Actuel quatrième au classement de Segunda División (D2 espagnole), le Málaga Club de Fútbol suit un parcours assez compliqué depuis quelques saisons. Un parcours semé d’embûches qui est d’autant plus décevant lorsque l’on regarde quelques années en arrière, à une époque où les Boquerones brillaient sur la scène nationale, mais aussi continentale.

Jeudi 19 avril 2018. Málaga se déplace sur la pelouse de Levante dans le cadre de la 33ème journée de Liga. Les hommes de José Manuel sont à deux pas de la relégation, mais ont tout de même la possibilité de continuer de rêver au maintien en gagnant ce match. La rencontre est fermée et un triste 0-0 se dessine, tandis que surgit Emmanuel Boateng dans le temps additionnel (90+3’) pour offrir la victoire à Levante. C’était officieux, c’est désormais officiel : Málaga jouera la saison prochaine en Segunda División. 

Une descente aux enfers pour le club qui, après sa génération dorée du début des années 2010, va devoir se reconstruire dans l’échelon inférieur du football espagnol. Petit retour à cette époque pas si lointaine, où Málaga enchainait les performances, aussi bien en Espagne qu’en Europe. 

Nombreux sont les très bons joueurs à avoir porté ce maillot à cette époque : Caballero, Isco, Joaquin, Toulalan, Demichelis… (Crédit photo : news18.com)

Une histoire assez complexe

L’histoire du club de foot de la ville de Málaga est assez originale. En effet, le club a un parcours des plus étonnants, qui lui a valu de multiples changements de noms, passant ainsi du Málaga Club de Football, au Málaga Racing Club, ou encore le CD Malacitano, le CD Málaga, mais aussi l’Athletico Malagueño pour ensuite arriver au Málaga CF. Un parcours semé d’embuches, entre descentes et promotions, dans les divisions inférieures du football espagnol. 

Mais l’histoire du club ibérique va prendre un tournant en 1993. Alors en troisième division et en proie à de considérables difficultés financières, le Málaga CF est au bord de la disparition. C’est alors que deux hommes, Federico Beltrán et Fernando Puche, arrivent à la tête du club et vont parvenir à le redresser économiquement. Lors de la saison 1996/1997, le club rejoint la deuxième division, et parvient même à rejoindre l’élite dès la saison suivante. 

Mais le deuxième tournant dans l’histoire de ce modeste club est bel et bien l’arrivée du Cheick Al-Thani à la tête de Málaga en 2010. Un rachat qui va permettre au club de se refaire une santé financièrement parlant en débloquant des fonds considérables, afin de mener une politique de recruter toujours plus audacieuse, qui aura offert quelques années plus tard au club les plus belles années de son histoire.

Le rachat du club par le cheick Al-Thani en 2010 a changé à jamais l’histoire du club andalou. (Crédit photo : allpaname.fr)

Une flopée de grands noms

Et qui dit grande équipe, dit grands joueurs. Comme on peut s’en douter, Málaga a pu compter sur son lot de joueurs expérimentés, mais aussi talentueux pour réaliser de telles performances. En effet, le rachat du club par Abdallah Al Thani a largement permis à la formation andalouse de se développer et de débloquer des fonds considérables.

Cette montée en puissance de l’équipe est lancée lors du mercato estival de 2010, avec les recrutements de plusieurs joueurs confirmés et ayant déjà fait largement leurs preuves en Europe, comme tout d’abord Martin Demichelis, défenseur au Bayern Munich pendant plus de huit saisons, ou encore Julio Baptista, attaquant brésilien passé par le FC Séville, l’AS Roma, Arsenal mais aussi le Real Madrid. Sans oublier l’arrivée de Manuel Pellegrini en novembre 2010 au poste d’entraineur, licencié par le Real Madrid quelques mois auparavant. Un mercato plein de promesses pour Málaga, qui ne va tout de même pas permettre au club de faire mieux qu’une 11ème place au classement en Liga. 

Néanmoins, la direction du club n’a pas dit son dernier mot et ne perd pas en ambition, loin de là : l’objectif est de renforcer toujours plus l’effectif en vue de briller la saison suivante. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils se sont donnés les moyens d’arriver à leurs fins, tout d’abord en attirant une figure emblématique du football : Ruud van Nistelrooy. Désiré par le Real Madrid de José Mourinho encore quelques mois plus tôt, l’attaquant néerlandais a rejoint Málaga à l’été 2011. Mais les dirigeants ne s’arrêtent pas là et poursuivent leur recrutement ambitieux en débauchant d’autres joueurs expérimentés comme Joaquin (actuellement au Betis Séville), Santi Cazorla ou encore le Français Jérémy Toulalan.

Des joueurs avec de la bouteille qui apporteront stabilité et expérience à la formation albiceleste, auxquels on ajoute de jeunes pousses bourrées de talent comme Diego Buonanotte (22 ans), Nacho Monreal (24 ans, actuellement à Arsenal) mais surtout un joueur qui, du haut de ses 19 ans, a fait des merveilles lors de ses trois saisons au club, avant de rejoindre le Real Madrid en 2013 : Francisco Alarcón, dit Isco. 

Isco, véritable symbole de l’époque dorée de Malaga (crédit photo : en.as.com).

Un étonnant cocktail mélangeant expérience et jeunesse débordante qui s’avérera irrésistible puisqu’il permettra quelques mois plus tard à Málaga de réaliser la plus grande saison de son histoire. 

Un rayonnement total

Car oui, les années 2010 sont très clairement les plus belles années dans l’histoire de ce club. Certes pas du point de vue du palmarès car Málaga n’a pas remporté de trophées ces années-là, mais bel et bien du point de vue du jeu proposé, des joueurs qui ont porté ses couleurs et des performances qu’ils ont réalisées. De véritables prouesses qui auront fait soulever tant de fois le public de la Rosaleda et qui resteront à jamais dans la mémoire et le cœur des supporters Boquerones. 

C’est à partir de la saison 2011/2012 que Málaga a commencé à se faire une place, et même une très belle, dans le football espagnol. En effet, Manuel Pellegrini et ses hommes sont parvenus à se hisser à la quatrième place du championnat, synonyme de participation aux barrages de la prochaine Ligue des Champions. Des barrages négociés avec brio, en éliminant le Panathinaikos (2-0 à l’aller, 0-0 au retour). La phase de poules ne s’est d’ailleurs pas montrée bien plus complexe pour Málaga, qui a terminé à la première place de son groupe pourtant assez relevé, composé du Milan AC, du Zénit Saint-Pétersbourg et d’Anderlecht. Et comme vous vous en souvenez très certainement, l’épopée européenne des andalous ne s’est pas arrêtée là.

Ces derniers affrontaient le FC Porto en huitièmes de finale et se sont qualifiés à l’issue d’un match retour épique dans un stade de la Rosaleda en fusion, qui aura vu son équipe éliminer la formation portugaise grâce à des réalisations d’Isco et de Roque Santa Cruz. Un parcours européen déjà mémorable, mais qui prendra fin sur le fil au tour suivant face au Borussia Dortmund (0-0 à l’aller, 3-2 au retour). En parallèle de cette fantastique aventure européenne, les andalous terminent la saison à la 6ème place du classement en Liga. Une saison couronnée de succès. 

Vous voulez (re)voir le match incroyable où Malaga a éliminé le FC Porto ? C’est ici !
(Crédit vidéo : Youtube Manchester World)

Néanmoins, les saisons qui suivent vont s’avérer bien moins abouties, ce qui est certainement dû aux départs de nombreux cadres, comme notamment celui d’Isco. Les Boquerones stagnent dans le ventre mou du classement pendant quatre saisons consécutives (11ème, 9ème, 8ème, 11ème), afin de s’effondrer la saison dernière à la dernière place du classement, et donc d’être délégué en seconde division.

Et aujourd’hui ?

Actuellement, Málaga est quatrième au classement de Segunda División (D2 espagnole). À neuf journées de la fin du championnat, les hommes de Juan Ramón López Muniz sont à cinq points du podium juste derrière Albacete, Grenade et le leader Osasuna. Une montée est donc toujours d’actualité pour le club andalou, qui retrouverait, dans ce cas, l’élite à peine une année après l’avoir quittée. Mais d’autres clubs aspirent également à rejoindre les pelouses de Liga la saison prochaine, comme le Deportivo La Corogne et le Real Majorque, qui sont à une longueur de Málaga, sans oublier Cadix, actuel septième à trois petites longueurs des Boquerones. 

Le haut du classement reste assez ouvert et promet une fin de saison palpitante en Segunda Division ! (Crédit image : madeinfoot.com)

Málaga a donc connu la période la plus glorieuse de son histoire il y a de cela quelques années, à une époque où les Andalous étaient parvenus à briller dans le championnat espagnol, mais surtout en Ligue des Champions. Mais cette illustre épopée semble désormais bien lointaine pour ce club qui, désormais lutte pour retrouver l’élite. Et sa gloire d’antan.