chose est certaine, le board marseillais composé de Jacques-Henri Eyraud et Andoni Zubizarreta devront réfléchir de façon intelligente pour vendre. À moins que ce dernier ne soit plus au club d’ici-là puisque des rumeurs l’envoient à Arsenal.

Un mercato low-cost ?

Outre les départs qui devraient donc être importants, l’Olympique de Marseille va devoir se pencher sur des arrivées. Mais avec le très gros déficit et sans Ligue des Champions, il va leur être difficile de mettre des grosses sommes d’argent et convaincre les joueurs de venir.

Frank McCourt et les dirigeants olympiens devront ainsi recruter malin et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Lors de l’été dernier, ils ont par exemple recruté Kevin Strootman pour 28 millions d’euros ou Nemanja Radonjic pour 11 millions. Leurs saisons sont alors considérés comme des échecs.

Les dernières rumeurs faisaient l’état d’une potentielle arrivée d’un attaquant vénézuélien. Âgé de 19 ans, Jan Hurtado évolue dans un club argentin et sa valeur marchande est évalué à 750 000 euros.

Le magnifique geste technique de Jan Hurtado !

D’autres rumeurs fleurissent comme celui d’un latéral gauche ou d’un milieu récupérateur. Des pistes émergent au sein du board comme celui de Nacho Monreal (Arsenal) ou Diadié Samassekou (Red Bull Salzburg).

https://twitter.com/GuillaumeTarpi/status/1121541255803154432
Les différentes pistes olympiennes (crédit Twitter : @GuillaumeTarpi)

Mais ce ne sont pas les seuls postes où il doit avoir des recrues. Tout d’abord, le gardien où Yohann Pelé et Steve Mandanda déçoivent cette saison. Le premier cité a le pourcentage d’arrêts le plus faible avec seulement 42.9% et l’international français n’est que le vingt-deuxième gardien du championnat. Ce n’est pas bien mieux au niveau des défenseurs centraux où seuls Boubacar Kamara et Duje Caleta-Car devraient rester l’an prochain.

Marseille a aussi besoin d’ailiers avec le départ probable de Florian Thauvin et les déceptions que sont Clinton N’Jié et Nemanja Radonjić. Et que dire de l’attaquant où Mario Balotelli peut quitter le club et Valère Germain est vivement critiqué. Ce sont donc des véritables chantiers pour le mercato estival.

Quid de Rudi Garcia ?

C’est la question que tous les supporters marseillais attendent. Rudi Garcia va-t-il être limogé à la fin de la saison ? Cela serait même normal et logique si l’Olympique de Marseille ne termine pas en coupe d’Europe. Il a également fait beaucoup de choix discutables en se privant notamment de Luiz Gustavo durant près d’un mois et demi et a connu quelques déroutes : l’élimination face à Andrézieux, la défaite contre l’Apollon Limassol, un seul petit point dans leur poule d’Europa League et bien d’autres encore.

Rudi Garcia déçoit beaucoup cette saison (crédit Photo : LaProvence)

Mais il y a un problème et pas des moindres. Les dirigeants du club ont en effet décidé de le prolonger en octobre dernier jusqu’en 2021. Un limogeage coûterait alors au club 12 millions d’euros. C’est une somme qu’ils ne peuvent pas se permettre de dépenser avec le déficit qu’ils ont. Et s’ils le font, ils seront bien sûr dans l’obligation d’engager un nouveau coach. Cela signifie donc de mettre une importante somme d’argent. Un choix cornélien pour les dirigeants.

L’été promet d’être palpitant dans les coulisses phocéennes. Les dirigeants n’auront droit à aucune erreur sous peine de voir l’OM Champions Project dans une situation plus qu’inconfortable.